« Magie brute » : Castagne à gogo entre clope et pinard

Larry Correia est un auteur un peu délaissé en France : officiant dans des genres avant-gardistes, davantage à droite que la plupart des lecteurs et éditeurs (il s'est d'ailleurs à l'origine du courant de tristes sires — dans tous les sens du terme — que sont les Sad Puppies), il a néanmoins vu sa trilogie Les chroniques du Grimnoir se faire publier par L'Atalante, un des rares exemples de littérature dieselpunk (le reste du sous-genre existant principalement autour d'artworks, de jeux de rôle ou de bandes dessinées). Le premier tome Magie brute a eu son petit succès de niche, et se voit désormais considéré comme une référence même par des lecteurs pas franchement libertariens. Et pour cause : il sait s'y faire, le bougre.

« Le Dictateur vs « Block 109 » : Guérir l’horreur du nazisme

Avant d'être les déités abstraites qu'invoquent votre tonton nationaliste et votre cousin végane sous la houlette de Saint-Godwin lors du dîner du Réveillon, les nazis étaient les militaires et les politiciens qui ont causé le plus de crimes contre l'Humanité : génocides, invasions malgré les traités de paix, expériences biologiques non encadrées... Leur credo aujourd'hui s'est dilué un peu partout dans les groupes d'extrême-droite, allant du néo-nazisme puriste à un nationalisme plus épuré (et c'est ainsi que les médias de notre beau pays se questionnent stérilement sur si le RN n'y fait pas des références cachées au lieu de se pencher sur les problèmes concrets de leur programme...). La monstruosité a culminé durant la Seconde guerre mondiale, un charmant petit conflit réputé pour être le plus meurtrier qui ait jamais été ; seulement voilà, les nazis ne sont pas nés à partir de rien. Un homme, Hitler, les a tous fédérés, les a menés au combat et dirigé toutes leurs atrocités ; qu'est-ce qu'on aurait pu faire pour l'arrêter ? La fiction n'a eu de cesse de l'imaginer ; je vous propose d'en analyser deux œuvres.

« L’appel des illustres » : Un peint dans la gueule

En ce qui me concerne, j'ai toujours préféré Venise à Florence, mais force est de constater que cette ville n'en a pas moins joué un rôle autant sinon plus important dans l'histoire de l'Italie. Cité de tous les arts, de tous les complots, elle ne cesse d'intriguer, et donc d'inspirer nombre de romans. Ce n'est pas Romain Delplancq qui me contredira avec ce Renaissance-fantastique qui inaugure le tome 1 du diptyque Le sang des princes. À première vue, on dirait de la fantasy politique européenne sans grande originalité, à un détail près : ici, l'art n'est pas juste pour faire joli sur le fond vert, mais possède une des places centrales au sein du récit. On s'est souvent penchés sur comment la magie pourraient modifier la guerre, voire la vie de tous les jours, mais honnêtement, combien de personnes ont réfléchi à l'impact culturel qu'elle pourrait avoir ? Et quand bien même cette première question n'est finalement pas abordée dans le livre, quel pouvoir obtiendraient les habitants d'un monde secondaire qui détiendraient dans les arts un savoir-faire méconnu des autres peuples ? Autant vous dire que j'étais chaud dès le moment où la camarade Boudicca en posta sa critique : ce bouquin n'annonçait que du bon !

TUGPÉUA #18

Notre monde est plus menacé que jamais : face à un mal non humain qui semble invincible, nos élites politiques doivent s'unir malgré leurs magouilles et leurs intérêts personnels quand des héros se dressent chaque jour pour sauver des vies. Et après on va dire que je suis un gamin parce que je lis de la high fantasy.

Trêve de blague à part, si vous n'aviez pas déjà reçu votre dose d'épique, voici quelques œuvres qui s'apprêtent à vous remettre sur les rails. Avec un ou deux trucs plus calmes ou ovniesques, voilà qui devrait faire votre fournée pour la semaine. Après tout, c'est pour votre cultu... Ah zut, c'est à la fin que je suis censé le dire.

« Jardins de poussière » : Mon cerveau s’est fait Ken

Après la grosse beigne que fut La Ménagerie de Papier, il fallait s'attendre à tomber sur un Ken Liu plus vénère que jamais à nous balancer des questionnements métaphysiques plein la tronche dans un déluge d'émotions et de gigantisme. Et c'est bien sûr le cas avec Jardins de poussière, certes pas dénué de défauts, mais qui se fait incontestablement dans la littérature SF actuelle une place de choix... bien à raison.

« Delikatessen » : Le « Brazil » français ?

Avec le confinement, certains films s'imposent pour faire régner la joie et la bonne humeur. Heureusement que ma verve trollesque est présente pour vous remettre sur le droit chemin du malaise et de la paranoïa : aujourd'hui, nous allons parler de Delikatessen.

« Merfer » : Le poinçonneur des p’tits rats

Bon, je vous l'avoue, je l'ai un peu pris à cause du prix. Mais il me fallait un China Miéville. Pour la bonne et simple raison que ce type se situe à l'avant-garde de la SFFF moderne. S'autoproclamant pionnier du mouvement New Weird, il a produit ces dernières années une pelletée de livres marginaux inclassables, ou faisant de la fantasy en plein XXIe siècle grouillant de bébêtes dont on a jamais entendu parler (hop). Et disons-le, Merfer ne ressemble en rien à toutes les productions habituelles, pour le meilleur et pour le pire : alors que j'écris d'ordinaire ma critique tout du long que je lis le livre, il m'aura fallu attendre le quart de celui-ci pour me lancer. Ce qui ne me laissait pas pour autant un sentiment mitigé mais me donnait au contraire envie de mieux connaître cet auteur. Jusqu'à ce que...

Bifrost n°95 : Oui, parce que j’étais trop une feignasse pour lire les 94 précédents

À force de fumer des havanes en citant du Godard à travers les pages des Cahiers du Cinéma, j'ai fini par me dire : Hé, Sylvain, y'a aussi des revues sur tes autres passions, pourquoi t'en toucherais pas un mot ? Et la SF a ses magazines prestigieux, même encore aujourd'hui au niveau des pulps, trois grands mags aux États-Unis dont j'ai pas été foutu de vous retrouver les noms, mais aussi en Europe Bifrost, encensé par tous les spécialistes (en-dehors de quelques-uns qui, contre vents et marées, le décrivent comme le Télérama local).

« Kung Fury » : C’est pour mon inculture

L'un des sous-genres de l'Imaginaire qui restent encore bah, à l'état de sous-genres imaginaires, serait une littérature et un cinéma rétrofuturistes qui s'inspireraient des années 80, poursuivant ainsi la visée de la musique synthwave. À l'image du steampunk et du dieselpunk, nous pourrions très bien avoir un mouvement synthwavepunk. (...) Or quel ne fut pas mon désarroi en apprenant la nouvelle : le tout premier film synthwave ne fut pas une épopée interstellaire avec force rebondissements, mais un faux nanar bien dégoulinant d'idiotie.