« Sandman Overture » : La drogue, c’est trop bien, dis-le à tes copains*

Petite critique en mode coup de cœur, que je sortirai peut-être un mercredi en plus de celle hebdomadaire de samedi. Si comme moi vous êtes attirés par les comics indés mais avez rarement l'occasion d'y consacrer votre budget, alors vous avez peut-être comme moi reluqué longuement les étagères à l'entrée de la librairie Des Bulles et des Hommes de Saint-Étienne. Et vous serez alors tombés sur les sept épais volumes de Sandman, série dirigée par Neil Gaiman, célèbre dans les milieux SFFF pour son obsession envers les mythologies du monde entier. Vous vous serez dits : Y'a d'quoi lire, mais j'connais pas encore bien l'auteur, je sais pas si j'vais apprécier. Et puis nom d'un chien, j'ai déjà craqué tous mes sous de la semaine ?! Je mange pourtant la même salade en entrée depuis huit jours ! Hum... De quoi parlions-nous, déjà ?

« Tau Zero » : Point zéro-G

Il y a des années de ça, quand j'étais tout gamin, j'avais décidé me jeter dans une quête perdue d'avance, une tentative encore plus désespérée que de faire taire un tonton raciste le soir du Réveillon : écrire une nouvelle de hard-SF. Autant vous dire que pour le turbo-filière L que j'étais, incapable de résoudre une addition sans remuer les lèvres et bardé d'acolytes fins connaisseurs de ganja, je me faisais atomiser mon cousin passionné d'astrophysique en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "détonateur à neutrons". J'imaginais pourtant cette histoire d'astronautes allant à une vitesse extraordinaire, tant et si bien qu'ils verraient l'Univers grandir puis se rétracter autour d'eux, traversant les éons dans un océan de gigantisme. Cette histoire, elle existe déjà, c'est Tau Zéro de Poul Anderson.

Les chroniques de Krondor : Rétrospective

Le mois d'août, c'est un peu celui où on a tout à dire et rien à raconter. Aussi, afin d'avoir un bon petit stock d'articles écrits à l'avance pour enfin disparaître dans un camping du Bois-de-Boulogne (je vous assure que ma famille a vraiment décidé de crécher là-bas), j'ai choisi d'en écrire un petit à l'arrache constituant en quelque sorte une réponse au Prieuré de l'Oranger. Parmi les points positifs, j'indiquais notamment qu'il s'agissait d'une high fantasy politique faisant du neuf avec du vieux en choisissant d'hybrider les codes du med-fan classique avec la fantasy orientale. Néanmoins, il ne faut pas pour autant penser qu'il s'agit du seul roman à s'être lancé dans l'exercice. En Sixième-Cinquième, je commençais en effet mon entrée dans le lectorat de fantasy adulte avec entre autres une saga bien plus vieille, très imparfaite, mais à mon sens bien plus extrême dans ce mélange des sous-genres et bien plus réussie. Un classique oublié en-dehors de certains rôlistes hardcore, qu'il serait bon de déterrer.

« Aẑdaja » : The fire of an ancient cosmic destinyyy

Quand je vous dis depuis des années qu'on trouve dans les courts-métrages une diversité inexistante chez les longs budget oblige, il va bien falloir finir par m'écouter. Et c'est sans doute un milieu salvateur pour le cinéma de fantasy, pris en étau entre les nanars des années 90, les quelques blockbusters écrasant la concurrence et Jean-Kevin Cahiers-du-Cinéma ; si cette situation peut perdurer reste un débat, mais voici déjà une preuve de l'utilité de ce format apportée par le camarade Florian Bourgeat, qui un jour poste sur son Facebook le lien vers un film, comme souvent pour les courts, que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam. Et devinez quoi ? C'est de la bonne !

« Jardins de poussière » : Mon cerveau s’est fait Ken

Après la grosse beigne que fut La Ménagerie de Papier, il fallait s'attendre à tomber sur un Ken Liu plus vénère que jamais à nous balancer des questionnements métaphysiques plein la tronche dans un déluge d'émotions et de gigantisme. Et c'est bien sûr le cas avec Jardins de poussière, certes pas dénué de défauts, mais qui se fait incontestablement dans la littérature SF actuelle une place de choix... bien à raison.

« Le monde vert » : Mère Nature est une bitch

Imaginez un monde à l'agonie, un enfer vert où toute vie serait mort pour les autres vies, une jungle titanesque s'élevant jusqu'à l'espace, une terre impitoyable où le sang ocre n'aurait pas le temps de rouiller sur l'émeraude vénéneux qu'il serait déjà léché par vos prédateurs ou leurs meurtriers.

Imaginez un monde au sublime omniprésent, une forêt sans fin ni début, un univers de couleurs chatoyantes et superbes, où dansent le feu, l'eau, le vent, et une végétation prise de folie, dans une noce des éléments ininterrompue à travers les millénaires.

Imaginez le Monde Vert de Brian Aldiss, dans toute sa splendeur, dans tout son danger. Et Avatar et Okhéania peuvent retourner aux vestiaires.

Averoigne et autres mondes : Swords and potée ?

On est donc dans dans une région imaginaire de France s'apparentant à l'Auvergne. Mais attention ! Pas l'Auvergne des champs à perte de vue, de Laurent Wauquiez et de Lorn Duncan qui lance sa plus grande réplique dans le château du Monastier-sur-Gazeille ! Non, une Auvergne médiévale et antique, étrange, mystique, inquiétante et magnifique, où se côtoient l'obscène et le sublime, le parjure et la sacré. Les moines ont pour but d'éloigner la population de la tentation de rejoindre le camp du diable et de la sorcellerie, et seraient donc les gentils. Mais les choses ne sont pas si simples : l'intégrisme, le puritanisme ou encore l'hypocrisie ont gagné le cœur de la plupart d'entre eux, ce qui les rend inefficaces à la lutte contre les forces du Mal représentées par les sorciers et enchanteurs. Forces du Mal, qui par ailleurs, ne sont pas toujours si maléfiques et aspirent juste à approfondir leurs sciences. Quoique, car en Averoigne, les apparences sont souvent trompeuses...