« Aẑdaja » : The fire of an ancient cosmic destinyyy

Quand je vous dis depuis des années qu'on trouve dans les courts-métrages une diversité inexistante chez les longs budget oblige, il va bien falloir finir par m'écouter. Et c'est sans doute un milieu salvateur pour le cinéma de fantasy, pris en étau entre les nanars des années 90, les quelques blockbusters écrasant la concurrence et Jean-Kevin Cahiers-du-Cinéma ; si cette situation peut perdurer reste un débat, mais voici déjà une preuve de l'utilité de ce format apportée par le camarade Florian Bourgeat, qui un jour poste sur son Facebook le lien vers un film, comme souvent pour les courts, que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam. Et devinez quoi ? C'est de la bonne !

« Le monde vert » : Mère Nature est une bitch

Imaginez un monde à l'agonie, un enfer vert où toute vie serait mort pour les autres vies, une jungle titanesque s'élevant jusqu'à l'espace, une terre impitoyable où le sang ocre n'aurait pas le temps de rouiller sur l'émeraude vénéneux qu'il serait déjà léché par vos prédateurs ou leurs meurtriers. Imaginez un monde au sublime omniprésent, une forêt sans fin ni début, un univers de couleurs chatoyantes et superbes, où dansent le feu, l'eau, le vent, et une végétation prise de folie, dans une noce des éléments ininterrompue à travers les millénaires. Imaginez le Monde Vert de Brian Aldiss, dans toute sa splendeur, dans tout son danger. Et Avatar et Okhéania peuvent retourner aux vestiaires.

Averoigne et autres mondes : Swords and potée ?

On est donc dans dans une région imaginaire de France s'apparentant à l'Auvergne. Mais attention ! Pas l'Auvergne des champs à perte de vue, de Laurent Wauquiez et de Lorn Duncan qui lance sa plus grande réplique dans le château du Monastier-sur-Gazeille ! Non, une Auvergne médiévale et antique, étrange, mystique, inquiétante et magnifique, où se côtoient l'obscène et le sublime, le parjure et la sacré. Les moines ont pour but d'éloigner la population de la tentation de rejoindre le camp du diable et de la sorcellerie, et seraient donc les gentils. Mais les choses ne sont pas si simples : l'intégrisme, le puritanisme ou encore l'hypocrisie ont gagné le cœur de la plupart d'entre eux, ce qui les rend inefficaces à la lutte contre les forces du Mal représentées par les sorciers et enchanteurs. Forces du Mal, qui par ailleurs, ne sont pas toujours si maléfiques et aspirent juste à approfondir leurs sciences. Quoique, car en Averoigne, les apparences sont souvent trompeuses...