TUGPÉUA #25

Un recueil de mini-critiques à l'ancienne, avouez que ça vous manquait, pas vrai ? Mais écrit trop souvent, on finit par bâcler ses avis. Cette année, il y en a donc trois, pas un de plus. Le spécial Écouté & approuvé dont vous avez pu vous délecter hier, celui-ci plus classique... et un troisième qui est une surprise pour très bientôt.

« La chute d’Hypérion » : Son of a gritche

C'est la guerre ! La guerre contre les Extros, la guerre de Sol Weintraub contre Dieu qui exige de lui qu'il sacrifie son enfant, la guerre des humains contre le gritche et la mystérieuse entité informatique qui l'envoie depuis le futur (il y a intérêt à y avoir une fonderie dans les environs) ; mais, chers scribouminus, c'est surtout la guerre, que dis-je ? le combat sans espoir d'un homme désespéré face à sa PàL. Rien à faire, comme chaque année, j'ai pensé que je gérerai, alors que pas du tout. C'était pourtant pas compliqué, non ?! Douze livres ! On avait promis la critique seulement de douze livres pour cette année ! Un livre, un mois, plus le mois dystopies, mais ça fait rien, on en rattrape deux le mois suivant. Mais rien à faire, il y a eu le surmenage de juin, puis le besoin d'avancer plus loin dans mes projets d'écrivains et ceux de Zipline (mais qu'est-ce donc que Zipline ?! vous le saurez la semaine prochaine), plus ce merveilleux abonnement dont je voulais absolument continuer de profiter à la médiathèque de Tarentaize... Enfin bref, j'ai le feu aux fesses pour terminer le planning de lecture que je comptais boucler avant la fin de l'année, et comme si ça ne suffisait pas, vient s'ajouter à ça un deuxième objectif pour cette fin d'année : liquider ma Pile à Voir sur Netflix afin de changer d'abonnement et me tourner vers des alternatives indés. Enfin, il faut bien commencer par quelque chose... Alors, commençons par La chute d'Hypérion.

« Spirou, le journal d’un ingénu » : Boogie Belgique*

Émile Bravo, quant à lui, a signé chez Delcourt il y a déjà plus de dix ans pour un album dans la collection alors flambant neuve Une aventure de Spirou par... en parallèle de la série principale ; l'album était à l'origine le n°4, mais la numérotation ayant été abandonnée, je n'ai pas chroniqué (et même quasiment pas lu) les tomes précédents et ce volume peut tout à fait être pris comme un one-shot. L'objectif ? Retrouver le Spirou des débuts créé par Rob-Vel, mais avec la sensibilité toute particulière qui caractérisait les Épatantes aventures de Jules. Gamin, je n'avais pas compris grand-chose, ni même aimé disons-le franchement ; maintenant que je relis ce Journal d'un ingénu avec mes yeux d'adulte, j'y trouve un plaisir de tous les instants, qui sera certainement ma meilleure surprise de cette fin d'année.

« Habibi » à bibi

C'est décidé : si Zemmour est élu, je fais un article sur cinq œuvres gangrénées par l'islamo-gauchisme. Il y a de bonnes chances que j'y retouche un mot d'Habibi. En cette époque d'ouverture d'esprit et de pacification du monde, nul doute que le candidat aux oreilles hyperboliques sera ravi de découvrir ce roman graphique de presque 700 pages dressant une fresque somptueuse du monde arabe et de ses traditions.

« Watchmen » : 🙂

Assez parlé de moi. Ce qui nous amène ici, c'est toujours la passion de l'Imaginaire, l'envie d'explorer les sommets et les tréfonds de mondes nouveaux, la soif de nouveaux territoires non pas à conquérir mais à contempler. Quoi de mieux pour ça que les histoires de super-héros ? Qui peuvent prendre absolument tous les tons, du plus jovial au plus... névrosé.

« J’aurais pu être millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond » : J’ai lu pour les elfes

En bon nerdo-geek inculte fier d'être ignare dans tous les domaines sur la littérature blanche (excepté ce noble courant qu'est le RRRRÔMANTISME), je ne suis presque pas les parutions de la littérature générale. Ou plutôt si : de loin en loin, je regarde François Busnel du fond du canapé parental. J'aime ce présentateur populaire, et Dieu sait que c'est rare de ma part, mais voilà : toujours attentif, bienveillant et heureux, il ressemble au genre d'intellectuels que j'aimerais devenir le jour où j'en aurais marre de chanter du Gilles Stella sous la douche. Vient donc le jour où je n'ai pas regardé La grande librairie depuis au moins un an, quand ma sœur m'annonce qu'un gars de sa classe va passer dans son concours de lecture à voix haute. Perplexe, je me rends compte que je n'ai rien à faire de ma soirée, ou que je suis trop épuisé par mon stakhanovisme habituel, et je décide de venir.

« Une vie en dessins » : Frank Pé thérapie

"Aux États-Unis, il y a Walt Disney, en France il y a Paul Grimault." Et en Belgique il y a Frank Pé. Découvert un froid soir de septembre, redécouvert un encore plus froid soir d'octobre, et enfin acheté un jour de janvier où il suffisait de baver pour avoir des glaçons, Une vie en dessins est un Beau-Livre retraçant la carrière d'un des plus illustres inconnus de la bande dessinée. Alliant crayonnés, encrages, extraits et images inédites, ce livre a été la source d'une des plus belles périodes de ma vie (qui eut lieu en pleins partiels, je suis vraiment comme ça), et qui m'a consolé plus récemment d'une période particulièrement douloureuse en ce début de mois.

Quand les hommes donnent des conseils sur la minceur, « La servante écarlate » enseigne sur la finesse

On fait beaucoup de cas de la littérature et de la presse féminine. Les horoscopes, recettes de cuisines et autres romans d'amour bas de gamme ont envahi des rayons entiers de supermarché, seule pitance accordée à la ménagère de moins de 50 ans. Du côté des hommes, les magazines masculins existent mais sont moins populaires ; les heures de gloire sont réservées à ceux de foot et de moto. Et puis, qui a déjà entendu parler de littérature masculine ? Non, les vrais bonshommes, ils lisent de la vraie littérature, ou plutôt ils n'en lisent pas puisque les livres c'est fait pour les bonnes femmes. Alors oui, il y a probablement une forme de sexisme dans vos lectures quotidiennes ; car si on vous met sous le nez de la presse et de la littérature féminines, vous aurez déjà plus de mal à vous dégotter de la littérature et de la presse féministes.