TUGPÉUA #26 Spécial essais

Je lis de plus en plus en plus d'essais. Si je ne délaisse pas pour autant la fiction, elle m'intéresse de moins en moins face à la richesse et aux multiples enjeux du monde réel. Misère, pourvu que je ne devienne pas un intellectuel pantouflard... Bah, c'est sans compter cette petite sélection dont les livres sont justement très stimulants et certains sur un thème pour le moins... original.

« The Dark Knight Returns » : Fachos, souris et calvitie

Frank Miller est quelqu'un qui aura beaucoup apporté à Batman. Aussi bien par l'intensité dramatique qu'en explorant les origines de ses personnages, il est sans doute l'auteur le plus influent parmi ceux qui auront orienté ce super-héros vers un univers résolument sombre et adulte. En découlent des récits haletants doublés d'un certain nombre de questionnements sur la justice et d'élégies sur notre humanité si fragile. Mais Frank Miller, c'est aussi beaucoup de sorties provocatrices, une fascination pour la violence, et de nombreuses accusations de fascisme. Un cas épineux que je ne pouvais pas me contenter d'éluder : si je ne fais d'ordinaire jamais de politique dans mes critiques (et j'insiste : dans mes critiques, pas sur le blog en général), ici il va bien falloir que je livre malgré tout une analyse de ce qui m'a plu et déplu dans sa pensée, d'autant plus que je m'attaque à son œuvre-phare : The Dark Knight Returns.

Scribouille s’énerve comme un bourrin #8 La terrible vérité sur le vaccin (2/2) Aspect politique

Previously on C’est pour ma culture :

"Voilà, seigneur Belzébuthor ! J’ai contribué à amener le règne de la 5G ! Suis-je libre désormais ?

- NÔÔÔN, PÂTHÊTÎQUE CRÊÂTÛRE ÎNFÊRIEÛÛÛRE ! TÛ N’ÂS FAÎÎÎT QUE LÂ MOÎTIÊ DU TÂÂÂF.

- Non, vous voulez dire…

- ÎL TE RÊSTE Â ÂBÔRDÊR L’ÂSPÊCT PÔLÎTÎÎÎQUE !

- Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon !!!!!!!!!!!!!! En plus, j’ai perdu plein de place avec cette intro inutile !"

« Black Mirror » vs « Boxap 13-07 » : Prolétaires de toutes les dystopies, unissez-vous !

Petit article cette semaine, un colossal est en cours d'écriture, et c'est un Scribouille s'énerve comme un bourrin. Passons maintenant à la comparaison de deux œuvres qui, si elles reprennent toutes deux le même concept, tentent chacune une approche différente et en ressortent grandies ou ratées. Des personnages enfermés à longueur de journée, dans un monde hypertechnologique dominé par une poignée d'élites... Voilà qui ferait une bonne dystopie, non ? Pas si sûr !

« Watchmen » : 🙂

Assez parlé de moi. Ce qui nous amène ici, c'est toujours la passion de l'Imaginaire, l'envie d'explorer les sommets et les tréfonds de mondes nouveaux, la soif de nouveaux territoires non pas à conquérir mais à contempler. Quoi de mieux pour ça que les histoires de super-héros ? Qui peuvent prendre absolument tous les tons, du plus jovial au plus... névrosé.

Faut qu’on en parle #35 Les notes

J'aime être noté. Il faut bien l'avouer, au fond de moi je suis toujours resté le petit fayot à lunettes rondes réprimandant ses camarades jouant à l'autruche devant une prof exaspérée. Ce n'est pas par désir de savoir si je suis meilleur que les autres, ni par besoin de prouver à moi-même que je vaux quelque chose, c'est juste que j'aime évaluer la réalité de manière objective. Certes, je ne suis ni un scientifique ni un philosophe, mais comme je lis de tout et je m'intéresse à tout, je suis attiré par les classifications, les contraintes, les numérotations et autres étiquettes. Chaque nuance de quelque chose une fois suffisamment décrite affiche des différences avec les autres que nous n'aurions pas soupçonné si nous nous étions contentés de dire que les étiquettes sont mauvaises pour la diversité. C'est pour ça d'ailleurs que souvent les gens qui disent qu'ils écoutent n'importe quel genre n'écoutent en fait que du mainstream et ne s'intéressent pas aux sous-genres de l'underground : à trop généraliser, on oublie la beauté de la complexité. Seulement, voilà : l'humain n'est pas rationnel et ne supporte pas d'être catégorisé à tout bout de champ. Parce que j'aime les notes... mais je me doute bien que ce n'est pas le cas de tout le monde.

« French Dystopy » : Pour une fois qu’on est doués à quelque chose

Vu que je n'aurais finalement pas le temps avant juillet de lire Les bourgeois se rebiffent (ce qui aura ses avantages car j'aurai du coup le temps de lire auparavant sa possible antithèse), j'ai finalement décidé de finir le mois Dystopies en beauté avec une excellente œuvre sortie cette année, et qui plus est, cocoricouille, française et sur les français. Comme ce blog n'a pas de compartiment pour les fictions mp3, je considérerai celle-ci comme un livre audio et rangerai l'histoire parmi les novellas, mais si à la fin de l'année elle figure dans les tops elle apparaîtra dans Supports > Autres plutôt que Genres > Autres / SF ou Supports > Livres. En revanche, si j'en chronique d'autres, il y aura bien entendu une nouvelle catégorie sur le blog... qu'il faut bien limiter car il en compte déjà près de 140 !

« La Zone du Dehors » : Tu Horde ma vue !

Ce n'est plus un secret pour personne, j'aime autant Damasio pour ses fulgurances de concepts et de worldbuilding qu'il m'agace pour son melon et son omniprésence médiatique. Je ne pense pas en cela différer beaucoup du plus gros de la blogosphère, aussi quand le dernier livre du mois des dystopies porte sur son tout premier roman, l'angoisse rôde sur vos écrans tétanisés : à quoi va-t-on avoir affaire ? À un immense moment comme La Horde du Contrevent ou à une interview pour Bouquin Matin sortie de derrière les fagots ? Si la plupart des gens considèrent ce livre comme aussi réussi que son successeur, je serais plus enclin à penser que la vérité se situe entre les deux.

Quand les hommes donnent des conseils sur la minceur, « La servante écarlate » enseigne sur la finesse

On fait beaucoup de cas de la littérature et de la presse féminine. Les horoscopes, recettes de cuisines et autres romans d'amour bas de gamme ont envahi des rayons entiers de supermarché, seule pitance accordée à la ménagère de moins de 50 ans. Du côté des hommes, les magazines masculins existent mais sont moins populaires ; les heures de gloire sont réservées à ceux de foot et de moto. Et puis, qui a déjà entendu parler de littérature masculine ? Non, les vrais bonshommes, ils lisent de la vraie littérature, ou plutôt ils n'en lisent pas puisque les livres c'est fait pour les bonnes femmes. Alors oui, il y a probablement une forme de sexisme dans vos lectures quotidiennes ; car si on vous met sous le nez de la presse et de la littérature féminines, vous aurez déjà plus de mal à vous dégotter de la littérature et de la presse féministes.

Faut qu’on en parle #34 : Mémoires d’un jeune homme pas très finaud

Quand on s'apprête à chroniquer La Servante Écarlate, on fait le point sur sa vision du monde : est-ce que les choses pourraient vraiment déraper à ce point ? Est-ce que moi, en tant qu'homme, je lutterais contre un tel système oppressant les femmes ou je me contenterais de le laisser agir ? Ce n'est pas possible, se diront certains lecteurs. Le monde ne peut pas être injuste à ce point. Ou bien alors j'aurais été résistant. Pourtant, je sais que je n'ai pas toujours été sensible à la cause féminine, que parce que je n'ai jamais subi de discriminations sexistes tout ça m'a longtemps paru vague et lointain. Et que si, à un certain âge de ma vie, je m'étais retrouvé dans une dystopie telle que Galaad, j'aurais peut-être fermé les yeux et me serais contenté d'obéir.