« Le septième fils » : Going West (les vrais comprendront)

C'est le gros zbeul niveau critiques : hier, je devais commencer de lire Walden dans les bois (avant-hier en fait, avec le retard pris sur les nouvelles de Jack Vance), sauf qu'il pleut comme vache qui pisse, et c'est bien parti pour continuer le lendemain. Je commence donc à lire à la place un autre livre qui devait recevoir sa critique le 3 juillet... et le lendemain il fait un soleil radieux. J'ai donc commencé un peu n'importe quand le tome 1 d'Alvin le Faiseur — et un peu n'importe comment, il faut bien le dire, puisque je suis passé du chapitre I au chapitre IV comme je commence à me faire gâteux (19 ans, c'est long...) ; un livre qui pourtant mérite qu'on s'attarde dessus, car Le septième fils (non, pas l'énième série B étalonné comme une brique) constitue la première pierre d'un vaste édifice de la bibliographie d'Orson Scott Card. Ce que certains n'hésiteront pas à qualifier de swords and sorcery encore que pour ce premier volume il s'agisse d'une classification très discutable, mais qui s'avère avant tout une des premières sagas populaires de fantasy postmédiévale.

TUGPÉUA #18

Notre monde est plus menacé que jamais : face à un mal non humain qui semble invincible, nos élites politiques doivent s'unir malgré leurs magouilles et leurs intérêts personnels quand des héros se dressent chaque jour pour sauver des vies. Et après on va dire que je suis un gamin parce que je lis de la high fantasy. Trêve de blague à part, si vous n'aviez pas déjà reçu votre dose d'épique, voici quelques œuvres qui s'apprêtent à vous remettre sur les rails. Avec un ou deux trucs plus calmes ou ovniesques, voilà qui devrait faire votre fournée pour la semaine. Après tout, c'est pour votre cultu... Ah zut, c'est à la fin que je suis censé le dire.

« Jardins de poussière » : Mon cerveau s’est fait Ken

Après la grosse beigne que fut La Ménagerie de Papier, il fallait s'attendre à tomber sur un Ken Liu plus vénère que jamais à nous balancer des questionnements métaphysiques plein la tronche dans un déluge d'émotions et de gigantisme. Et c'est bien sûr le cas avec Jardins de poussière, certes pas dénué de défauts, mais qui se fait incontestablement dans la littérature SF actuelle une place de choix... bien à raison.

TUGPÉUA #HS2 : 5 ovnis de la SF

Des ovnis qui pour une fois ne seront pas dans les livres mais les livres eux-mêmes. Après mon article sur les oeuvres marginales de la fantasy, je me suis dit que je pourrais le faire pour mes autres genres de prédilection ; et quel genre plus prédilectionnesque que la SF quand on est le Scribouillard ? Même si je m'y suis vraiment mis un peu sur le tard dans ma vie et que du coup je ne pourrais pas vous garantir la même originalité. Je ne parlerais pas non plus de textes comme Tendéléo de Ian Mc Donald, qui certes s'intéresse à une forme de vie singulière mais se penche davantage sur sa venue et ses conséquences socio-politiques que sur son fonctionnement. Non, ici, nous allons aborder des oeuvres dont le concept de base est poussé jusqu'au bout, et qui n'a été repris que peu ou prou par d'autres fictions. Et dans un genre où l'on dit qu'on aura tout essayé comme la SF, vous allez voir que c'est pas de la tarte... Et du coup forcément passionnant.

Bifrost n°95 : Oui, parce que j’étais trop une feignasse pour lire les 94 précédents

À force de fumer des havanes en citant du Godard à travers les pages des Cahiers du Cinéma, j'ai fini par me dire : Hé, Sylvain, y'a aussi des revues sur tes autres passions, pourquoi t'en toucherais pas un mot ? Et la SF a ses magazines prestigieux, même encore aujourd'hui au niveau des pulps, trois grands mags aux États-Unis dont j'ai pas été foutu de vous retrouver les noms, mais aussi en Europe Bifrost, encensé par tous les spécialistes (en-dehors de quelques-uns qui, contre vents et marées, le décrivent comme le Télérama local).

« Confessions d’un automate mangeur d’opium » : Tell don’t show

Quand on a une énergie magique pour faire carburer ses dirigeables, c'est bien pratique pour écrire du steampunk alors qu'on y connaît rien sur les détails techniques. Mais quand ça peut déboucher sur des aventures sympas et pas prise de tête, je veux bien être de la partie. (...) Seulement voilà, j'aurais adoré apprécier cet univers, les auteurs ayant vraiment vu grand niveau richesse du background et implications sociologiques de celui-ci. Mais s'il possède dans l'ensemble de très bons personnages et quelques éléments excellents, ce roman possède presque tout ce que je n'apprécie pas dans le steampunk français, et, sans vouloir être cassant, dans la SFFF française en général.

Rocambole + Batman + steampunk = « Le Baron Noir » !

L'idée de mélanger super-héros et steampunk est un atout pour le livre qui, s'il a sans doute déjà été usité, ne se voit guère. L'idée de faire un super-héros français à l'âge d'or du feuilleton, pourquoi pas également, car c'est de là que c'est parti mine de rien (Nyctalope, Fascinax... enfin merde, quoi, nous les français on invente le cinéma, la science-fiction, les ancêtres de Marvel et DC... Un peu de rémunération !). Alors si on me promettait un réalisme technologique par-dessus le marché, je ne pouvais que me jeter sur ce recueil de trois novellas et ressentir malgré tout un arrière-goût mitigé.

« La ménagerie de papier » : Comment vous voulez passer votre bac si vous avez ça juste sous votre nez ?

Ken Liu est un auteur américain né en Chine qui participe indirectement à cette fameuse levée en masse de la SFF sinisante depuis quelques années (Liu Cixin, Jy Yang) saluée par la critique spécialisée... la plupart du temps. Fondateur du silkpunk (ce qu'il faut pas inventer comme sous-genres pour faire des catégories en plus sur les blogs), il a également publié un recueil qui a énormément fait parler de lui. Alors j'ai embarqué ça comme souvenir de stage, des fois que... Résultat : je me retrouve avec une excellente surprise, un des rares livres dont j'ai lu plus de 150 pages en un jour (sachant que les autres n'étaient pas forcément des références, contrairement à celui-ci). Autant vous dire que les révisions du bac blanc ont été pour moi passablement écourtées...

« Anti-glace » : un premier tiers futé, un deuxième hasardeux, un troisième décoiffant

Quand j'ai appris que Stephen Baxter avait sorti un roman mêlant steampunk et son genre de prédilection il y a quelques décennies déjà, j'ai fait un braquage de la bibliothèque la plus proche et me suis demandé pourquoi diable Apophis ou Orion n'en avaient jamais parlé. Une matière nouvelle à exploiter, des intrigues politiques autour redessinant la carte du monde et des technologies égalant les nôtres avec les ressources du XIXe siècle ? N'en jetez plus, je signe le contrat ! Et bien sûr, j'avais pas lu les petites lettres.

« Demain, moisson d’étoiles » : Le meilleur recueil de nouvelles que j’ai lu de ma vie !

Arthur C. Clarke est un des auteurs les plus renommés de la hard-SF, et sans aucun doute de la science-fiction tout court. La particularité de ce recueil de nouvelles et de novelettes est qu'il ne contient sur douze textes que trois qui relèvent de la hard-SF, les autres étant sur un registre plus classique. Il s'agit sans aucun doute d'un livre qui est une excellente porte d'entrée pour découvrir cet auteur, que ce soit dans la chute, le style ou le côté scientifique. Alors amateurs d'aliens dégoulinants comme de post-apo à grand spectacle, accrochez-vous ! Il y en a pour tous les goûts, et ce n'est certainement pas le talent qui manque...