« Magie brute » : Castagne à gogo entre clope et pinard

Larry Correia est un auteur un peu délaissé en France : officiant dans des genres avant-gardistes, davantage à droite que la plupart des lecteurs et éditeurs (il s'est d'ailleurs à l'origine du courant de tristes sires — dans tous les sens du terme — que sont les Sad Puppies), il a néanmoins vu sa trilogie Les chroniques du Grimnoir se faire publier par L'Atalante, un des rares exemples de littérature dieselpunk (le reste du sous-genre existant principalement autour d'artworks, de jeux de rôle ou de bandes dessinées). Le premier tome Magie brute a eu son petit succès de niche, et se voit désormais considéré comme une référence même par des lecteurs pas franchement libertariens. Et pour cause : il sait s'y faire, le bougre.

« Le Dictateur vs « Block 109 » : Guérir l’horreur du nazisme

Avant d'être les déités abstraites qu'invoquent votre tonton nationaliste et votre cousin végane sous la houlette de Saint-Godwin lors du dîner du Réveillon, les nazis étaient les militaires et les politiciens qui ont causé le plus de crimes contre l'Humanité : génocides, invasions malgré les traités de paix, expériences biologiques non encadrées... Leur credo aujourd'hui s'est dilué un peu partout dans les groupes d'extrême-droite, allant du néo-nazisme puriste à un nationalisme plus épuré (et c'est ainsi que les médias de notre beau pays se questionnent stérilement sur si le RN n'y fait pas des références cachées au lieu de se pencher sur les problèmes concrets de leur programme...). La monstruosité a culminé durant la Seconde guerre mondiale, un charmant petit conflit réputé pour être le plus meurtrier qui ait jamais été ; seulement voilà, les nazis ne sont pas nés à partir de rien. Un homme, Hitler, les a tous fédérés, les a menés au combat et dirigé toutes leurs atrocités ; qu'est-ce qu'on aurait pu faire pour l'arrêter ? La fiction n'a eu de cesse de l'imaginer ; je vous propose d'en analyser deux œuvres.

« Batman année 100 » : Bruce Wayne et son dentier

Gotham City, 2039. Fraîchement sorti de l'oubli, Batman court sur les toits poursuivi par des chiens. Accusé d'un meurtre dont on découvre rapidement qu'il n'y est pour rien, il subit les foudres du Federal Police Department, une institution fascisée en concurrence avec le Gotham Central. Le capitaine Jim, le petit-fils du commissaire Gordon, tente d'enquêter sur cette affaire malgré la pression grandissante de ses supérieurs...

« Le septième fils » : Going West (les vrais comprendront)

C'est le gros zbeul niveau critiques : hier, je devais commencer de lire Walden dans les bois (avant-hier en fait, avec le retard pris sur les nouvelles de Jack Vance), sauf qu'il pleut comme vache qui pisse, et c'est bien parti pour continuer le lendemain. Je commence donc à lire à la place un autre livre qui devait recevoir sa critique le 3 juillet... et le lendemain il fait un soleil radieux.

J'ai donc commencé un peu n'importe quand le tome 1 d'Alvin le Faiseur — et un peu n'importe comment, il faut bien le dire, puisque je suis passé du chapitre I au chapitre IV comme je commence à me faire gâteux (19 ans, c'est long...) ; un livre qui pourtant mérite qu'on s'attarde dessus, car Le septième fils (non, pas l'énième série B étalonné comme une brique) constitue la première pierre d'un vaste édifice de la bibliographie d'Orson Scott Card. Ce que certains n'hésiteront pas à qualifier de swords and sorcery encore que pour ce premier volume il s'agisse d'une classification très discutable, mais qui s'avère avant tout une des premières sagas populaires de fantasy postmédiévale.

TUGPÉUA #18

Notre monde est plus menacé que jamais : face à un mal non humain qui semble invincible, nos élites politiques doivent s'unir malgré leurs magouilles et leurs intérêts personnels quand des héros se dressent chaque jour pour sauver des vies. Et après on va dire que je suis un gamin parce que je lis de la high fantasy.

Trêve de blague à part, si vous n'aviez pas déjà reçu votre dose d'épique, voici quelques œuvres qui s'apprêtent à vous remettre sur les rails. Avec un ou deux trucs plus calmes ou ovniesques, voilà qui devrait faire votre fournée pour la semaine. Après tout, c'est pour votre cultu... Ah zut, c'est à la fin que je suis censé le dire.

« Jardins de poussière » : Mon cerveau s’est fait Ken

Après la grosse beigne que fut La Ménagerie de Papier, il fallait s'attendre à tomber sur un Ken Liu plus vénère que jamais à nous balancer des questionnements métaphysiques plein la tronche dans un déluge d'émotions et de gigantisme. Et c'est bien sûr le cas avec Jardins de poussière, certes pas dénué de défauts, mais qui se fait incontestablement dans la littérature SF actuelle une place de choix... bien à raison.

TUGPÉUA #HS2 : 5 ovnis de la SF

Des ovnis qui pour une fois ne seront pas dans les livres mais les livres eux-mêmes. Après mon article sur les oeuvres marginales de la fantasy, je me suis dit que je pourrais le faire pour mes autres genres de prédilection ; et quel genre plus prédilectionnesque que la SF quand on est le Scribouillard ? Même si je m'y suis vraiment mis un peu sur le tard dans ma vie et que du coup je ne pourrais pas vous garantir la même originalité. Je ne parlerais pas non plus de textes comme Tendéléo de Ian Mc Donald, qui certes s'intéresse à une forme de vie singulière mais se penche davantage sur sa venue et ses conséquences socio-politiques que sur son fonctionnement. Non, ici, nous allons aborder des oeuvres dont le concept de base est poussé jusqu'au bout, et qui n'a été repris que peu ou prou par d'autres fictions. Et dans un genre où l'on dit qu'on aura tout essayé comme la SF, vous allez voir que c'est pas de la tarte... Et du coup forcément passionnant.

Bifrost n°95 : Oui, parce que j’étais trop une feignasse pour lire les 94 précédents

À force de fumer des havanes en citant du Godard à travers les pages des Cahiers du Cinéma, j'ai fini par me dire : Hé, Sylvain, y'a aussi des revues sur tes autres passions, pourquoi t'en toucherais pas un mot ? Et la SF a ses magazines prestigieux, même encore aujourd'hui au niveau des pulps, trois grands mags aux États-Unis dont j'ai pas été foutu de vous retrouver les noms, mais aussi en Europe Bifrost, encensé par tous les spécialistes (en-dehors de quelques-uns qui, contre vents et marées, le décrivent comme le Télérama local).

« Confessions d’un automate mangeur d’opium » : Tell don’t show

Quand on a une énergie magique pour faire carburer ses dirigeables, c'est bien pratique pour écrire du steampunk alors qu'on y connaît rien sur les détails techniques. Mais quand ça peut déboucher sur des aventures sympas et pas prise de tête, je veux bien être de la partie.
(...) Seulement voilà, j'aurais adoré apprécier cet univers, les auteurs ayant vraiment vu grand niveau richesse du background et implications sociologiques de celui-ci. Mais s'il possède dans l'ensemble de très bons personnages et quelques éléments excellents, ce roman possède presque tout ce que je n'apprécie pas dans le steampunk français, et, sans vouloir être cassant, dans la SFFF française en général.