« Coda » : Le joyau de la fantasy épique sorti pile au mauvais moment

Les modes changent, le public aussi : à présent, la mode est aux antihéros désillusionnés à la Rick Sanchez, et la fantasy post-apocalyptique semble sur la bonne voie pour conquérir le marché du livre. Des univers contre-idéalisés, des personnages pessimistes et endurcis, un humour féroce et une ambiance cynique, tout ça ne choque plus personne, et c'est même de bon ton : après la mouvance grimdark, plus moyen pour le lecteur de merveilleux de croire au conte de fées. La réalité nous est décrite dans sa crasse, sa laideur et son absurdité, déformée par le prisme de l'imagination qui permet d'y matérialiser des questionnements éthiques et moraux de façon plus directe que n'importe quel drame. Et tout ça peut très vite me laisser de marbre : viols, torture et boucheries héroïques se révèlent bien vite tout aussi pénibles que la naïveté d'un auteur jeunesse. Seulement quand c'est bien fait et qu'il y a de l'humour dedans, nous pouvons assister à de véritables pépites sorties droit du cœur, pleines de rage de vivre et de cheminements sincères. Coda en fait partie.

« Zoolook » : Mandale expérimentale

Alors que je lis son autobio, il m'apparaît que Jean-Michel Jarre est sans doute un des grands artistes avec lequel j'ai été le plus injuste : une pierre angulaire de la musique électronique, et français qui plus est, et pourtant je n'ai pas écouté le quart de sa discographie. Il m'est pourtant arrivé de le juger innovant, agréable, planant, mais je n'avais jamais jusqu'à maintenant mesuré la portée révolutionnaire du bonhomme. Bon, bien entendu, il n'est pas le seul dans son cas : Daft Punk ou Kraftwerk forment autant de références dont il me reste énormément de classiques à rattraper, sans même parler de New Order et Depeche Mode dont vous savez mon admiration, mais dont j'ai écouté beaucoup de pistes individuellement et au final peu d'albums en entier. Or si ce blog s'est détourné de la critique musicale (ayant découvert que j'étais un ignare sur presque toute la ligne, j'ai décidé pour une fois de fermer mon claque-mouches), il ne s'interdit pas d'y retourner de temps à autres, quand j'estime que j'ai quelque chose de pertinent à dire.

« Sandman Overture » : La drogue, c’est trop bien, dis-le à tes copains*

Petite critique en mode coup de cœur, que je sortirai peut-être un mercredi en plus de celle hebdomadaire de samedi. Si comme moi vous êtes attirés par les comics indés mais avez rarement l'occasion d'y consacrer votre budget, alors vous avez peut-être comme moi reluqué longuement les étagères à l'entrée de la librairie Des Bulles et des Hommes de Saint-Étienne. Et vous serez alors tombés sur les sept épais volumes de Sandman, série dirigée par Neil Gaiman, célèbre dans les milieux SFFF pour son obsession envers les mythologies du monde entier. Vous vous serez dits : Y'a d'quoi lire, mais j'connais pas encore bien l'auteur, je sais pas si j'vais apprécier. Et puis nom d'un chien, j'ai déjà craqué tous mes sous de la semaine ?! Je mange pourtant la même salade en entrée depuis huit jours ! Hum... De quoi parlions-nous, déjà ?

TUGPÉUA #23

L'année 2020 aura connu son lot de cauchemars, entre la pandémie, les extrémismes ou le film sur Sonic. Qu'importe, car même si Noël s'annonce aussi reluisant qu'un pet d'ornithorynque, c'est l'occasion pour nous de préserver plus que jamais notre solidarité (et vu ce qui s'annonce pour la suite, on va en avoir besoin...). C'est pourquoi retrouvons-nous donc pour ce dernier TUGPÉUA de l'année, avec deux disques que j'avais hésité à mettre dans les ovnis du post-rock parce qu'ils relevaient trop peu de ce genre... et quelques autres surprises.

Faut qu’on en parle #27 : DJ Maggie, love, life and robots

Ambient Occlusion, tu me manques. Tu me manques de par la fascination que tu exerçais sur moi, avec ton goût de l'underground et de l'interdit, de par le fait que j'étais le seul à te connaître, moi et 30 millions d'autres abonnés solitaires à travers le monde, avec ton éclectisme qui ne s'interdisait aucun genre, dark ambient, psydub, chants traditionnels latinos, et on s'en foutait si ça n'attirait personne. Tu as rejoint avec la chaîne Wiremux et le site Arctic Drones le cimetière des sanctuaires de musique alternative, brisés et réduits à une erreur 404 débile par un ayant-droit obsessionnel de la propriété ou un algorithme stupide. Tu me manques avant tout pour l'imaginaire que tu déployais à moi, petit protestant naïf biberonné à l'EDM de NCS et ignorant tout des scènes alternatives, ses ténèbres et lumières, ses spiritualités et ses matérialismes, ses rêves et ses cauchemars : tes artworks étincelants de couleurs vives, tes voyages sans fin dans des contrées exotiques et imaginaires, ton inspiration de la SF, de la fantasy ou tout simplement de la nature. Mais de toutes les personnalités dont tu as plus ou moins légalement diffusé le travail, il y en a une qui me manque tout particulièrement.

Scribouille et les mauvais genres #HS : 10 genres musicaux totalement ovniesques

Vous savez que sur C'est pour ma culture, on aime un peu tout ce qui est alternatif. Du coup, dès qu'un genre méconnu un peu trop what-the-phoquesque se pointe, j'y vais avec circonspection pour ensuite me replonger dedans par curiosité. Voici donc dix des genres les plus chelous, zarbis et extraterrestres que j'aie entendus jusqu'ici.

Scribouille et les mauvais genres #6 : Les musiques psychédéliques (2/2 : Les musiques électroniques)

Salut les scribouminus, et puisse votre chevauchée sur le dragon cosmique vous être riche en enseignements spiritiques. La dernière fois, nous avions vu les musiques psychédéliques non électroniques, cette fois nous allons voir celles électroniques, à savoir principalement la psytran... Qu'est-ce que tu fous dans mon bureau, Nathan ?!

Scribouille et les mauvais genres #5 : Les musiques psychédéliques (1/2 : Les musiques non-électroniques… à la base)

À force de chercher des moyens de plus en plus retors pour vous faire perdre mon temps sur mon blog, il m'est apparu qu'un terme revient fréquemment dans mes articles musicaux sans jamais que je m'y penche dessus : les musiques psychédéliques, source de générations de jeunes babtous en sarouel dont les dreads font frémir droitistes comme SJW. Difficile de ne pas provoquer en effet de controverses sur le sujet : entre les prudents qui n'y voient qu'une vaste apologie de la drogue et des religions orientales, les tranceux qui fument des poils de mouton dans les sous-bois du Larzac, et les vrais qui savent que de toute manière le meilleur genre reste la techno hardcore, tâchons de trier un peu les lentilles. Et pour cela avant d'aborder les musiques de ma folle jeunesse (dub et psytrance, quand je gambadais fièrement couvert d'un simple pagne dans la salle d'arts plastiques), il vaut mieux se pencher sur les toutes premières musiques du style, plus connues, plus appréciées, et qui ont fait date dans l'histoire de la musique. Nous allons donc nous intéresser dans ce numéro à l'intervention du psychédélisme dans des musiques n'utilisant pas forcément d'instruments électroniques, quand bien même ceux-ci se font omniprésent dans ce courant : rock, folk, blues, soul, jazz, pop et metal.

Magma et Sviti au Fil : Comment ça s’est passé

Comment se comporter face à un groupe culte, dont on n'a écouté qu'une infime partie de la discographie, qui vous attire autant qu'il vous repousse ? Et quand vous allez le voir en concert ? Alors imaginez qu'en plus ce groupe c'est Magma et qu'ils fêtent leurs 50 ans, et vous aurez une petite idée de mes soirées étudiantes.