« Hypérion » : Une réputation à faire Père Duré

Il est temps de se mettre à jour, les enfants. En effet, vous connaissez mon penchant chez les auteurs et sous-genres à commencer par des œuvres tout à fait mineures voire oubliables pour finir sur les classiques, et je me dois de rectifier le tir en réparant ma culture qui ressemble à certes un énorme gruyère, mais un gruyère quand même. À commencer par LE classique du NSO (New Space Opera pour les connaisseurs) : Le cycle d'Hypérion, inauguré par le diptyque Les Cantos d'Hypérion et son cultissime premier volume Hypérion, longtemps resté scindé en deux volumes dans la langue de Benalla. On risque de rabâcher des choses déjà dites, de faire simplement dans la recommandation... mais essayons quand même !

« La Longue Guerre » : Je vous ai déjà dit ce que je pensais des cliffhangers putaclics ?

On en était restés. Josué et Lobsang ont fait leur petite vadrouille et découvert que RRRRMMM cette terrible menace pourrait un jour détruire les formes de vie de tous les autres univers ; sauf que ça barde aussi en Primeterre, où Cowley et sa bande provoque RRRRMMM, un terrible évènement sur lequel s'achevait brusquement le tome 1. On s'attendait donc à ce que l'histoire commence enfin après un volume d'introduction certes pas désagréable mais assez poussif, une bonne grosse baston avec des enjeux cosmiques et des personnages gagnant en épaisseur. Sauf que Baxter et Pratchett nous disent dès les premiers chapitres : "On vous a bien eus, hein ?"

« Jardins de poussière » : Mon cerveau s’est fait Ken

Après la grosse beigne que fut La Ménagerie de Papier, il fallait s'attendre à tomber sur un Ken Liu plus vénère que jamais à nous balancer des questionnements métaphysiques plein la tronche dans un déluge d'émotions et de gigantisme. Et c'est bien sûr le cas avec Jardins de poussière, certes pas dénué de défauts, mais qui se fait incontestablement dans la littérature SF actuelle une place de choix... bien à raison.

« Chants de l’espace » : YMSA*

Samuel R. Delany est réputé comme un des plus grands auteurs du space opera pulp de l'âge d'or. C'est dans sa grande magnanimité que Bragelonne publie sept de ses récits dans un bon gros volume anniversaire des familles, le tout à 10 balles seulement, ce qui avouons-le, est pas vraiment le style de la maison. Ajoutez à ça une superbe couverture, et le moi d'il y a quelques années dans le superbe centre commercial de Lyon pensait faire une bonne affaire en sortant d'un de ses restaurants fétiches. Seulement voilà. Années 60, révolution sexuelle, et la SF avant-gardiste avait une fâcheuse tendance à fantasmer partouzes dans l'espace et autres joyeusetés, imaginaire autour de la conquête spatiale mais aussi de la sexualité que l'on retrouverait notamment durant toute la décennie d'après avec l'avènement du disco. Le camarade Alfaric m'ayant en plus de ça averti que certains des textes étaient de véritables purges, je me commence à me questionner : je le lis ou je le lis pas ? Et puis zut, je me dis au bout d'un moment, il peut pas y avoir que du mauvais ; mais mon petit esprit facétieux a décidé de jouer jusqu'au bout la carte du disco... avec une qualité variable selon celle du texte. Le goût annonce la couleur !

« UHL HS 2019 » : L’anti-« Résonances »

Par ma barbe de trois jours, j'ai loupé le hors-série de Une heure-lumière de l'année dernière qui s'annonçait tout bonnement incroyable, hors de question de ne pas corriger cette mauvaise habitude. Pour rappel, la célèbre collection de novellas publie chaque année un livre anniversaire offert en quantités limitées pour l'achat de deux autres ouvrages. J'ai donc choisi Retour sur Titan, du cycle des Xeelees (non, ne salivez pas tout de suite, je compte lire d'abord les tomes 2 à 4), et Acadie fraîchement recommandée par le camarade FeydRautha. Voyons donc ce que vaut la cuvée 2019...

« La Fleur de Dieu » : Blasters et botanique

Précisons que j'avais autant envie que peur de La Fleur de Dieu, envie parce que c'était un space-op avec de sacrés bollocks, parce qu'il avait une couverture magnifique, parce qu'il abordait le thème insolite des fleurs d'autres planètes et que son passé de botaniste lui donnait un certain cachet d'autorité, mais peur parce que ça semblait très très très repompé sur Frank Herbert et Pierre Bordage (qui est un écrivain, même si je n'ai pas lu ses grands-œuvres, que je n'apprécie PAS VRAIMENT), et surtout parce que c'était et de la SF française et un premier roman (...) Mais bon, on y va quand même, des fois qu'on louperait un truc prometteur. Après tout, si c'est approuvé par Gilles Dumay, c'est qu'il doit y avoir du bon, non ?