« Coda » : Le joyau de la fantasy épique sorti pile au mauvais moment

Les modes changent, le public aussi : à présent, la mode est aux antihéros désillusionnés à la Rick Sanchez, et la fantasy post-apocalyptique semble sur la bonne voie pour conquérir le marché du livre. Des univers contre-idéalisés, des personnages pessimistes et endurcis, un humour féroce et une ambiance cynique, tout ça ne choque plus personne, et c'est même de bon ton : après la mouvance grimdark, plus moyen pour le lecteur de merveilleux de croire au conte de fées. La réalité nous est décrite dans sa crasse, sa laideur et son absurdité, déformée par le prisme de l'imagination qui permet d'y matérialiser des questionnements éthiques et moraux de façon plus directe que n'importe quel drame. Et tout ça peut très vite me laisser de marbre : viols, torture et boucheries héroïques se révèlent bien vite tout aussi pénibles que la naïveté d'un auteur jeunesse. Seulement quand c'est bien fait et qu'il y a de l'humour dedans, nous pouvons assister à de véritables pépites sorties droit du cœur, pleines de rage de vivre et de cheminements sincères. Coda en fait partie.

« L’épée brisée » : Quel souffle !

J'avais jusqu'ici encensé Poul Anderson sur mon blog, cette fois je rajoute un cierge ; auteur aux multiples facettes, s'étant illustré dans la hard-SF, le space opera, le time opera, et, comme on va le voir maintenant, la swords and sorcery, il publie L'épée brisée en 1954, soit la même année que Le Seigneur des Anneaux. Durant les invasions vikings, Imric le roi des elfes vole un bébé humain dans le désir d'avoir un fils ; l'enfant devient Skafloc, vaillant guerrier lors de la guerre contre les trolls. Pourtant, cette dernière tourne en eau de boudin, et il part faire forger à nouveau une épée que lui ont offert les dieux à sa naissance. Une épée que l'on dit redoutable, mais aussi maudite afin de ne pas rendre son possesseur surpuissant. Et qui finit, tôt ou tard, par se retourner contre lui. Sans compter que Skafloc a un ennemi dans l'ombre, presque un frère qui le haït pourtant, et les destinées des deux hommes sont irrémédiablement liées...

Joyeux Noël ! #3 (3/3)

Résumé : András, l'apprenti du prestigieux réalisateur clandestin Rafel Mendlá, décide de percer ses secrets et pénétrer dans son local à accessoires qui semble cacher de féroces lutins et un secret qui lui conférerait son mystérieux pouvoir évocateur. Mais la guerre fait rage, le gouvernement devient oppressant, Serdžo a peut-être dénoncé l'emplacement du studio, et surtout, András ne sait toujours pas si c'est lui qui a trahi Bruce. Monsieur Boîte-à-caca, dernier spectateur de se palpitant feuilleton, se trémousse en transpirant sur son siège ; après tout, c'est pour sa culture...

Joyeux Noël ! #3 (2/3)

Résumé : Dans quelle affaire s'est embarqué András, jeune surdoué ayant rejoint des studios de cinéma désapprouvé par le gouvernement ? Qui sont ses coéquipiers, Scaffold qui semble à moitié fou, Bruce en qui il estime avoir une dette, la belle Mašaja ? Que veulent les mystérieux lutins qui semblent hanter les locaux ? Et surtout, pourquoi le prestigieux réalisateur Rafel Mendlá s'enferme-t-il durant des heures dans son local à accessoires ? Toutes les réponses à peu d'choses près dans ce deuxième épisode, c'est bien pour votre culture...

Joyeux Noël ! #3 (1/3)

Comme chaque année, en bon étudiant sans le sou (enfin, qui les claque tous dans des livres trop chers), j'offre à ma famille une histoire de mon cru, que je partage désormais sur mon blog. Cette année, c'est carrément une novella coupée en trois dont le dernier segment sortira à l'occasion du 1e janvier. Ça parle de fascistes, de démembration, et de lutins qui éviscèrent les gens. Bon, au départ, je voulais écrire un conte pour enfants.

TUGPÉUA #22

Papa Noël s'en va acheter quelques milliards d'attestations de visites à domicile, et la fin d'année s'annonce pour moi aussi un brin hardcore. Il me reste encore des milliers de pages à lire pour la fac et pour le blog, sans parler des disques à écouter, des émissions radio à préparer, des films et séries à voir dans la mesure du possible, du théâtre que je n'aurais pas évoqué de l'année... ah, oui, et les cadeaux, ce truc sur lequel on se penche toujours le 23 décembre. Le bon côté des choses étant que je ne devrais en principe pas trop à avoir à bouger de chez moi (rire sarcastique), tentons à présent de combler un peu notre retard en proposant à nouveau deux articles par semaines, à commencer par celui-ci.

« Saltarello » : Mrmblf

J'aime avoir les bouquins pour moi tout seul, mais le budget des étudiants est ce qu'il est. À la méritante bibliothèque de Tarentaize, je chine mes prochaines lectures. Le cœur me dit d'aller fouiller les auteurs contemporains, la raison m'ordonne de dégotter des classiques, l'estomac se réjouit de partir bientôt d'ici pour déjeuner chez ma grand-mère. Et puis il y a cette novella 100% franco-française des éditions Terre de Brume pour qui je n'ai pas de sympathie particulière mais qui a quand même édité du Asimov et du Silverberg... La couverture est belle, ça ne devrait pas me prendre trop de temps, on me dit que l'autrice est férue de médiévisme donc j'apprendrais peut-être quelques trucs. Je sais que je vais être déçu, mais bon, c'est pour ma culture...

TUGPÉUA #21

Je suis de retour avec ce cher format principalement dédié aux découvertes musicales, avec des musiques de tous les genres, par moments pour une fois très engagées, notamment dans ce que j'affectionne sans doute un peu trop dans mes idéaux politiques, en bonne vermine anarcho-communiste. Mais je vous rassure, pas de prosélytisme de leur idéologie, et pour les plus réfractaires, il y aura également du blues, des voyages temporels et de la fantasy militaire pour enfants !

Les chroniques de Krondor : Rétrospective

Le mois d'août, c'est un peu celui où on a tout à dire et rien à raconter. Aussi, afin d'avoir un bon petit stock d'articles écrits à l'avance pour enfin disparaître dans un camping du Bois-de-Boulogne (je vous assure que ma famille a vraiment décidé de crécher là-bas), j'ai choisi d'en écrire un petit à l'arrache constituant en quelque sorte une réponse au Prieuré de l'Oranger. Parmi les points positifs, j'indiquais notamment qu'il s'agissait d'une high fantasy politique faisant du neuf avec du vieux en choisissant d'hybrider les codes du med-fan classique avec la fantasy orientale. Néanmoins, il ne faut pas pour autant penser qu'il s'agit du seul roman à s'être lancé dans l'exercice. En Sixième-Cinquième, je commençais en effet mon entrée dans le lectorat de fantasy adulte avec entre autres une saga bien plus vieille, très imparfaite, mais à mon sens bien plus extrême dans ce mélange des sous-genres et bien plus réussie. Un classique oublié en-dehors de certains rôlistes hardcore, qu'il serait bon de déterrer.

« L’appel des illustres » : Un peint dans la gueule

En ce qui me concerne, j'ai toujours préféré Venise à Florence, mais force est de constater que cette ville n'en a pas moins joué un rôle autant sinon plus important dans l'histoire de l'Italie. Cité de tous les arts, de tous les complots, elle ne cesse d'intriguer, et donc d'inspirer nombre de romans. Ce n'est pas Romain Delplancq qui me contredira avec ce Renaissance-fantastique qui inaugure le tome 1 du diptyque Le sang des princes. À première vue, on dirait de la fantasy politique européenne sans grande originalité, à un détail près : ici, l'art n'est pas juste pour faire joli sur le fond vert, mais possède une des places centrales au sein du récit. On s'est souvent penchés sur comment la magie pourraient modifier la guerre, voire la vie de tous les jours, mais honnêtement, combien de personnes ont réfléchi à l'impact culturel qu'elle pourrait avoir ? Et quand bien même cette première question n'est finalement pas abordée dans le livre, quel pouvoir obtiendraient les habitants d'un monde secondaire qui détiendraient dans les arts un savoir-faire méconnu des autres peuples ? Autant vous dire que j'étais chaud dès le moment où la camarade Boudicca en posta sa critique : ce bouquin n'annonçait que du bon !