TUGPÉUA SPÉCIAL N°300 : Les ÉCOUTÉ ET APPROUVÉ… de PAPA

Aussi étonnant que ça puisse paraître, votre fidèle serviteur tout amateur de blackgaze / dubstep / Arielle Dombasle / Patrick Sébastien qu'il soit avait un papa qui écoutait lui de la vraie musique. Après m'avoir abreuvé dix ans de folk irlandais jusqu'à ce qu'il m'en ressorte par les trous de nez, j'ai eu ma période rebelle où je dédaignais ce noble art (et tout ce que j'écoutais était MFM et Activ, triste époque). Pourtant, mon père a encore aujourd'hui cette mélomanie certaine qui finit par devenir contagieuse sur certains disques. En voici cinq (et même six) excellents pour fêter le trois centième article...

« Moon Safari » : Prenons un bol d’Air

Eh oui, c'est un duo français tout à fait singulier que je vous propose ici, ce genre de compositeurs électroniques difficiles à classifier que l'on rangera souvent vite fait bien fait dans la case fourre-tout "electronica". Très influencé par la pop (quand il ne verse pas tout simplement dedans), il nous entraîne dans un univers extrêmement planant, aérien et lumineux. On a l'impression de partir à l'aventure dans un gigantesque aéroport, un matin d'été où il serait désert, quand le soleil se lève à peine, à la recherche d'une jungle ou d'une planète lointaine. Le charme des pulps, de Bob Morane et de Tintin vous afflue les naseaux, mais curieusement adouci, comme s'il ne pouvait rien nous arriver.

TUGPÉUA #13

Je vous ferais une confidence, l'automne étant ma saison préférée, j'ai finalement abandonné l'idée de faire un TUGPÉUA spécial pour chaque saison... du moins pour l'instant. Cela dit, pour l'hiver, ces disques recèlent une ambiance glacée ou chaleureuse et se marieront donc plutôt bien avec la saison. Bref, pour ce coup-ci mes petits scribouminus, il n'y aura pas vraiment de thème, mais plus un vague fil rouge parmi mes dernières trouvailles...

« Get Ready » : Le disque d’une adolescence

New Order est un des plus grands groupes de musique électronique britannique, officiant principalement dans la synth-pop (...), mais aussi (...) la pop rock avec Get Ready (...). Musique commerciale, me diriez-vous(...). Et tu n'aimes pas la musique commerciale, toi Sylvain Laurent, adepte des concerts à minuit en pleine forêt où des dryades rockeuses arrachent leurs vêtements pour se jeter dans la foule afin d'exprimer clairement leur mélancolie, pas vrai ?

Oui, monsieur, mais j'ai des goûts complexes et variés, monsieur. Et Get Ready est pour moi infiniment plus que de la musique commerciale. Get Ready est un album d'une inventivité folle du temps où l'on ne faisait pas des tubes juste pour gagner les NRJ Awards, Get Ready vient d'une époque où les musiciens de l'overground tentaient de se réconcilier avec les plus avant-gardistes autour de chansons parlant à chacun et pas seulement la masse, Get Ready est...

« Alchemist » : Musique philosophale

Aleksander Vinter est un musicien suédois autiste de haut niveau : Asperger et atteint du syndrome du Savant, on se retrouve avec un sacré hyperactif qui produit des disques à la vitesse où un lycéen décampe de la salle de maths. Ayant signé et produit des titres sous un nombre hallucinant de pseudos (Blanco, Vinter in Vegas, Vinter in Hollywood, Protos, et bien sûr surtout : Savant), il officie aussi bien dans les dérivés du reggaeton (arrrrgnh) que du dubstep (ouaiiis !), le metal et le néo-classique, notamment avec le complextro dont il est le pionnier, électrohouse aux sonorités fortement brostep.

Bien entendu, avec une production aussi titanesque, tout ne se vaut pas, et on serait souvent tentés de remettre en question ses musiques pour leur cohérence, celui-ci préférant quelque chose de bordélique et un rien tapageur (...). Mais disons-le, ça a été un des artistes qui ont marqué son adolescence, avec son style complètement singulier et iconoclaste encore très imité chez les amateurs de complextro. Alors pourquoi je procrastine à critiquer Alchemist depuis le début du blog ?

Néréides et Melba en concert au Pax : Comment ça s’est passé

Un mois que j'attendais ce concert. Bon, alors, vous me connaissez, les festivals spéciaux mettant en valeur les artistes féminins, les journées mondiales de la Femme, tout ça, pour moi, ça devrait être dans tous les festivals et toute l'année, donc je me méfie de ce qui m'apparaît comme de la discrimination positive ; mais disons ce qui est, le festival Femme(s) m'avait tout l'air d'un sacré programme. Partant donc au Pax, minuscule salle souterraine de Saint-Étienne, je suis allé écouter Néréides en concert et sa sublime chanteuse Camille Silva da Fonseca.

« Neu ! 4 » : Non, je n’arrêterais jamais avec ce groupe

Il fallait bien que je revienne un jour ou l'autre à mes anciennes amours, j'ai décidé d'écouter enfin un des deux albums de Neu ! que j'avais laissés de côté jusque-là : celui apocryphe du live de 1972, jugé tellement mauvais qu'il a été renié, et leur dernier officiel, Neu ! 4, lui aussi loin des références souvent citées que sont ses frères aînés.

« Houdini » : Bonjour l’objectivité (lol)

La beauté vous prend parfois par derrière. Un beau soir, je rentrais du lycée avec une journée merdique niveau 8 sur l'échelle de TroomTroom, je m'étais engueulé avec ma famille et je devais faire un devoir que je devais rendre depuis un mois.
(...) Et puis il y a ce petit album qui a figuré assez haut dans le top 2018 de totoromoon, Houdini par San Carol d'un sous-genre que je ne connaissais absolument pas, la dream pop. (...) Et devinez quoi ?