TUGPÉUA #19

Ça faisait longtemps, et ce mois n'y coupera pas, il y a trop de bonnes découvertes qui moisissent dans le grenier de ce blog pour que je n'en parle pas enfin. À voir, à lire, à écouter, il y a à boire et à manger.

« Nouvelles 1945-1954 » : Jack Vance overdose

Chose promise chose due, je me suis mis à lire le feu aux fesses l'intégrale des nouvelles hors cycle de Vance à une vitesse de croisière de 100 pages par jour atteignant parfois le pic des 150 (chose qui ne m'était pas arrivée depuis des années). Il faut dire qu'un tome 1 de plus de 1050 pages (je rappelle uniquement pour les nouvelles hors cycle) témoignait de son énorme productivité. Dès le lendemain de la Seconde guerre mondiale, il se fit en effet connaître dans les pulps en publiant ces nombreux textes ; alors patine du temps oblige, quelques défauts finissent par apparaître : un goût exubérant pour les péripéties primant parfois sur le désir de construire un récit aux règles bien établies qui puisse jouer avec, ou bien des psychologies assez simples, surtout chez les persos féminins (sérieux, maintenant j'ai l'impression de dire ça à chaque article...). Autant de défauts qui avaient fait du dernier tiers du Monde vert une grosse purgeasse bien purulente ; mais Vance manie a priori mieux la SF pulp qu'Aldiss, bien que ses fix-ups à lui ne soient pas non plus dénués de défauts (on citera l'amusant mais tout de même très long et parfois assez embarrassant Cugel l'Astucieux), et de toute manière, là on est sur de la forme courte en one-shot, donc difficile d'avoir le temps de se lasser. Du reste, les textes en eux-même ruissellent de qualité...

« Gens déplacés » : C’est la faute à personne

Ça faisait un bon bout de temps que j'en rêvais, mes parents me l'ont offert à Noël : le tome 1 de l'intégrale des nouvelles hors-cycle de Jack Vance. Un écrivain de soft-SF et de science-fantasy qui s'il est un de mes préférés reste encore un grand inconnu de ce blog, faute que nous allons rectifier tout de suite : imaginez-vous la figure d'un voyageur, avide de récits d'aventures, dépeignant des mondes crépusculaires et exotiques, jamais à court d'originalité tout en entretenant soigneusement les bons vieux tropes de l'espace et des inventions technologiques ou magiques à gogo. Vous voyez ce qui me plaît chez le bonhomme ? Qu'on l'adore ou qu'on se désintéresse de lui, on a tôt fait de lui coller l'étiquette du baroudeur intergalactique (l'auteur ayant effectivement voyagé aux quatre coins du monde tout au long de sa vie), amoral, farcesque, épris de récits baroques quasi-dénués de tout lien avec le réel. Pourtant, il ressort de l'intégrale qu'une novelette (ou nouvelle longue) sort profondément du lot en s'intéressant à un contexte n'ayant rien à voir avec l'espace et se focalisant sur un futur éloigné de l'époque dont elle a été écrite de quelques années seulement. Un texte tellement à part qu'il méritait un article à lui seul tant il y a de choses à dire dessus.

« Hypérion » : Une réputation à faire Père Duré

Il est temps de se mettre à jour, les enfants. En effet, vous connaissez mon penchant chez les auteurs et sous-genres à commencer par des œuvres tout à fait mineures voire oubliables pour finir sur les classiques, et je me dois de rectifier le tir en réparant ma culture qui ressemble à certes un énorme gruyère, mais un gruyère quand même. À commencer par LE classique du NSO (New Space Opera pour les connaisseurs) : Le cycle d'Hypérion, inauguré par le diptyque Les Cantos d'Hypérion et son cultissime premier volume Hypérion, longtemps resté scindé en deux volumes dans la langue de Benalla. On risque de rabâcher des choses déjà dites, de faire simplement dans la recommandation... mais essayons quand même !

« La Longue Guerre » : Je vous ai déjà dit ce que je pensais des cliffhangers putaclics ?

On en était restés. Josué et Lobsang ont fait leur petite vadrouille et découvert que RRRRMMM cette terrible menace pourrait un jour détruire les formes de vie de tous les autres univers ; sauf que ça barde aussi en Primeterre, où Cowley et sa bande provoque RRRRMMM, un terrible évènement sur lequel s'achevait brusquement le tome 1. On s'attendait donc à ce que l'histoire commence enfin après un volume d'introduction certes pas désagréable mais assez poussif, une bonne grosse baston avec des enjeux cosmiques et des personnages gagnant en épaisseur. Sauf que Baxter et Pratchett nous disent dès les premiers chapitres : "On vous a bien eus, hein ?"

« Jardins de poussière » : Mon cerveau s’est fait Ken

Après la grosse beigne que fut La Ménagerie de Papier, il fallait s'attendre à tomber sur un Ken Liu plus vénère que jamais à nous balancer des questionnements métaphysiques plein la tronche dans un déluge d'émotions et de gigantisme. Et c'est bien sûr le cas avec Jardins de poussière, certes pas dénué de défauts, mais qui se fait incontestablement dans la littérature SF actuelle une place de choix... bien à raison.

« Préférences système » : La SF façon film français

Vous connaissez le mantra : d'un côté il y a ceux qui disent que les films français, c'est forcément de la m****, et donc qu'il faut surtout pas que les producteurs français quittent leurs bonnes vieilles comédies bas de plafond pour se mettre à faire du cinéma de genre. Et puis il y a ceux qui pensent que le problème vient de l'œuvre en elle-même plutôt que du groupe ethnique de ses concepteurs, et donc qu'un film français n'est théoriquement pas obligé de se placer sous la trinité Kev Adams / Jeff Tuche / Christian Clavier. Je pense la seconde hypothèse un peu plus vraisemblable...

« Diaspora » : Je termine l’année en beauté !

Donc Diaspora, c'est l'histoire de l'Humanité dans le futur qui se fait la malle suite à un phénomène cosmique qui réduit à néant le Système solaire. Les enchairés (les humains) ont péri, restent les gleisners (les robots) et les citoyens de polis (des IA ou des humains transcendés en IA) ; chacun de leurs côtés, ils partent sur les traces de civilisations extraterrestres, sauf qu'il y en a une, les Transmutateurs, qui semble plus intrigante que toutes les autres...