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Faut qu’on en parle #28 : L’artiste de l’œuvre

Il était difficile de critiquer J'accuse à sa sortie tant son réalisateur avait à côté fait des trucs pas fameux-fameux moralement, alors comme on aime bien foutre le caca à Paris on lui avait offert des Césars à la pelle. Motif des responsables : "il faut séparer l'artiste de l'œuvre". Réplique des militants : "n'importe qui ayant déjà fait de l'analyse au moins une fois dans sa vie sait que c'est un contresens absolu". Pourtant, cette expression un peu passe-partout, on l'entendait chez des personnes sérieuses avant l'affaire Polanski, à l'instar de Maxwell, chroniqueur de metal qui allait même bien plus loin en en séparant le propos. J'accuse est-il tout pourri parce que son réalisateur est pourri ? Le voir signifie-t-il forcément encourager un violeur ? On y répond en essayant d'analyser ce qui se cache derrière ces six mots abstraits.

« Le patient » : Dexter va chez Boule à zéro

C'est toujours le même frisson quand on ouvre un Thimothé Le Boucher, qu'il s'agisse de la finesse et de l'épure du trait en même temps de sa précision et de sa mise en couleurs (bien que certaines cases de l'édition papier de Ces jours qui disparaissent me semblaient un peu vides), des protagonistes uniques dans l'humour et le naturel qu'ils dégagent, ou bien du scénario très simple à la base qui se complexifie jusqu'à devenir un mindfuck improbable. Seulement voilà, comment faire pour repartir après une œuvre magistrale qui a fini top 1 dans les livres 2019 d'un grand blog prestigieux ? Eh bien, on fait quelque chose de plus long, de plus protéiforme et d'à peine moins bien.

TUGPÉUA #19

Ça faisait longtemps, et ce mois n'y coupera pas, il y a trop de bonnes découvertes qui moisissent dans le grenier de ce blog pour que je n'en parle pas enfin. À voir, à lire, à écouter, il y a à boire et à manger.

« Walden » : Prendre Thoreau par les cornes

Une cabane en plein milieu des bois. Une pierre suffisamment plate pour poser ses fesses sans problème. Un disque de néofolk, sombre et langoureux, tandis qu'une après une, se tournent les pages de l'histoire de l'homme qui partit s'oublier dans les bois. L'orage gronde, et je dois déjà repartir. Il n'empêche : pendant quelques instants, tout le souffle de la forêt et du livre était LÀ.

« Trait pour trait » : Heureux tropiques

Difficile d'évoquer l'œuvre de Stéphanie Ledoux en toute objectivité, ou même de trouver les mots pour désigner son travail unique en son genre. À la base scientifique venue pour étudier la faune exotique, elle est devenue avec le temps peintre, voyageuse et (je pense qu'on peut le dire) ethnographe. Depuis quelques années, elle dresse le portrait des cultures les plus reculées du globe, avec son style inimitable quand nous autres L en sommes encore à chercher des explications de démarche picturale pour les teubs qu'on a dessinées sur le bureau du prof d'arpla.

Petit précis de vagabondage #3 : Comment faire quand on est perdus ?

Malgré toutes les précautions que vous prendrez, vous finirez toujours par commettre une erreur : partir trop tard et vous retrouver loin de la maison en pleine nuit, penser avoir trouvé un chemin vous ramenant chez vous mais qui part dans une autre direction, vous perdre dans un milieu rural dépourvu du moindre signe de vie humaine. Si vous ne savez plus comment vous orienter, il vous reste alors votre bon sens, votre habileté... et votre prudence.

« Rivages » : Wander fantasy

Il y a des livres comme ça où vous vous laissez tenter. Pas pare que ce sont des classiques ou qu'ils s'annoncent comme les prochains visionnaires, mais parce que vous pensez que vous pourrez reconnaître en eux quelque chose que vous cherchez personnellement. Dès la couverture, vous sentez qu'il se dégagera une certaine ambiance, quelque chose de pas forcément complexe ou épique comme vous en avez l'habitude, mais un désir plus difficile à définir, à combler aussi ; sans doute quelque chose de plus contemplatif. Alors vous décidez de vous l'acheter en format papier, vous attendez le meilleur moment de l'année pour le lire. Vous ne lisez pas les chroniques de vos camarades sur Internet, vous ne lisez même pas la quatrième de couverture car la phrase d'accroche a suffi à capter votre attention : "Le Seigneur des Anneaux est assurément le livre préféré des Ents. Mais Rivages pourrait bien lui aussi les séduire..." Une formule de vente faussement modeste, pas très originale dans son comparatif, mais qui l'est bien plus dans l'élément qu'il prend de l'ouvrage de référence, renvoyant à l'univers forestier plutôt que celui pseudo-médiéval comme de coutume. Alors vous le gardez dans un coin de votre chambre. Vous marchez le plus loin possible dans la forêt avant de l'ouvrir. Vous décidez de lui donner une chance.

« Aẑdaja » : The fire of an ancient cosmic destinyyy

Quand je vous dis depuis des années qu'on trouve dans les courts-métrages une diversité inexistante chez les longs budget oblige, il va bien falloir finir par m'écouter. Et c'est sans doute un milieu salvateur pour le cinéma de fantasy, pris en étau entre les nanars des années 90, les quelques blockbusters écrasant la concurrence et Jean-Kevin Cahiers-du-Cinéma ; si cette situation peut perdurer reste un débat, mais voici déjà une preuve de l'utilité de ce format apportée par le camarade Florian Bourgeat, qui un jour poste sur son Facebook le lien vers un film, comme souvent pour les courts, que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam. Et devinez quoi ? C'est de la bonne !