La trilogie « Dark Knight » : Rétrospective

Qu'on l'aime ou pas, Christopher Nolan... eh ben moi je l'aime. On pourra râler que c'est un maniaque du scénario compliqué et ultra-huilé, un fétichiste de la pellicule, un accro aux dialogues, n'empêche que le gars fait du bon boulot. À chacun de ses films, je revois la même esthétique grise et brune, rugueuse, sans pour autant virer à une laideur achromatique en émaillant ses images d'autres teintes telles que le bleu de Dunkerque ou le rouge du Prestige ; à chacun d'entre eux aussi, je retrouve les mêmes thématiques paradoxales dont on a déjà longuement disserté dessus. Car le père Nolan n'est pas qu'un habile réalisateur d'actionners bien filmés, bien écrits et bien mis en scène ; ce serait trop dur d'en faire une analyse complète quand des spécialistes s'y sont collés avant moi, mais permettez-moi de faire ma petite synthèse personnelle de ce que j'ai retenu de ce que d'aucuns retiennent comme un de ses plus grands chefs-d'œuvre : son adaptation de Batman en trilogie.

« L’escadre frêle » : C’est génial, qu’est-ce que vous voulez que je dise de plus ?

On l'attendait la bave aux lèvres, et c'est le Damasio que je retiendrais de cette année, plutôt que la hype sur Les Furtifs aussi démesurée que la bêtise d'un 20 heures. ENFIN, L'escadre frêle est sortie. ENFIN, la suite de l'adaptation de La Horde du Contrevent en BD qui a selon moi surpassé l'œuvre du maître. Et comme le prouve la parution des versions black & chrome des deux tomes, malgré L ' I N C R O Y A B L E   T E M P S   À   A T T E N D R E   L A   S U I T E, ça s'annonce bien bien bien bien bien.

« Zaï Zaï Zaï Zaï » : Aï aï aï aï ?

Je me souviens du temps de ma folle jeunesse, quand j'avais posté la vidéo la plus excitée de ma chaîne, où j'avais défendu à griffes et à corps toute la carrière que je connaissais de Fabcaro contre ses détracteurs, et tout particulièrement son chef-d'œuvre Zaï Zaï Zaï Zaï, alors que si mes souvenirs sont bons, je crois que je n'expliquais même pas en détail ce que j'y trouvais génial. Il faut dire que c'était difficile d'analyser un roman graphique à l'implicite aussi évident, et pourtant aussi subtil dans son ironie, réalisé dans un contexte historique particulier, celui post-attentats, où il exorcisait absolument tout ce qui obsédait alors la France, xénophobie, ultramédiatisation, surveillance abusive, langue de bois (...). Du coup, c'était risqué de l'adapter en pièce de théâtre alors qu'on semble enfin avoir la paix avec les terroristes (...). Cela dit, pourquoi pas : ne nous faisons pas d'illusions, c'était juste hier, et ça pourrait très bien recommencer demain. Mais alors ça me pose deux problèmes : un technique et un non-sens.