« L’empire ultime » : Bolchegeek fantasy

Brandon Sanderson est un écrivain... qui partage pas mal de points communs avec moi en fait : passionné de SFFF, croyant pas mal tourmenté, très intéressé par les questionnements sociaux, c'est en 2006 qu'il sort le premier tome de Fils-de-brume, une trilogie déjà considérée comme un classique de la fantasy même envers ses critiques les plus sévères (l'antre terrible des forums d'Atramenta). Un ouvrage qui précède de peu le krach boursier de 2008, donc, date à partir de laquelle selon le camarade Alfaric, la fantasy anglo-saxonne, déjà souvent à gauche, s'est mise à critiquer de plus en plus vertement le capitalisme ; on ne s'étonnera donc pas complètement que si ce tome 1 reprend le schéma classique "jeune héroïne naïve se dresse contre empereur injuste grâce à ses pouvoirs insoupçonnés", on y retrouve quelques éléments bien inspirés de... la lutte des classes !

TUGPÉUA #21

Je suis de retour avec ce cher format principalement dédié aux découvertes musicales, avec des musiques de tous les genres, par moments pour une fois très engagées, notamment dans ce que j'affectionne sans doute un peu trop dans mes idéaux politiques, en bonne vermine anarcho-communiste. Mais je vous rassure, pas de prosélytisme de leur idéologie, et pour les plus réfractaires, il y aura également du blues, des voyages temporels et de la fantasy militaire pour enfants !

Les chroniques de Krondor : Rétrospective

Le mois d'août, c'est un peu celui où on a tout à dire et rien à raconter. Aussi, afin d'avoir un bon petit stock d'articles écrits à l'avance pour enfin disparaître dans un camping du Bois-de-Boulogne (je vous assure que ma famille a vraiment décidé de crécher là-bas), j'ai choisi d'en écrire un petit à l'arrache constituant en quelque sorte une réponse au Prieuré de l'Oranger. Parmi les points positifs, j'indiquais notamment qu'il s'agissait d'une high fantasy politique faisant du neuf avec du vieux en choisissant d'hybrider les codes du med-fan classique avec la fantasy orientale. Néanmoins, il ne faut pas pour autant penser qu'il s'agit du seul roman à s'être lancé dans l'exercice. En Sixième-Cinquième, je commençais en effet mon entrée dans le lectorat de fantasy adulte avec entre autres une saga bien plus vieille, très imparfaite, mais à mon sens bien plus extrême dans ce mélange des sous-genres et bien plus réussie. Un classique oublié en-dehors de certains rôlistes hardcore, qu'il serait bon de déterrer.

« L’appel des illustres » : Un peint dans la gueule

En ce qui me concerne, j'ai toujours préféré Venise à Florence, mais force est de constater que cette ville n'en a pas moins joué un rôle autant sinon plus important dans l'histoire de l'Italie. Cité de tous les arts, de tous les complots, elle ne cesse d'intriguer, et donc d'inspirer nombre de romans. Ce n'est pas Romain Delplancq qui me contredira avec ce Renaissance-fantastique qui inaugure le tome 1 du diptyque Le sang des princes. À première vue, on dirait de la fantasy politique européenne sans grande originalité, à un détail près : ici, l'art n'est pas juste pour faire joli sur le fond vert, mais possède une des places centrales au sein du récit. On s'est souvent penchés sur comment la magie pourraient modifier la guerre, voire la vie de tous les jours, mais honnêtement, combien de personnes ont réfléchi à l'impact culturel qu'elle pourrait avoir ? Et quand bien même cette première question n'est finalement pas abordée dans le livre, quel pouvoir obtiendraient les habitants d'un monde secondaire qui détiendraient dans les arts un savoir-faire méconnu des autres peuples ? Autant vous dire que j'étais chaud dès le moment où la camarade Boudicca en posta sa critique : ce bouquin n'annonçait que du bon !

« Le prieuré de l’oranger » : Barbecue is coming

Crénom d'une pipe de poil de nouille, il faut vraiment que les médias arrêtent ça. La comparaison à GoT en première de couverture, encore, je veux bien, mais comparer systématiquement un bouquin à "Tolkien, Robin Hobb et G.R.R.R. Martin", non seulement c'est à la portée du premier mercantiliste venu, mais en plus ça revient à dire que la littérature blanche s'arrête à Camus, le polar à James Ellroy et le cinéma italien à Rocco Siffredi. Ainsi on décrédibilise un peu plus la fantasy, et donc ce pauvre petit Prieuré de l'Oranger qui n'avait rien demandé à personne. Acheté parce qu'il était appétissant (près de 1000 pages, le bougre) et sur les conseils de l'Ours Inculte, je pensais prendre un sacré pied loin de tous les poncifs du genre. La vérité sera plus nuancée... même si le résultat s'avère très satisfaisant.

« La nef céleste » : Les spoilers sont nos amis*

Mon studio croule sous les livres à rattraper pour les partiels (déjà passés), et j'ai besoin de faire un bon break par moments (à peu près cinquante pages de divertissement pour cinq sonnets de Ronsard, c'est jouable, non ?). Et ça tombe bien, parce que je n'ai sélectionné pour cette année quasiment que des lectures enthousiasmantes, à commencer par la trilogie d'Alamänder. J'avais adoré La Porte des Abysses, La Citadelle de Nacre m'avait laissé un peu plus perplexe malgré ses grandes qualités ; restait à savoir si La nef céleste allait remonter le niveau bien plus haut que ne l'avait jamais fait la fantasy française, avec son fameux twist-de-l'enfer-de-la-mort-qui-tue dont on m'a bien prévenu que j'adorerais ou que je détesterais. Reste à savoir désormais ce que moi j'en penserais... C'est désormais chose faite.

« La citadelle de nacre » : Passionnant mais perfectible

On avait quitté Jon le détective magique au beau milieu d'un cliffhanger de la mort qui tue, bien malin qui saurait dire désormais comment Alexis Flamand allait continuer son cycle d'Alamänder. Le problème étant que le tome 2 d'une trilogie s'avère souvent le plus faiblard, car il s'agit de celui où s'effectue la transition vers le grand final. Et des fois, les problèmes peuvent venir d'ailleurs...

Les faits sont là : l'auteur fait monter la sauce en versant vers une fantasy épique davantage qu'humoristique, allant toujours plus loin dans sa démarche de remplacer les codes de celle-ci par ceux de la SF. Cependant, à force d'avoir été conditionnés par d'excellentes idées en permanence, on finit par devenir exigeants. Quitte à s'en rendre sacrément critiques sur ce qui passait jusque-là comme du beurre...

« La porte des abysses » : Hard light lovecraftian science-fantasy policière (et en plus, c’est marrant)

Vous vous souvenez ? C'était y'a quelques années de ça. Les découpages de livres en France, c'est la foire à la saucisse, alors du coup il y avait eu cette trilogie découpée en cinq volumes ; c'est alors qu'une jeune maison d'éditions passablement ambitieuse (...) décidait de lui rendre le nombre de volumes qui lui était dû avec des illustrations attirant fortement l'attention des chalands. Dont moi.

« Haut-Royaume – L’héritier » : Le matou revient, il est toujours vivant…

Le cavalier hésitait à franchir la porte de la taverne de PNJ. Il s'agissait d'un des bas-fonds les plus sales et les plus ignobles d'Ariole. Les tueries y allaient en nombre croissant depuis que s'y étaient réfugiés les derniers survivants de la Garde d'Ynox. L'air était vicié et l'alcool venait encore l'empuantir, au bon plaisir des prostitués, mercenaires ou ivrognes, quand ils n'étaient pas les trois à la fois. Assis à une table, un homme d'âge mûr, les cheveux noirs, dont les muscles proéminents n'avaient d'égale que son fier organe que la pudeur cachait d'une feuille de vigne, fumait une pipe à l'abri des recoins obscurs.

« Haut-Royaume – Le chevalier » : La mortecouille attitude

On a tous un pote qu'on a pas revu depuis des années et qu'on se dit qu'on a toujours hâte de se revoir. Quand Julien Rigon, acteur et rôliste ayant monté sa propre boîte, la Compagnie du Bouclier Arverne avec Florian Bourgeat (que je recommande chaudement au passage) m'évoquait Haut-Royaume dans son flot de bonnes recommandations, il ne fallait pas s'étonner que la saga de Pierre Pevel qui semble la plus classique dans son exécution soit néanmoins à son image : un manichéisme soit mais très loin d'être absolu, des situations qui fleurent bon le JdR sur table, et surtout des ribaudes à tous les coins de rue. Alors, classique, ça l'est, certes, mais tout en restant loin d'être inintéressant.