« Le Veilleur du Jour » : De l’Imaginaire plus blanc que blanc

Le Veilleur du Jour continue Le cycle des contrées après Les Jardins statuaires ; on nous avait évoqué la cité décadente de Terrèbre, cette fois on plonge en plein dedans. Nous retrouvons la démarche du premier tome consistant à dresser un roman d'attente, ce que ne refera pas la saga par la suite. Et autant être franc tout de suite, c'est tant mieux. Le pari était effectivement risqué : on connaît l'influence de Julien Gracq sur Jacques Abeille, cet intérêt pour l'errance dans des lieux sombres voire lugubres à grands renforts de dialogues méditatifs, alors comment appliquer ces codes encore plus que le roman précédent pour cette fois un pavé faisant deux fois Le Rivage des Syrtes ? Sans surprise, on se retrouve avec un livre particulièrement L E N T.

« Magie brute » : Castagne à gogo entre clope et pinard

Larry Correia est un auteur un peu délaissé en France : officiant dans des genres avant-gardistes, davantage à droite que la plupart des lecteurs et éditeurs (il s'est d'ailleurs à l'origine du courant de tristes sires — dans tous les sens du terme — que sont les Sad Puppies), il a néanmoins vu sa trilogie Les chroniques du Grimnoir se faire publier par L'Atalante, un des rares exemples de littérature dieselpunk (le reste du sous-genre existant principalement autour d'artworks, de jeux de rôle ou de bandes dessinées). Le premier tome Magie brute a eu son petit succès de niche, et se voit désormais considéré comme une référence même par des lecteurs pas franchement libertariens. Et pour cause : il sait s'y faire, le bougre.

« La douleur » : Petite critique à la Yossarian

Il est rare que je chronique mes livres de fac, il faut qu'ils soient ou bien très bons, ou bien très singuliers, ou bien les deux. La principale raison est que la littérature blanche n'étant pas ma tasse de thé, je ne m'estime pas spécialement apte à la juger (cela dit, quand j'entends "Patrick Modiano", je sors mon revolver quand même). Il est malgré tout des livres parmi elle qui marquent, et La Douleur en est un.

« L’épée brisée » : Quel souffle !

J'avais jusqu'ici encensé Poul Anderson sur mon blog, cette fois je rajoute un cierge ; auteur aux multiples facettes, s'étant illustré dans la hard-SF, le space opera, le time opera, et, comme on va le voir maintenant, la swords and sorcery, il publie L'épée brisée en 1954, soit la même année que Le Seigneur des Anneaux. Durant les invasions vikings, Imric le roi des elfes vole un bébé humain dans le désir d'avoir un fils ; l'enfant devient Skafloc, vaillant guerrier lors de la guerre contre les trolls. Pourtant, cette dernière tourne en eau de boudin, et il part faire forger à nouveau une épée que lui ont offert les dieux à sa naissance. Une épée que l'on dit redoutable, mais aussi maudite afin de ne pas rendre son possesseur surpuissant. Et qui finit, tôt ou tard, par se retourner contre lui. Sans compter que Skafloc a un ennemi dans l'ombre, presque un frère qui le haït pourtant, et les destinées des deux hommes sont irrémédiablement liées...

« Les jardins statuaires » : Vaninaaa ouahou ouahou !*

Dans mon éternelle quête de dresser un bilan de la fantasy française digne de ce nom et sur les conseils du camarade Yossarian, j'ai décidé d'entamer le Cycle des Contrées de Jacques Abeille. Clôturé l'année dernière seulement (enfin, l'auteur affirmait déjà l'avoir achevé en 2016, comme quoi on n'est jamais à l'abri d'une nouvelle conclusion), il s'agit d'un des classiques méconnus cherchant (et parvenant) à renouer entre ce genre honni et la littérature blanche, ici par le prisme du surréalisme tardif. Écrit dans les années 70, publié en 82, le premier tome, Les Jardins Statuaires, a été une galère éditoriale (et on se demande pourquoi une notice en fin de livre n'explique pas ce parcours du combattant) ; toujours est-il qu'il ressort malgré tout à partir de 2013 dans la maison d'éditions Attila (depuis renommée Le Tripode, pour vous la faire court), le tout dans un ouvrage particulièrement soigné visuellement.

Joyeux Noël ! #3 (3/3)

Résumé : András, l'apprenti du prestigieux réalisateur clandestin Rafel Mendlá, décide de percer ses secrets et pénétrer dans son local à accessoires qui semble cacher de féroces lutins et un secret qui lui conférerait son mystérieux pouvoir évocateur. Mais la guerre fait rage, le gouvernement devient oppressant, Serdžo a peut-être dénoncé l'emplacement du studio, et surtout, András ne sait toujours pas si c'est lui qui a trahi Bruce. Monsieur Boîte-à-caca, dernier spectateur de se palpitant feuilleton, se trémousse en transpirant sur son siège ; après tout, c'est pour sa culture...

« Les trois mousquetaires » : Amour, gloire et baston

Palsambleu mortecouille, mais ce blog ne connaît plus l'appel de l'aventure ! Un peu de romantisme, ventre-saint-gris ! Non, encore une fois, pas le romantisme cucul-la-praline à la Guillaume Musso, le vrai romantisme du XIXe siècle, celui de Hugo, Balzac, dont la prof de français vous parlait pendant que vous admiriez sa svelte poitrine ! Et direction la Renaissance ; qu'il me tarde d'enfoncer des portes, de corriger les gueux et trousser des servantes !

« Citoyen+ » : La start-app nation

Dans un futur désagréablement proche, un gouvernement découvre une manière de dominer le peuple pour le moins alléchante : grâce à une application, vous gagnez des points de bonne conduite qui vous permettent d’accéder à des privilèges dans vos assurances, votre paye, vos réductions… Ainsi, plus de crime, plus de malbouffe, tout le monde mange cinq fruits et légumes par jour et reçoit un nonosse dès qu’il a bien fait ses devoirs. Seulement voilà, outre le fait que l’appli n’est pas systématiquement au point (et vous invite à faire votre footing sous la pluie), vous n’avez plus de vie privée : vous êtes tracé en permanence, le moindre de vos faits et gestes est enregistré et collecté dans une base de données (et non je ne ferais pas de blagues sur #TousAntiCovid, j’ai déjà rempli mon quota ici). Inquiétant, me diriez-vous ? Pourtant, vous n’avez rien à cacher ! (Excepté la fois où vous vous êtes mis tout nus dans les bois et où vous avez fait un câlin à un arbre, et la fois où vous avez fait une remarque de beauf en présence d’une jeune fille charmante mais avec un sacré direct, et la fois où…)

Joyeux Noël ! #3 (2/3)

Résumé : Dans quelle affaire s'est embarqué András, jeune surdoué ayant rejoint des studios de cinéma désapprouvé par le gouvernement ? Qui sont ses coéquipiers, Scaffold qui semble à moitié fou, Bruce en qui il estime avoir une dette, la belle Mašaja ? Que veulent les mystérieux lutins qui semblent hanter les locaux ? Et surtout, pourquoi le prestigieux réalisateur Rafel Mendlá s'enferme-t-il durant des heures dans son local à accessoires ? Toutes les réponses à peu d'choses près dans ce deuxième épisode, c'est bien pour votre culture...

Joyeux Noël ! #3 (1/3)

Comme chaque année, en bon étudiant sans le sou (enfin, qui les claque tous dans des livres trop chers), j'offre à ma famille une histoire de mon cru, que je partage désormais sur mon blog. Cette année, c'est carrément une novella coupée en trois dont le dernier segment sortira à l'occasion du 1e janvier. Ça parle de fascistes, de démembration, et de lutins qui éviscèrent les gens. Bon, au départ, je voulais écrire un conte pour enfants.