« Le patient » : Dexter va chez Boule à zéro

C'est toujours le même frisson quand on ouvre un Thimothé Le Boucher, qu'il s'agisse de la finesse et de l'épure du trait en même temps de sa précision et de sa mise en couleurs (bien que certaines cases de l'édition papier de Ces jours qui disparaissent me semblaient un peu vides), des protagonistes uniques dans l'humour et le naturel qu'ils dégagent, ou bien du scénario très simple à la base qui se complexifie jusqu'à devenir un mindfuck improbable. Seulement voilà, comment faire pour repartir après une œuvre magistrale qui a fini top 1 dans les livres 2019 d'un grand blog prestigieux ? Eh bien, on fait quelque chose de plus long, de plus protéiforme et d'à peine moins bien.

« Préférences système » : La SF façon film français

Vous connaissez le mantra : d'un côté il y a ceux qui disent que les films français, c'est forcément de la m****, et donc qu'il faut surtout pas que les producteurs français quittent leurs bonnes vieilles comédies bas de plafond pour se mettre à faire du cinéma de genre. Et puis il y a ceux qui pensent que le problème vient de l'œuvre en elle-même plutôt que du groupe ethnique de ses concepteurs, et donc qu'un film français n'est théoriquement pas obligé de se placer sous la trinité Kev Adams / Jeff Tuche / Christian Clavier. Je pense la seconde hypothèse un peu plus vraisemblable...

« Les Indes Fourbes » : Que l’on écoute son histoire avec force ripaille !

Alain Ayroles est le seul artiste à me faire aimer la Renaissance. Depuis une vingtaine d'années, notre énergumène écume la BD française avec des BD rendant hommage au passé, s'étendant du XVe au XVIIIe siècle, avec Garulfo, s'inspirant sensiblement de la toute fin du Moyen Âge pour créer un décor de conte de fées, à De Capes et de Crocs, un feuilleton rétrofuturiste de 12 tomes par lequel il a réussi à se faire connaître au grand public en reprenant les codes des récits de capes et d'épées. (...) Alors fatalement, après une œuvre aussi monumentale vient forcément la question : comment se renouveler ? Voilà-t'y pas qu'il décide de s'associer avec Guarnido, dessinateur de Blacksad, pour créer une suite à un classique tombé dans l'oubli des romans picaresques espagnols parodiant ceux de chevalerie : El Buscón, narrant la vie de l'escroc notoire Pablos de Ségovie, qui à la fin du livre s'en allait à la conquête des Amériques, faire fortune en honnête explorateur. À quelques entorses près, comme il se doit.

« L’escadre frêle » : C’est génial, qu’est-ce que vous voulez que je dise de plus ?

On l'attendait la bave aux lèvres, et c'est le Damasio que je retiendrais de cette année, plutôt que la hype sur Les Furtifs aussi démesurée que la bêtise d'un 20 heures. ENFIN, L'escadre frêle est sortie. ENFIN, la suite de l'adaptation de La Horde du Contrevent en BD qui a selon moi surpassé l'œuvre du maître. Et comme le prouve la parution des versions black & chrome des deux tomes, malgré L ' I N C R O Y A B L E   T E M P S   À   A T T E N D R E   L A   S U I T E, ça s'annonce bien bien bien bien bien.

TUGPÉUA #HS2 : 5 ovnis de la SF

Des ovnis qui pour une fois ne seront pas dans les livres mais les livres eux-mêmes. Après mon article sur les oeuvres marginales de la fantasy, je me suis dit que je pourrais le faire pour mes autres genres de prédilection ; et quel genre plus prédilectionnesque que la SF quand on est le Scribouillard ? Même si je m'y suis vraiment mis un peu sur le tard dans ma vie et que du coup je ne pourrais pas vous garantir la même originalité. Je ne parlerais pas non plus de textes comme Tendéléo de Ian Mc Donald, qui certes s'intéresse à une forme de vie singulière mais se penche davantage sur sa venue et ses conséquences socio-politiques que sur son fonctionnement. Non, ici, nous allons aborder des oeuvres dont le concept de base est poussé jusqu'au bout, et qui n'a été repris que peu ou prou par d'autres fictions. Et dans un genre où l'on dit qu'on aura tout essayé comme la SF, vous allez voir que c'est pas de la tarte... Et du coup forcément passionnant.

« Ces jours qui disparaissent » : Si moi aimer moi, buter moi

Inès est une personne formidable. Vous avez pu la voir dans mon vlog 5, elle et son rire insupportable pimentent les journées trop mornes et facilitent les réveils trop difficiles ; et c'est encore plus le cas quand elle se met à parler politique. Ne soyons pas mauvaise langue, c'est un défaut que nous avons tous, nous les jeunes : il nous suffit d'aborder le sujet pour nous emballer et parler de plus en plus fort tellement les sujets nous excitent ; sauf que voilà, un jour placide où je regardais tranquillement Captain America buter tout ce qui bouge au CDI, on s'était mis à discuter BD et elle s'est mise à parler très, très fort.

« Vers la lumière » : Une suite qui prend l’eau ?

Nous avions laissé Brindille au fond d'un lac souterrain, la voilà qui revient, toujours aussi jeune et pétulante. Mais la forêt est bien loin derrière nous pour laisser place à un pays de cristaux et d'eau pure (aux créatures l'étant moins). C'est moins fourmillant, moins souvent organique. Certes les qualités graphiques de la série sont toujours là, mais à vrai dire, ce n'est qu'un des divers défauts qui m'a empêché de profiter pleinement de ce tome 2 (qui cela dit reste d'excellente facture).

« Brindille », tome 1 : Toute nue dans les bois

Brindille n'avait pourtant à la base rien pour me plaire : c'est l'histoire d'une jeune fille blonde qui se réveille et qui a perdu la mémoire, et qui va devoir affronter les Ombres, de terribles créatures qui menacent l'immense forêt que constitue son monde. On semble donc bien partis pour une énième saga de high fantasy, qui plus est destinée aux enfants, et ne réglant pas grand-chose à la fin de ce premier tome. Mais ce n'est pas tout, loin de là.