« Coda » : Le joyau de la fantasy épique sorti pile au mauvais moment

Les modes changent, le public aussi : à présent, la mode est aux antihéros désillusionnés à la Rick Sanchez, et la fantasy post-apocalyptique semble sur la bonne voie pour conquérir le marché du livre. Des univers contre-idéalisés, des personnages pessimistes et endurcis, un humour féroce et une ambiance cynique, tout ça ne choque plus personne, et c'est même de bon ton : après la mouvance grimdark, plus moyen pour le lecteur de merveilleux de croire au conte de fées. La réalité nous est décrite dans sa crasse, sa laideur et son absurdité, déformée par le prisme de l'imagination qui permet d'y matérialiser des questionnements éthiques et moraux de façon plus directe que n'importe quel drame. Et tout ça peut très vite me laisser de marbre : viols, torture et boucheries héroïques se révèlent bien vite tout aussi pénibles que la naïveté d'un auteur jeunesse. Seulement quand c'est bien fait et qu'il y a de l'humour dedans, nous pouvons assister à de véritables pépites sorties droit du cœur, pleines de rage de vivre et de cheminements sincères. Coda en fait partie.

« Batman année 100 » : Bruce Wayne et son dentier

Gotham City, 2039. Fraîchement sorti de l'oubli, Batman court sur les toits poursuivi par des chiens. Accusé d'un meurtre dont on découvre rapidement qu'il n'y est pour rien, il subit les foudres du Federal Police Department, une institution fascisée en concurrence avec le Gotham Central. Le capitaine Jim, le petit-fils du commissaire Gordon, tente d'enquêter sur cette affaire malgré la pression grandissante de ses supérieurs...

« Sandman Overture » : La drogue, c’est trop bien, dis-le à tes copains*

Petite critique en mode coup de cœur, que je sortirai peut-être un mercredi en plus de celle hebdomadaire de samedi. Si comme moi vous êtes attirés par les comics indés mais avez rarement l'occasion d'y consacrer votre budget, alors vous avez peut-être comme moi reluqué longuement les étagères à l'entrée de la librairie Des Bulles et des Hommes de Saint-Étienne. Et vous serez alors tombés sur les sept épais volumes de Sandman, série dirigée par Neil Gaiman, célèbre dans les milieux SFFF pour son obsession envers les mythologies du monde entier. Vous vous serez dits : Y'a d'quoi lire, mais j'connais pas encore bien l'auteur, je sais pas si j'vais apprécier. Et puis nom d'un chien, j'ai déjà craqué tous mes sous de la semaine ?! Je mange pourtant la même salade en entrée depuis huit jours ! Hum... De quoi parlions-nous, déjà ?

« Batman : Année Un » : J’en reprendrais bien une louche

C'est toujours un plaisir de tourner des courts-métrages chez Arthur Aioutz. Oui, malgré le fait qu'on soit à 1000 mètres d'altitude et qu'il se mette à neiger, grêler, brumer et pleuvoir dès qu'on veut tourner une scène. Malgré le fait que son équipe se mette à nous partager ses découvertes culinaires comme la persillade de testicules de sanglier (authentique). Et malgré le fait qu'il y ait si peu de bières. Parce que chez lui, on a un tas de sacrée bonne lecture.

« Civil War » : Jouissif mais bourratif

Il est nombre de bien-pensants qui ne verront pas l'intérêt du super-héros. Et même à bien y réfléchir, à quoi bon un Superman tout-puissant qui peut battre en slip tout seul les armées de la planète Apokolips quand gérer un gringalet poissard s'avère bien plus intéressant, et semble bien plus compliqué ? (...) Mais son implication dans la société et les questions que soulève l'apparent manichéisme du genre peuvent être exploitées de manière intelligente (...) : les superhéros étant trop importants dans la lutte anticriminelle, ceux-ci doivent être recensés et ne plus détenir leur identité secrète. D'où question : où va le droit à l'anonymat ? Doivent-ils travailler au compte de l'État comme s'il s'agissait d'un métier ordinaire ? Va-t-on leur fixer un quota de PV à distribuer sous peine d'être viré comme un malpropre ?

« Saga » : John Difool pré-gueule de bois

J'avais vu cette BD dans Zoo. On m'avait parlé d'un univers extrêmement riche, d'une odyssée familiale qui se déroulerait sur un nombre de tomes indéfini, avec un imaginaire particulièrement florissant et des intrigues se télescopant en grand nombre. Saga semble en effet avoir sa petite fanbase dans le milieu comics indé, avec un univers tout beau tout neuf reprenant tout ce qu'on aime dans la bonne vieille SFF. Sauf que.