« A Plague Tale » : Y’a-t-il un dératiseur dans la salle ?

C'est donc l'histoire d'Amicia, qui elle et son frère Hugo, voient leurs parents se faire tuer pour des raisons mystérieuses, et sont donc contraints d'errer dans la France de la Peste Noire poursuivis par l'Inquisition... Déjà avec un pitch pareil, on sent qu'il va y avoir du bon et du moins bon. Le secret caché par les parents, les fanatiques tout-puissants d'un Moyen Âge ténébreux, un mystérieux ennemi, ça s'est déjà vu trop souvent. L'histoire est également assez prévisible par moments ou mettant en scène des archétypes auxquels le spectateur est habitué (ce dernier point n'est pas forcément mauvais, comme on va le voir par la suite). Sans intérêt, me diriez-vous ? Bien au contraire !

« L’Œil du Monde » : Frodon en vadrouille

Le buzz du Seigneur des Anneaux oblige, des tas de suiveurs ont ainsi percé dans ce qui devait être ce qui caractériserait par la suite LE cliché de la fantasy : c'est-à-dire le med-fan à prophétie et grôgrô méchââânt. Et nombre de ces œuvres ont par la suite été considérées comme des chefs-d'œuvre du genre, à tort ou à raison, tout dépend de votre degré de tolérance et si vous plantez pas trop d'épées magiques dans le postérieur de leur propriétaire. Ça allait de trucs ni bons ni mauvais comme L'épée de Shannara, que je n'ai jamais réussi à finir, mais qui reste un souvenir plutôt recommandable, des horripilo-monstruositudes comme L'arcane des épées qui m'a toujours fait l'effet d'un suppositoire rectangulaire... et puis des franchement bons moments comme par exemple Les chroniques de Krondor, qui avait la bonne idée de pas proposer que ça même si c'était parfois maladroitement. Et puis il y avait La Roue du Temps...

« Haut-Royaume – L’héritier » : Le matou revient, il est toujours vivant…

Le cavalier hésitait à franchir la porte de la taverne de PNJ. Il s'agissait d'un des bas-fonds les plus sales et les plus ignobles d'Ariole. Les tueries y allaient en nombre croissant depuis que s'y étaient réfugiés les derniers survivants de la Garde d'Ynox. L'air était vicié et l'alcool venait encore l'empuantir, au bon plaisir des prostitués, mercenaires ou ivrognes, quand ils n'étaient pas les trois à la fois. Assis à une table, un homme d'âge mûr, les cheveux noirs, dont les muscles proéminents n'avaient d'égale que son fier organe que la pudeur cachait d'une feuille de vigne, fumait une pipe à l'abri des recoins obscurs.

« Haut-Royaume – Le chevalier » : La mortecouille attitude

On a tous un pote qu'on a pas revu depuis des années et qu'on se dit qu'on a toujours hâte de se revoir. Quand Julien Rigon, acteur et rôliste ayant monté sa propre boîte, la Compagnie du Bouclier Arverne avec Florian Bourgeat (que je recommande chaudement au passage) m'évoquait Haut-Royaume dans son flot de bonnes recommandations, il ne fallait pas s'étonner que la saga de Pierre Pevel qui semble la plus classique dans son exécution soit néanmoins à son image : un manichéisme soit mais très loin d'être absolu, des situations qui fleurent bon le JdR sur table, et surtout des ribaudes à tous les coins de rue. Alors, classique, ça l'est, certes, mais tout en restant loin d'être inintéressant.

« Le rêve de la licorne » : Cantal fantasy

Y'a des jours, vous avez besoin de lire quelque chose de plus positif que d'habitude. Un feel-good bouquin. Un livre-doudou qui vous conforte dans ce que vous connaissez déjà, avec peut-être pas un machin très original, mais sympa, pas longuet et plein d'humour. (...) Sauf que y'a des jours, comme le dit une fausse chanson médiévale d'un ami de mon père hélas introuvable en ligne : "Mal m'en pris, mandire landilaine, mal m'en pris, mandire landilan..." Sauf que je suis pas sur ce blog pour enfoncer les gens, d'autant plus quand il s'agit d'encourager des auteurs du terroir. Ce livre n'est pas foncièrement mauvais, comme je vais tenter de vous l'expliquer, mais même avec le peu d'attentes que j'en avais, il aurait pu être extrêmement mieux écrit.

Averoigne et autres mondes : Swords and potée ?

On est donc dans dans une région imaginaire de France s'apparentant à l'Auvergne. Mais attention ! Pas l'Auvergne des champs à perte de vue, de Laurent Wauquiez et de Lorn Duncan qui lance sa plus grande réplique dans le château du Monastier-sur-Gazeille ! Non, une Auvergne médiévale et antique, étrange, mystique, inquiétante et magnifique, où se côtoient l'obscène et le sublime, le parjure et la sacré. Les moines ont pour but d'éloigner la population de la tentation de rejoindre le camp du diable et de la sorcellerie, et seraient donc les gentils. Mais les choses ne sont pas si simples : l'intégrisme, le puritanisme ou encore l'hypocrisie ont gagné le cœur de la plupart d'entre eux, ce qui les rend inefficaces à la lutte contre les forces du Mal représentées par les sorciers et enchanteurs. Forces du Mal, qui par ailleurs, ne sont pas toujours si maléfiques et aspirent juste à approfondir leurs sciences. Quoique, car en Averoigne, les apparences sont souvent trompeuses...