« Le prieuré de l’oranger » : Barbecue is coming

Crénom d'une pipe de poil de nouille, il faut vraiment que les médias arrêtent ça. La comparaison à GoT en première de couverture, encore, je veux bien, mais comparer systématiquement un bouquin à "Tolkien, Robin Hobb et G.R.R.R. Martin", non seulement c'est à la portée du premier mercantiliste venu, mais en plus ça revient à dire que la littérature blanche s'arrête à Camus, le polar à James Ellroy et le cinéma italien à Rocco Siffredi. Ainsi on décrédibilise un peu plus la fantasy, et donc ce pauvre petit Prieuré de l'Oranger qui n'avait rien demandé à personne. Acheté parce qu'il était appétissant (près de 1000 pages, le bougre) et sur les conseils de l'Ours Inculte, je pensais prendre un sacré pied loin de tous les poncifs du genre. La vérité sera plus nuancée... même si le résultat s'avère très satisfaisant.

« Jardins de poussière » : Mon cerveau s’est fait Ken

Après la grosse beigne que fut La Ménagerie de Papier, il fallait s'attendre à tomber sur un Ken Liu plus vénère que jamais à nous balancer des questionnements métaphysiques plein la tronche dans un déluge d'émotions et de gigantisme. Et c'est bien sûr le cas avec Jardins de poussière, certes pas dénué de défauts, mais qui se fait incontestablement dans la littérature SF actuelle une place de choix... bien à raison.

« Kings of the wyld » : Very bad troupe

Où finit un hommage, où commence la parodie ? Le pastiche semble osciller entre ces deux rives, mais est-il simplement comme on pourrait le croire une simple aventure plus légère ou un simple jeu au mieux taquin, au pire putaclic sur la nostalgie d'une œuvre aimée par le lecteur ? Ou pourrait-il s'agir au contraire d'un moyen sous-estimé, qui pourrait nous donner de farouches épopées avec du sang, des larmes, des trahisons, du spectaculaire, des guitares qui crachent des flammes et des valeurs familiales ?

« L’Aleph » : L’Edgar Poe latino

C'est un drame en France : d'une part l'Imaginaire est méprisé (et dès lors qu'un livre fait trop de vues, il est recatégorisé en classiques) alors qu'il n'est pas forcément hostile ou éloigné de la littérature blanche ; d'une autre en bons gros chauvins on jette par la fenêtre tout ce qui n'est pas Imaginaire ou De-Notre-Mère-Patrie-America (et plus largement tout ce qui est littérature). (...) Et c'est pour ça aussi que je vous recommande (pour l'instant) le label L'Imaginaire Gallimard, qui tente de lever ces deux injustices en proposant non seulement des ouvrages du monde entier mais aussi de la littérature de genre lavée plus blanc que blanc façon Aux Forges de Vulcain.

« L’Appel des Qurante » : La documentation ne fait pas tout

Ouloulou, c'est qu'avec tout mes space ops et compagnie, j'ai pas beaucoup regardé ce qui est sorti cette année en fantasy française. L'occasion pour moi de se plonger dans le cycle de La rose de Djam par Sandrine Alexie, spécialiste des cultures arabes, qui signe son incursion dans la fantasy historique en mettant en scène l'équivalent de notre Graal dans le monde musulman, une coupe surnommée la Rose, dans laquelle se cacheraient tous les secrets du monde. Bon, je vous avoue, si je l'ai choisi, c'est surtout parce que ça me faisait penser aux Lions d'Al-Rassan avec un peu plus d'epic.

« A Plague Tale » : Y’a-t-il un dératiseur dans la salle ?

C'est donc l'histoire d'Amicia, qui elle et son frère Hugo, voient leurs parents se faire tuer pour des raisons mystérieuses, et sont donc contraints d'errer dans la France de la Peste Noire poursuivis par l'Inquisition... Déjà avec un pitch pareil, on sent qu'il va y avoir du bon et du moins bon. Le secret caché par les parents, les fanatiques tout-puissants d'un Moyen Âge ténébreux, un mystérieux ennemi, ça s'est déjà vu trop souvent. L'histoire est également assez prévisible par moments ou mettant en scène des archétypes auxquels le spectateur est habitué (ce dernier point n'est pas forcément mauvais, comme on va le voir par la suite). Sans intérêt, me diriez-vous ? Bien au contraire !

TUGPÉUA #HS2 : 5 ovnis de la SF

Des ovnis qui pour une fois ne seront pas dans les livres mais les livres eux-mêmes. Après mon article sur les oeuvres marginales de la fantasy, je me suis dit que je pourrais le faire pour mes autres genres de prédilection ; et quel genre plus prédilectionnesque que la SF quand on est le Scribouillard ? Même si je m'y suis vraiment mis un peu sur le tard dans ma vie et que du coup je ne pourrais pas vous garantir la même originalité. Je ne parlerais pas non plus de textes comme Tendéléo de Ian Mc Donald, qui certes s'intéresse à une forme de vie singulière mais se penche davantage sur sa venue et ses conséquences socio-politiques que sur son fonctionnement. Non, ici, nous allons aborder des oeuvres dont le concept de base est poussé jusqu'au bout, et qui n'a été repris que peu ou prou par d'autres fictions. Et dans un genre où l'on dit qu'on aura tout essayé comme la SF, vous allez voir que c'est pas de la tarte... Et du coup forcément passionnant.