« Le prieuré de l’oranger » : Barbecue is coming

Crénom d'une pipe de poil de nouille, il faut vraiment que les médias arrêtent ça. La comparaison à GoT en première de couverture, encore, je veux bien, mais comparer systématiquement un bouquin à "Tolkien, Robin Hobb et G.R.R.R. Martin", non seulement c'est à la portée du premier mercantiliste venu, mais en plus ça revient à dire que la littérature blanche s'arrête à Camus, le polar à James Ellroy et le cinéma italien à Rocco Siffredi. Ainsi on décrédibilise un peu plus la fantasy, et donc ce pauvre petit Prieuré de l'Oranger qui n'avait rien demandé à personne. Acheté parce qu'il était appétissant (près de 1000 pages, le bougre) et sur les conseils de l'Ours Inculte, je pensais prendre un sacré pied loin de tous les poncifs du genre. La vérité sera plus nuancée... même si le résultat s'avère très satisfaisant.

« La nef céleste » : Les spoilers sont nos amis*

Mon studio croule sous les livres à rattraper pour les partiels (déjà passés), et j'ai besoin de faire un bon break par moments (à peu près cinquante pages de divertissement pour cinq sonnets de Ronsard, c'est jouable, non ?). Et ça tombe bien, parce que je n'ai sélectionné pour cette année quasiment que des lectures enthousiasmantes, à commencer par la trilogie d'Alamänder. J'avais adoré La Porte des Abysses, La Citadelle de Nacre m'avait laissé un peu plus perplexe malgré ses grandes qualités ; restait à savoir si La nef céleste allait remonter le niveau bien plus haut que ne l'avait jamais fait la fantasy française, avec son fameux twist-de-l'enfer-de-la-mort-qui-tue dont on m'a bien prévenu que j'adorerais ou que je détesterais. Reste à savoir désormais ce que moi j'en penserais... C'est désormais chose faite.

« La citadelle de nacre » : Passionnant mais perfectible

On avait quitté Jon le détective magique au beau milieu d'un cliffhanger de la mort qui tue, bien malin qui saurait dire désormais comment Alexis Flamand allait continuer son cycle d'Alamänder. Le problème étant que le tome 2 d'une trilogie s'avère souvent le plus faiblard, car il s'agit de celui où s'effectue la transition vers le grand final. Et des fois, les problèmes peuvent venir d'ailleurs... Les faits sont là : l'auteur fait monter la sauce en versant vers une fantasy épique davantage qu'humoristique, allant toujours plus loin dans sa démarche de remplacer les codes de celle-ci par ceux de la SF. Cependant, à force d'avoir été conditionnés par d'excellentes idées en permanence, on finit par devenir exigeants. Quitte à s'en rendre sacrément critiques sur ce qui passait jusque-là comme du beurre...

« La porte des abysses » : Hard light lovecraftian science-fantasy policière (et en plus, c’est marrant)

Vous vous souvenez ? C'était y'a quelques années de ça. Les découpages de livres en France, c'est la foire à la saucisse, alors du coup il y avait eu cette trilogie découpée en cinq volumes ; c'est alors qu'une jeune maison d'éditions passablement ambitieuse (...) décidait de lui rendre le nombre de volumes qui lui était dû avec des illustrations attirant fortement l'attention des chalands. Dont moi.

« Haut-Royaume – L’héritier » : Le matou revient, il est toujours vivant…

Le cavalier hésitait à franchir la porte de la taverne de PNJ. Il s'agissait d'un des bas-fonds les plus sales et les plus ignobles d'Ariole. Les tueries y allaient en nombre croissant depuis que s'y étaient réfugiés les derniers survivants de la Garde d'Ynox. L'air était vicié et l'alcool venait encore l'empuantir, au bon plaisir des prostitués, mercenaires ou ivrognes, quand ils n'étaient pas les trois à la fois. Assis à une table, un homme d'âge mûr, les cheveux noirs, dont les muscles proéminents n'avaient d'égale que son fier organe que la pudeur cachait d'une feuille de vigne, fumait une pipe à l'abri des recoins obscurs.

« Haut-Royaume – Le chevalier » : La mortecouille attitude

On a tous un pote qu'on a pas revu depuis des années et qu'on se dit qu'on a toujours hâte de se revoir. Quand Julien Rigon, acteur et rôliste ayant monté sa propre boîte, la Compagnie du Bouclier Arverne avec Florian Bourgeat (que je recommande chaudement au passage) m'évoquait Haut-Royaume dans son flot de bonnes recommandations, il ne fallait pas s'étonner que la saga de Pierre Pevel qui semble la plus classique dans son exécution soit néanmoins à son image : un manichéisme soit mais très loin d'être absolu, des situations qui fleurent bon le JdR sur table, et surtout des ribaudes à tous les coins de rue. Alors, classique, ça l'est, certes, mais tout en restant loin d'être inintéressant.

« Les Portes de la Maison des Morts » : Idéal à lire avant de s’endormir

Erikson est de retour dans le game, six mois après la sortie du premier tome pour-de-bon-cette-fois de sa grosse saga DF Le livre des martyrs. La blogosphère s'emballe pour un nouveau tour de manège, arguant que c'est encore meilleur que le tome 1. Ce qui est plutôt encourageant quand on savait la bonne facture du premier. Et le résultat ? Disons que c'est pas toujours une série dans laquelle je prends mon pied, mais force m'est de moi aussi constater sa grande qualité.

« Les jardins de la Lune » : Kruppe recommande

Ça a commencé par l'histoire de deux gars qui sortaient des cours et l'un d'entre eux a dit à l'autre : "Bon, on se revoit ce soir avec Donjons et Dragons ? J'ai une idée de monde qui devrait te plaire." Ces deux gars, c'était Steven Erikson et Ian C. Esselmont. Quelques jours plus tard, une concierge devait les retrouver sous un amoncellement de cartes, scénarios de films, de romans, manuels de langue imaginaire, et ils en fabriquaient encore ! Les deux compères avaient en effet créé un monde qu'ils ont approfondi pendant plus de 18 ans, et se sont ensuite lancés dans des sagas monstres chacun de leur côté.