« Batman : Année Un » : J’en reprendrais bien une louche

C'est toujours un plaisir de tourner des courts-métrages chez Arthur Aioutz. Oui, malgré le fait qu'on soit à 1000 mètres d'altitude et qu'il se mette à neiger, grêler, brumer et pleuvoir dès qu'on veut tourner une scène. Malgré le fait que son équipe se mette à nous partager ses découvertes culinaires comme la persillade de testicules de sanglier (authentique). Et malgré le fait qu'il y ait si peu de bières. Parce que chez lui, on a un tas de sacrée bonne lecture.

« Pars vite et reviens tard » : Pas de bêtises, Decambrais

Un air de jazz s'élève depuis le comptoir miteux de la Bodega, sinistre établissement stéphanois où je bourre ma pipe en attendant mon café sans sucre. Il s'agirait de parler d'autre chose que toujours les mêmes genres, alors j'ai pris un polar, un vrai de vrai. Malgré tout il reste quelques éléments science-fictifs : par exemple, il y a un breton qui s'entend bien avec un normand.

« L’Aleph » : L’Edgar Poe latino

C'est un drame en France : d'une part l'Imaginaire est méprisé (et dès lors qu'un livre fait trop de vues, il est recatégorisé en classiques) alors qu'il n'est pas forcément hostile ou éloigné de la littérature blanche ; d'une autre en bons gros chauvins on jette par la fenêtre tout ce qui n'est pas Imaginaire ou De-Notre-Mère-Patrie-America (et plus largement tout ce qui est littérature). (...) Et c'est pour ça aussi que je vous recommande (pour l'instant) le label L'Imaginaire Gallimard, qui tente de lever ces deux injustices en proposant non seulement des ouvrages du monde entier mais aussi de la littérature de genre lavée plus blanc que blanc façon Aux Forges de Vulcain.

« Axiomatique » : Le secret des S pour apprendre leurs cours

On compare parfois Greg Egan à Ken Liu parce qu'ils font de la SF, ce qui est absurde selon moi car cela reviendrait à comparer Hugo et Zola parce qu'ils font de la littérature du XIXe. Liu est à fond dans les rapports humains, Egan dans les concepts abstraits et mindfucks. Ce qui lui vaut du coup d'être considéré comme un auteur minéral, glacé, aux personnages sans âme, au style froid et inexistant et aux écrits incompréhensibles au commun des mortels. Je pensais donc tenter ce recueil en toute connaissance de cause, ne sachant pas si j'allais continuer jusqu'au bout. Mais force m'est de constater une chose, c'est que la réputation, c'est comme les slips, les enfants : ce qu'on vous colle aux fesses n'est pas forcément ce qui vous reflète le mieux.

Intheconcours, édition 1

Ceux qui me suivent depuis assez longtemps déjà savent qu'il m'arrive de glisser de temps à autre une allusion au youtubeur Inthepanda : il s'agit sans doute d'un chroniqueur parfois subjectif et bien moins approfondi que son confrère le Fossoyeur de Films, mais son travail est incontestablement soigné et j'apprécie la sincérité avec laquelle il l'effectue. Alors, lorsqu'il décide lancer un concours de courts-métrages, je suis dans les starting-blocks.

« Soleil vert » : 52 ans et toujours la même claque

Harry Harrison était un auteur de SF connu de son temps pour avoir écrit ce dont je vous parle aujourd'hui : un roman réaliste et désabusé, crasseux, dur, violent, pessimiste, dégueulasse. Bref, vous l'aurez deviné, c'est ce que j'ai lu pendant mes vacances d'été (essayez de bronzer dans la Meuse entouré de molosses en folie, qui plus est, et vous aurez un aperçu de mes mois d'août). Alors qu'on soit très clairs là-dessus : si l'ambiance est à la dépression nerveuse, il n'en reste pas moins que nous avons là affaire à un texte brillant et de haute qualité qui un demi-siècle après sa parution est toujours glaçant et pertinent... jusqu'à un certain point.