On retourne dans l’univers merveilleux du capitalisme saccageant l’espace mais avec de la bonne piquette : La Hanse Galactique nous livre ici son second tome, mêlant humour, sciences, stratégies en tous genres avec tout de même un peu d’humanisme. L’occasion de revenir dans l’univers drôle mais impitoyable des Princes-Marchands.

L’occasion aussi de découvrir David Falkayn, un nouveau héros encore jeune gringalet mais très intelligent. Le fait qu’il soit souvent en position d’infériorité malgré ses pirouettes finales font créer un certain attachement pour lui, bien que l’on regrette l’excentricité de celui qui aurait pu être son maître spirituel — pour ma part, j’étais comme RaAak devant Mr. Propre chaque fois qu’il se pointait un bout de Van Rijn).

Dans l’ensemble, dites-vous qu’on est sur la même qualité, mais certaines ficelles commencent à se faire sentir : les chutes sont moins systématiques que dans Fondation quand on sent pourtant que certains textes à peine retouchés auraient pu être nettement plus percutants, les longueurs se font sentir sur les textes dépassant la cinquantaine de pages, les femmes au mieux sont absentes, au pire servent systématiquement de love / sex interest (à part peut-être dans la dernière novelette). Du reste, si vous aviez aimé Le prince-marchand, vous ne pourrez qu’apprécier cette digne suite.

La roue triangulaire

Falkayn et son équipage échouent sur une planète qui a les moyens de réparer leur vaisseau. Problème : il est juché tout en haut d’une montagne et l’usage de la roue est interdit par un dogme religieux local. Un texte cultivé sur le plan philosophique comme théologique, avec une chute s’inspirant d’une fameuse propriété mathématique… que j’avais découverte totalement par hasard longtemps auparavant !

Un soleil invisible

Falkayn doit espionner les extraterrestres Kraokas qui pourraient bien déclencher une invasion. Un récit complexe mais reposant sur un raisonnement final remarquable, bien que l’idée d’un troupeau de planètes errantes m’ait franchement surpris. N’étant pas une bête en sciences, je ne dirais rien pour cette fois…

Ésaü

Le jeune Dalmady doit s’entretenir avec Van Rijn suite à son renvoi après une initiative personnelle pourtant couronnée de succès. Le grand personnage fait peu d’apparitions mais sait se faire imposant à chaque fois. C’est au final plus sur lui-même que sur Dalmady, encore bien innocent face au maître-gouailleur, que repose le récit. Un bon texte, sans plus.

Cache-cache

Van Rijn et son équipage se retrouvent coincés à l’intérieur d’un vaisseau-zoo dont ils essayent de connaître la race qui le pilote… sachant qu’il pourrait s’agir de n’importe quelle créature. Un texte avançant des idées très originales sur la biologie extraterrestre tout en proposant un récit une fois encore basé sur la déduction.

L’ethnicité sans peine

Jim, Betty et Adzel, trois jeunes étudiants cosmonautes se retrouvent dans les choux quand Jim se voit obligé de jouer un numéro au festival de l’Homme, une institution promouvant le terroir humain… avec quelques relents réacs. Un excellent texte, sans doute le meilleur du recueil, incisif et grinçant, sur lequel il serait criminel de dire un mot de plus ! (C’est effarant de voir qu’on avait déjà dans les années 60 la même novlangue / fashlangue que maintenant…)

Conclusion

Le cycle se poursuit avec le même brio, diversifiant ses protagonistes tout en sachant garder à peu près le même piquant. On a tout de même hâte que les différents héros de l’univers se rencontrent pour former les avengers du merchandising cosmique, ce qui ne saurait tarder, puisque c’est tout de même pour notre culture…

Voir aussi : le tome 1

La culture terrienne est certifiée promue également chez : Apophis, Lutin82, Célindanaé, Dyonisos, …

2 commentaires sur « « Aux comptoirs du cosmos » : Un morceau de choix »

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