Bonjour, ceci est une intro rédigée à la va-vite. Alors, vous devez savoir qu’on aime bien les mélanges farfelus chez le Scribouillard, justement parce que c’est des trucs que personne a tentés auparavant, et c’est pour ça que ça vient apporter un vent de fraîcheur dans le monde de la culture… Alors voici un petit échantillon de mes trouvailles les plus insolites de ces derniers mois.

Sparrows Swarm and Sing – O’Shenandoah, Mighty Death Will Find Me

51Pc4PQB9vL._SX355_Vous en avez peut-être déjà rêvé : mélanger post-rock et dark cabaret, impossible ? Sparrows Swarm and Sing est ce qui s’en rapproche le plus en y injectant de la chanson irlandaise ; c’est donc d’une sorte de micro-dérivé, le « dark pub », qui est créé ici pour les puristes, mais très franchement on dirait vraiment du Wiremux dans ses plus belles heures. Après un premier morceau de 25 minutes (!) vaguement saupoudré néofolk, O’Shenandoah, Mighty Death Will Find Me part en effet en cacahuète en faisant intervenir des chœurs et du violon, le tout désaccordé et lorgnant parfois vers l’expérimental pur et dur. Ça braille, ça fait du vacarme, ça dégueule. Et c’est bien sûr teinté de mélancolie.

Mais aussi d’une brutalité rarement égalée dans le post-rock, enfin le bon post-rock qui a compris que le tout c’était pas de faire du bruitisme à tout prix. Déployant ainsi des ambiances grotesques, inquiétantes, mais aussi parfois tout simplement magnifiques, O’Shenandoah est un pur ovni, qui mélange avec un désir de retour à la nature des samples de métro, qui mêle au violon des révèrbs de malade quand on s’y attend le moins, qui massacre ses instruments en même temps qu’il les épouse. Il y a fort à parier qu’on a là un album cathartique, et peut-être pas à mettre dans toutes les mains.

Nanowar of Steel – Norwegian Reggaeton

a0911466371_10Mélanger reggae et metal, on a déjà essayé, c’était sympa mais ça marchait moyen. Par contre, est-ce que vous avez déjà pensé à mélanger ça… avec du reggaeton ? Découvert grâce à Stéphane Gallay, que je ne remercierais jamais assez pour m’avoir montré ce genre de trucs idiots, ce single est aussi bien une parodie sans pitié du TRVE BLACK que de Despacito et ses petits copains. Et force est de constater qu’ils en reprennent admirablement bien les codes, musicaux comme visuels (traduisez pour ce dernier point : il y a autant de postérieurs dans le clip que dans un Mekteub) tout en y mêlant un refrain tout en basses grondantes où les métallos se tournent eux aussi en dérision. Je ne dis pas que je déteste à présent moins le reggaeton, mais ce morceau est débile, crétin et profondément stupide ; je ne pouvais donc que le saluer.

Diplodocus – Slow and Heavy

a1696442565_16.jpgDe la musique de dinosaures, on a essayé d’en créer, avec des percussions pour le côté primitif, des cris de singes, de tigres ou d’oiseaux pour faire les bestioles. On retrouve comme ça certains travaux de Derek et Brandon Fietcher (qui malheureusement préfèrent trop souvent la quantité à la qualité), la superbe BO de Dinosaur, mais à présent voilà que déboule Diplodocus, qui lui va essayer d’en faire à la sauce… dungeon-synth. Ça a l’air idiot dit comme ça, mais l’esthétique « synthé crasseux et sons archaïques distordus » est parfaite en termes d’ambiance. Cela dit, on peut pas dire que ça va très loin non plus : très vite, l’auteur finit par se répéter dans ses samples assez lourdement. Le micro-sous-genre du dino-synth semble mort-né, mais au vu du nom de l’artiste, on devine qu’il ne va pas s’en arrêter là. C’est tout le bien qu’on lui souhaite.

(Et gracieusement offert avec par la maison, bien évidemment : )

Nicholas Camp and Don Thiel III – Orbit

ORBIT.jpgDUST aime bien les réécritures d’histoires anciennes : la fois d’avant, c’était Jonas, ce coup-ci, c’est Le Cœur Révélateur de tonton Poe qui s’envoie dans l’espace. Au premier abord, on en voit difficilement l’intérêt, mais la dimension science-fictive apporte bel et bien des trucs, que ce soit une angoisse liée aux objets flottants ici réinterprétée comme étant de l’apesanteur, ou encore le rose de la planète gazeuse en couleur dominante d’abord semblant un choix cucul-la-praline, mais s’avérant au final coller parfaitement à une ambiguïté entre la lisseur et la pureté du monde rationnel par rapport à celui complètement organique dans le crâne de l’assassin. Signalons aussi une fin alternative qui vient renforcer l’aspect destructeur du héros, mais qui du coup abandonne le côté moral de la nouvelle « les méchant seront punis » et sombre cette fois tout bonnement dans l’horrifique.

Bref, on aime pas l’épouvante sur C’est pour ma culture, mais force est de constater que ce court-métrage reste techniquement et analytiquement abouti. Et ce qui m’a décidé à le regarder et à vous en parler, c’est la beauté de chaque image : quelle colorimétrie, quoi ! La précision et la beauté avec laquelle sont restitués les astres, et tout particulièrement la planète gazeuse, mérite que l’on voit les premiers plans du film. Conformément à mon éthique, néanmoins, je ne le mets plus disponible sur le blog comme je l’avais fait pour Nano.

Le Maki Nova

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C’est le moment de vous parler un peu cuisine de notre belle France, parce que c’est quand même pas rigolo de manger du saucisson tous les jours : et si on parlait un peu de l’établissement du Puy-en-Velay où j’ai fêté mes 18 ans ? Le Maki Nova, bar à sushis réputé pour sa grande qualité, a ainsi décidé de sélectionner uniquement du bio et du local. Et par conséquent de mêler… cuisine japonaise et auvergnate.

Alors ça reste toutes proportions gardées, il y a quand même 90% de nippon. Mais les 10% restants font toute la différence : la déco japonaise est moins prononcée, visant avant tout un aspect zen plus que celui des estampes traditionnelles, et dénationalisant ainsi un peu le lieu ; les poissons ne sont pas les mêmes que ceux habituellement utilisés ; enfin, les fruits de saison étant de rigueur, ils ont décidé d’en mettre un peu partout… Avez-vous jamais goûté à des sushis à la fraise ? Eh bien pour cette fois, il va falloir me faire confiance !

Enfin bref : le Maki Nova est un restaurant cher mais délicieux, agréable et original, et qui prouve une fois de plus s’il est besoin que dans le Massif central il n’y a pas que des vaches et des tranceux. Après, je dis ça, c’est pour votre culture…

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