Attention, attention, encore une fois : je ne dis pas que l’effondrement va arriver, mais je pense qu’il est maintenant communément admis que notre avenir ne sentira pas la rose. Encore une fois, je vais tenter de regarder la situation de la manière la plus objective possible, mais il sera difficile de garder une parfaite neutralité ; je serais autant mesuré que faire se peut, mais si les avis politiques vous filent de l’urticaire, fuyez cet article. Sachez juste que le reste de mon blog est quasi-entièrement neutre.

Le fait est que nous avons face à nous l’éventualité d’un effondrement, et que personne en-dehors des mouvements pour le climat qui commencent tout juste à un peu botter des trains, je dis bien personne en politique n’est prêt à le concéder. Donc, s’il y arrive, personne n’y sera préparé. Quand bien même il ne se produira jamais, ne vaut-il pas mieux s’en servir d’épouvantail pour justement faire en sorte qu’il n’arrive pas, et chercher à construire une société plus durable ?

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« À ce que dit cet Hari Seldon, Trantor chutera avant qu’on ait le viager. — Mais non, ça n’a aucune chance d’arriver ! Faites-moi confiance. »

Jugez plutôt : quand vous dites à votre gosse de regarder avant de traverser, quand bien même il n’est pas la moitié d’un imbécile sur ce plan-là, vous le dites quand même, par mesure de précaution. Et là, quand la société est sur le point de se scratcher royalement dans une orgie de populismes, de guerres, de crises économiques et de catastrophes naturelles, ne vaudrait-il pas sérieusement envisager cette possibilité, par mesure de précaution ?

J’écris en grande partie ce billet en réaction à un certain trader « délibérément libéral » écumant les journaux, Laurent Alexandre, ovni d’autant plus grand qu’il rédige nombre de ses articles dans des journaux de gauche alors qu’il donnerait à n’importe quel gauchiste l’envie de brandir un crucifix. Il semble être documenté, je lui fais confiance là-dessus, il démonte pas mal d’idées reçues écologistes, et son système de pensée est parfaitement cohérent. Mais il ne prend pas en compte — et pour moi passe sous le silence — un certain nombre d’inconnues. Certes la décroissance ne se fera pas sans de profondes perturbations économiques et semble impossible comme je l’avais dit précédemment, mais d’une, ce n’est rien face à l’épée de Damoclès que constitue la bourse de ces dix dernières années, et de deux, toujours comme dit dans le Faut qu’on en parle originel, on peut pas exploiter indéfiniment un système fini. Certes l’Amazonie n’est pas l’organisme qui nous pourrait nous sauver d’un surplus de CO2 et elle avait des feux fréquemment (selon lui) par le passé, mais la laisser brûler, c’est laisser brûler des millénaires de civilisation primitive à découvrir par les chercheurs, d’espèces voire d’écosystèmes endémiques ce qui pose quand même, vous m’excuserez, un léger questionnement éthique, de plantes dont nous pourrions médicalement tirer parti ; c’est ni plus ni moins laisser cramer la bibliothèque d’Alexandrie. Certes la 5G pourrait servir pour alimenter les milliards d’africains du futur ; mais ne serait-il pas plus sage de d’abord les encourager à la contraception et ainsi limiter la population, et de se contenter des générations de connexions précédentes ? (Je n’aborde même pas la question des électrosensibles, puisque grâce à l’État et la médecine français, ça n’existe pas…) Rajoutez à ça un peu de mauvaise foi et vous vous apercevez à votre grande stupéfaction que le monde n’est qu’un carnaval de savants hypocrites, de jeunes écervelés, et d’une sinistre gouroute à tresses dont il ne sortira assurément rien de bon.

Enfin, tout ça pour vous dire : arrêtons notre char deux secondes. La voiture électrique, tout le monde a compris qu’ils nous refaisaient le coup des agrocarburants. L’éolien et le solaire, il faut pour ça des terres rares extraites dans des conditions dégueulasses. La fusion nucléaire, c’est pas de sitôt, sans parler que l’idée de continuer à triturer un atome me rend assez perplexe quand on sait ce que des collisions entre eux ont pu déclencher. La croissance verte, ça n’existe pas. Ou on tente la décroissance, ou on décide de finir l’humanité dans tout ce qu’elle a de pire. Même si elle a l’air destinée à se scratcher, essayons-la, cette décroissance. On a plus que ça.

Et ça me désole de voir les milieux altermondialistes avec cette étiquette de hippies achetant des revues écrites par les pieds de Docteur Grand-Marabout La-Sagesse-des-Astres. Quand on sait que dans ces mêmes milieux on a aussi des scientifiques formidables, des gens cartésiens (entendez par là : pas forcément athées, mais qui se fient à des raisonnements plutôt que des croyances) qui ne font pas de l’écologie une religion, des personnes qui ont des idéaux ET les pieds sur Terre. Et le seul idéal que je vois en ce moment est celui dévoyé par tous et qui semble nous mener droit dans le mur : celui du libéralisme. J’essaye pas de vous faire de la propagande de méchant vilain bobo-gaucho, juste… Arrêtez-vous deux secondes : l’important, c’est pas votre pouvoir d’achat, ou Notre-Dame, ou la mort de Jacques Chirac. L’important, c’est NOUS TOUS. Alors, levez-vous, d’une façon ou d’une autre, avec vos idéaux de communistes, de chrétiens pratiquants, d’apolitiques ou de socialistes, mais montrez-moi que même si on survit pas, il y avait pas juste ce cynisme dans l’humanité mais un réel désir de justice et de droiture morale. Montrez-moi qu’on mérite pas complètement ça. Qu’il y avait d’autres envies, d’autres courants de pensées. Notre monde a besoin de votre culture…

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