À force de fumer des havanes en citant du Godard à travers les pages des Cahiers du Cinéma, j’ai fini par me dire : Hé, Sylvain, y’a aussi des revues sur tes autres passions, pourquoi t’en toucherais pas un mot ? Et la SF a ses magazines prestigieux, même encore aujourd’hui au niveau des pulps, trois grands mags aux États-Unis dont j’ai pas été foutu de vous retrouver les noms, mais aussi en Europe Bifrost, encensé par tous les spécialistes (en-dehors de quelques-uns qui, contre vents et marées, le décrivent comme le Télérama local).

Eh Bifrost… Bah perso, ça m’a jamais fait trop envie. Le prix, honnête mais plus élevé qu’une revue standard, la direction artistique qui joue un peu sur le pulp mais pas trop non plus, les pages tout en noir et blanc… OK, donc, là, il va y avoir un numéro sur la Lune, osef pour moi qui suis perdu dans les exoplanètes. Sauf que :

  • Baxter est au menu, et Baxter c’est Baxter ;
  • C’est seulement là qu’on va pouvoir trouver la critique du Grand Manitou Apophis à propos du tome 3 du Livre des Martyrs ;
  • C’est seulement là qu’on va pouvoir trouver la critique du Grand Manitou FeydRautha à propos d’Anti-Glace ;
  • Marche au soleil est programmé, et c’est de la hard-SF extrême comme on l’aime ;
  • Fallait bien que j’ouvre un jour ou l’autre ce foutu magazine ! Hein ?!

On est donc partis pour ce qui, sur ma liseuse, fait plus de 1000 pages…

Édito

Une préface sur la distribution des Furtifs à travers l’Hexagone, ce qui rejoint parfaitement le point de vue que j’exprimais dans cet article, mais lui offre une perspective nouvelle : et si ce gain d’intérêt de la foule pour le genre pouvait amener à ce qu’elle se penche vers des romans plus recommandables ? (Oui, je trolle un peu cette diffusion grandiloquente à grands coups de critiques orgasmiques, kess tu vas m’faire ?). La plume est agréable comme on pouvait s’y attendre, le raisonnement pertinent. Chapeau bas.

Interstyles

En gros, l’endroit où ils publient les nouvelles des auteurs connus en rapport avec le thème du numéro.

Les hommes-fourmis du Tibet, par Baxter himself

Bon. L’idée était là : et si Les premiers hommes dans la Lune d’H.G. Wells une fois retournés sur Terre se faisaient chiper leur vaisseau par un gosse ? Le truc, c’est que ça m’a pas plus réveillé que ça : bon, je sais que j’ai pas lu le roman originel alors du coup des tas de private jokes me sont filées sous le nez, mais quand même, bah on sait que le gamin va se retrouver sur la Lune et qu’y va y rester bloqué ! Et comme on suit rien que son point de vue, tout ce qui est censé nous surprendre tombe à plat ; vu que le lecteur de SF de 2019 est pas celui de 1919, il se doute bien qu’il est devant un vaisseau, il se doute bien qu’il part dans l’espace, il se doute bien qu’il est sur la Lune, pas la peine de s’appesantir là-dessus. C’est linéaire, prévisible, très très longuet. Et comme par hasard, pour sortir des situations épineuses, le narrateur avait justement sur lui tout ce qu’il lui fallait dans sa poche… L’auteur des Xeelee a fait bien, bien mieux que ça.

Rendons néanmoins à de Rugy ce qui est à César (l’administration française, cherchez pas à comprendre) : la perception de l’environnement nouveau par un enfant est réaliste et très bien rendue. Pris sous un angle humoristique, le texte possède un intérêt à cause de la naïveté du gamin. De même, l’idée de faire de la hard science « avec 100 ans de retard », qui mélangerait théories scientifiques d’hier et d’aujourd’hui, peut avoir un gros potentiel (même si je m’attends à voir bien mieux sur ce domaine dans Les vaisseaux du temps). La chute, où se déploie soudain par la magie de l’implicite un spectaculaire sense of doom / sense of wonder nous rappelle enfin qui est aux commandes.

Tyché et les fourmis, par Hannu Rajianemi

Un texte déjà paru dans l’anthologie Edge of Infinity, dont la série Infinity est typiquement le genre de recueils de nouvelles qui m’excite le plus en ce moment. Mais juste… Qu’est-ce qu’ils ont fumé, ce jour-là ? C’est un univers complètement délirant, avec des tas d’idées bonnes comme mauvaises (la combi organique vs Sharknado dans l’espace) quand elles ne sont pas tout simplement survolées (des bactéries qui fabriquent des métaux), et comme l’immersion est super-brutale, eh bah on peine à tout imaginer tellement c’est farfelu, ce qui rend ça vraiment indigeste.

En gros on est dans un futur ultra-lointain sur la Lune pour que ça colle du coup au thème du Bifrost (me demandez pas pourquoi, d’ailleurs), et la technologie est tellement avancée qu’on nage en plein dans la Troisième Loi de Clarke : tout a l’air magique au point que l’ensemble fait conte de fées. Tyché, prisonnière d’un futur trop ennuyeux, se réfugie ainsi vers une Autre Lune, moins réaliste et plus fantaisiste, avec des êtres de lumière comme 💗 Calinours 💗 et des TERRIBLES MÉCHANTS [intonation du Joueur du Grenier], à savoir… des fourmis.

C’est fantasque, foutraque, déjanté, au final pas mauvais mais pas bon non plus. En tout cas, il est impossible nier à Hannu Rajianemi dans l’originalité une réelle ambition. On peut y voir une métaphore de l’enfance qui s’en va, ce qui reste un thème on ne peut plus rebattu et en bien mieux (L’Histoire sans Fin, ET, Quelques minutes après minuit…). Ne nions pas cependant une certaine forme de tendresse. Car même si je reste mitigé, Tyché et les Fourmis est le genre d’Imaginaire que j’aurais aimé écrire gamin : inclassable, surréaliste, et profondément rêveur.

On met plein de fourmis aussi chez : Apophis, FeydRautha, …

Marche au soleil, par Geoffrey A. Landis

Marche ou crève. Journée pourrie pour Patricia, qui vient de se scratcher à l’autre bout de la Lune. Elle va devoir la parcourir pour arriver aux secours… Tout en sachant que si elle traîne trop, elle va perdre le précieux éclairage du soleil, et, comme dirait Alain Chabat, « ça va être tout noir ».

Comparé au Sultan des Nuages, les reproches qu’on pourrait faire à Geoffrey A. Landis sont en grande partie estompés. Si le réalisme est toujours omniprésent (tout en restant accessible), j’ai trouvé le style bien meilleur, entraînant une profonde immersion psychologique renforcée par un personnage bien plus développé que ceux qu’on avait pu y trouver. Enfin, la nouvelle vient se teinter d’une touche de fantastique avec l’astronaute, qui peu à peu sombre dans la folie. Le seul reproche que je pourrais faire au final, c’est : si les secours étaient d’abord venus à l’autre bout de la Lune, comment ont-ils fait à la fin pour arriver aussi vite ?

On fait aussi le marathon chez : FeydRautha, …

Après un jugement dernier, par Edmond Hamilton

La peste A a éradiqué l’Humanité. Les seuls survivants, en raison de la distance, sont les astronautes sur la Lune…

Un texte lent et dépressif dans sa première partie, mais devient nettement plus interpellant dans sa seconde moitié : que conserver de ce qui reste de l’Humanité ? La nouvelle possède également plusieurs bonnes idées : l’explication de l’origine de la peste A, le fait que l’humain ne puisse pas supporter une accélération supraluminique mais une machine si ; notons enfin qu’il s’agit d’une des premières œuvres de SF à introduire le mot « cyborg » (bien qu’il définisse ici les androïdes).

Carnets de bord

Ballades sur l’arc

C’est parti pour le cahier critique ! Apparemment, Bifrost n’hésite pas à sortir le sel et les fourches pour les autres revues, et il décerne chaque année le Razzie du pire livre. Naturellement, je vais avoir mon mot à dire…

Objectif Runes

Les critiques de roman et de recueils de nouvelles. Au passage, je le rappelle, c’est officiel, les camarades FeydRautha et Apophis ont bel et bien rejoint les rangs, et c’est avec vous vous en doutez un grand plaisir que je découvre leurs critiques inédites.

  • Red Moon : Kim Stanley Robinson n’est toujours plus que l’ombre de lui-même, si j’en crois cette chronique. L’idée de dénoncer le totalitarisme chinois me semble primordial, mais il ne faut pas pour autant négliger tout le reste au travers d’un récit. Cela dit, sans les descriptions interminaaaaables, j’y aurais bien jeté un coup d’œil…
  • En direct de la planète minuit : Un recueil de nouvelles qui semble appréciable, mais pourquoi n’en avoir mis que trois ? Et pas un mot sur celle qui donne son nom à l’ouvrage…
  • La Tétralogie Noire : 1200 pages de désespoir anticipé sur notre monde actuel, sans nul doute un ouvrage recommandable, mais avec mon cafard habituel et le fait que ça ne changera rien à la société, je crois que je vais dans l’immédiat plutôt fourrer mon nez ailleurs…
  • Risque zéro : Je sentais ça venir dans le résumé : presque pas de SF, de la caricature sociale à l’emporte-pièces*, une histoire qui vire brusquement de bord… 300 pages de désespoir en rab, mais si cette fois en plus c’est une plantade, non merci.
  • Reincarnation Blues : Un roman humoristique sur le karma ? Pourquoi pas, mais pas de sitôt non plus.
  • L’Outsider : Une critique un brin dithyrambique sur le dernier Stephen King. L’hécatombe qu’y voyait L’Express m’a davantage convaincu.
  • Ce matin, maman a été téléchargée : Les gars, vous voulez du postcyberpunk humoristique ? OUAIS ! Avec une vieille qui décide de s’uploader dans un corps de bombasse ? OUAIS ! Et son fils qui doit la supporter ? OUAIS ! Ça s’appelle Ce matin, maman a été téléchargée, et ça ressemble à une sitcom de TF1. NON !
  • Les chasseurs de sève : Laurent Genefort a frappé double, cette année ! J’ai hâte de découvrir son nouveau bouquin, surtout avec tout le bien qu’on en dit.
  • La forêt des araignées tristes : Une critique constructive et hilarante qui confirme tout mon désintérêt sur ce bouquin.
  • Aux limites de l’infini : Décidément, je n’entends que des éloges de ce recueil, va sans doute penser à lui faire une petite place…
  • Chevauche-brumes : Une critique toute en nuances sur ce qui, décidément, semble être le gratin de la DF française…
  • La chanson d’Arbonne : Tiens, ils le rééditent ? Je l’avais vu en bibliothèque fût un temps, et j’aurais bien aimé le prendre, tout en craignant une déception à côté des Lions d’Al-Rassan… Je vais peut-être attendre encore un peu.
  • L’ensorceleur des choses menues : Du bon vieux med-fan avec deux-trois idées novatrices dans le magicbuilding ; j’avoue que j’étais bien tenté, et que j’y aurais porté un regard bienveillant. Les critiques de Boudicca et Bifrost le confirment : c’est un très bon livre… avec un regard bienveillant.
  • La guerre sans fin, tome 1 : Paria : Une bonne analyse de la fameuse nouvelle grosse trilogie de SF militaire dans les bacs.
  • Infestation / Éclosion / Destruction : Du post-apo zombie bien brutal avec des araignées à la place des zombies… Je ne doute pas d’un certain talent pour la mise en scène, mais ce genre de trucs commence à vraiment envahir (lol) la SF actuelle.
  • Le livre jaune : La description du nouveau Michael Roch esquisse quelques trucs qui pourraient me plaire, mais quand est-ce qu’il va enfin reprendre sa chaîne Youtube…
  • L’âge de cristal / Retour à l’âge de cristal : On me l’avait vanté comme un classique du nanopunk, et si le dixième de ce qui est raconté ici est vrai, c’est juste une dystopie lambda torchée à la sauce Le monde vert. Un livre de moins à lire ! Et une critique désopilante en plus.
  • La Chasseuse de Trolls : Repéré en librairie, une chronique qui confirme mes attentes et mon intérêt.
  • La Loterie et autres contes noirs : Ce qui m’a l’air d’être un cas d’école en matière de style.
  • Nous sommes Bob, tome 3 : Tous ces mondes : La critique que j’avais pu lire sur le tome 1 laissait présager un bon début de saga dans lequel l’auteur perdrait sans doute peu à peu ses défauts… ce qui n’est visiblement pas le cas.
  • Souviens-toi des monstres : Du fantastique de fête foraine, qui me fait franchement hésiter.
  • Sur Mars : On fait beaucoup de retours positifs sur cette novella, mais elle me semble (trop) classique pour me sortir de mon trou.
  • Colonies : Un avis beaucoup plus indulgent que le mien, mais que je rejoins en fin de compte.
  • Ceux des profondeurs : Une analyse courte et très bien ficelée.
  • L’Interdépendance, tome 1 : L’effondrement de l’Empire : Une critique enthousiaste qui me fait me dire : pourquoi pas ? Mais j’en connais qui doivent bondir devant la remarque sur Honor Harrington… xD
  • Étranges Éons : Encore un truc sur Lovecraft, et malheureusement, autant d’un côté ce mec me fascine pour la manière dont il est arrivé à tisser une mythologie complexe et détaillée entre des nouvelles indépendantes et une aura toute particulière, autant bah les textes d’horreur m’attirent pas plus que ça et j’ai vraiment l’impression que ça devient une mode de publier tout le temps tout un tas de bouquins sur lui.
  • Je suis Providence : J’avais dit quoi sur Lovecraft ?
  • La Cour d’Onyx, tome 2 : Gît dans les cendres : Une autre version de la critique qu’Apophis avait posté sur son blog. Et ça m’a toujours l’air aussi excitant !
  • Simili love : Le genre exact de dystopie médiocre que je n’en peux plus de voir ressassée.
  • Le Chant mortel du soleil : Encore une critique qui réveille mon intérêt… quand bien même je me montre ô combien méfiant vis-à-vis du style.
  • Nouvelles de Jack Vance 1952-1982 : Ça met les crocs…
  • Élévation : Surprenant de la part de King, qui d’habitude fait dans l’horreur et disait qu’il ne publierait jamais ses novellas…
  • Trois coracles cinglaient vers le couchant : J’aime bien la fantasy arthurienne, mais là… Curieusement, ça m’excite pas plus que ça !
  • Plop : De la blork-SF. Je vais expliquer dans le très prochain article sur Le Transperceneige pourquoi ce genre de fictions ne m’intéresse pas plus que ça.
  • Le Grand Midi : Intriguant.
  • Connerland : Trop hasardeux pour que je m’y tente.
  • Braises de guerre : On le voit partout ces temps-ci, mais c’est la première critique négative que j’en vois. Mon intérêt n’est pas pour autant complètement douché…
  • La Chute de Gondolin : Encore un texte augmenté du Silmarillion, mais comme annoncé dans la chronique, ça n’excitera que les fans de la première heure.
  • Dracula et autres récits vampiriques : La SFFF entre dans la Pléiade, ce que je vois, vous vous en doutez, d’un très, très bon œil.
  • Les Furtifs : Toujours le même avis qui revient : « C’est une purge, mais je ne peux pas m’empêcher d’adorer ça ». Je crains de devoir dire la même chose un jour…
  • Les meurtres de Molly Southborne : Une idée de prisme d’analyse très intelligente en faisant un parallèle avec les origines de l’auteur.
  • Terminus : Encore et toujours des éloges, mais celle du Culte d’Apo reste décidément la meilleure en terme d’exposition des idées-phares au-delà du côté thriller.
  • Rosewater : Voilà qui m’a tout l’air d’une agréable surprise !
  • Journal d’un AssaSynth, tome 1 : Défaillances système : Un petit bouquin qui m’avait eu jusque-là l’air insignifiant mais plus après ce résumé plutôt cool, avec un robot tueur qui s’avère une vraie enflure misanthrope avec des goûts de chiottes en matière de séries… Alléchant !
  • Le livre des Martyrs, tome 3 : Les Souvenirs de la Glace : 1200 pages de nihilisme, de viols, de génocides, et surtout, SURTOUT de ces infernaux « Yep » !!! Non, non et non, je ne signerais pas !
  • Les naufragés de Velloa : Mouais… Ça m’a l’air du space op pas assez pieds sur terre pour être full politique et trop réaliste pour jouer à fond la carte du rêveur.
  • Danse avec les lutins : Je suis toujours intéressé depuis la présentation que m’en a faite la camarade Lutin. Espérons juste que ça ne se prendra pas trop au sérieux…
  • Pierre-de-vie : De plus en plus intriguant, ce texte de Jo Walton. On me disait qu’il abordait un worldbuilding résolument novateur, une fantasy rurale comme on en voit que trop peu, un questionnement sur le polyamour, et à présent, il semblerait qu’elle table à fond sur le concept de microcosme. À suivre de près.
  • La Fleur de Dieu : Analyse très pertinente, même si je serais beaucoup moins sévère (oui, ma critique va être sacrément à la bourre, je vais être absent un petit moment) ; cela dit, je l’ai pas lu pour les mêmes raisons.
  • Diaspora : Ce qui s’annonce être un pur orgasme (ainsi qu’un vrai court-circuiteur de neurones).
  • La porte de l’éternité : Vous reprendrez la même chose (fin de l’Humanité, fin de l’Univers, disséminations spatiotemporelles), mais avec en plus toutes les grandes figures de la littérature anglaise ? Un texte complètement barré qu’on me vend tellement bien que je serais presque tenté. Si vous me suppliez…
  • Nos critiques conseillent clairement… : Une synthèse de toutes les critiques positives (amusant à noter : la note précisant que tel livre est bourré de coquilles l’est également dans mon édition en ligne).
  • Nos critiques déconseillent clairement… : Une synthèse de toutes les critiques négatives. Là, c’est encore pire, l’astérisque n’apparaît même pas !

*Ne faisons pas de jugements hâtifs pour autant, étant donné que la peur du risque zéro existe bel et bien, et que nos hôpitaux et maisons de retraite ont une réglementation de DINGUE. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Le coin des fanzines et des revues, par Thomas Day

… Et c’est là que mon édition en ligne est complètement partie en couille, avec une mise en page à l’arrache : plus d’espaces ou quasiment, texte plus justifié…

  • Galaxies NS [Nouvelle Série ?] n°56, 57 & 58 : Portrait à l’acide d’un magazine « je t’aime, moi non plus ». Alors oui, c’est marrant, mais on sent que le gars commence à frôler l’overdose. Qu’il passe donc à autre chose !
  • Solaris n°210 : Merci, Thomas Day, de m’avoir fait découvrir cette couverture nanarde digne de Bubsy 3D. Je vous rassure, le reste de l’article est bien moins féroce et beaucoup plus constructif.
  • Angle Mort n°13 : Ça donne envie d’y jeter un coup d’œil. Par contre, c’est moi ou Damasio a vraiment pas la cote, par ici xD

Paroles de… nooSFériens, par Erwan Perchoc

Une interview du fameux nooSFère, très instructive, même sans doute pour les habitués du site.

Au Travers du Prisme

Un dossier sur le rôle culturel du thème du numéro.

L’âge d’or des aventures lunaires…, par Mike Ashley

Un essai malheureusement pas retranscrit dans son intégralité sur la science et la SF lunaires pré-Armstrong. Moi qui n’en attendais strictement rien (Cyrano de Bergerac, Jules Verne, Hergé… tout le monde connaît !), je me prends une belle baffe : le géocentrisme avait déjà été écarté par les pythagoriciens… au Ve siècle av. J.-C., Lucien de Samosate est très loin de se cantonner au simple premier voyage sélénite et forme un vrai Pratchett de l’époque, toutes sortes de moyens de propulsion pour le moins exotiques ont été expérimentés…

Entre Hécate et Séléné : un parcours de lectures au clair de lune, par Theodore Sturgeon

Les ouvrages conseillés par Bifrost en littérature lunaire.

  • L’Histoire véritable : L’article fait un peu redite avec le dossier précédent…
  • Le Songe ou Astronomie Lunaire : … c’est beaucoup moins le cas ici.
  • L’Homme dans la Lune : Œuvre elle aussi déjà évoquée, cette nouvelle description utopique donne franchement envie d’y jeter un œil.
  • Histoire comique des États et Empires de la Lune : Analyse pertinente (et moi de sourire en repensant à la conférence d’un certain prof de litté très, très bavard…).
  • De la Terre à la Lune / Autour de la Lune : Critique bien pensée, qui montre malheureusement que la bonne SF satirique est trop peu souvent compatible avec celle réaliste… Heureusement qu’il y a des tas d’exceptions !
  • Sur la Lune : Eh oui, qui l’eut cru… Un auteur de hard-SF tellement soucieux que ce soit hard que parce qu’un truc colle pas dans son récit, il fallait que « tout cela n’était qu’un rêve »… Un rebondissement complètement lunaire.
  • Les Premiers hommes dans la Lune (H.G. Wells) : Un résumé qui explique pas mal de choses quant à la fantaisie de Baxter ; un conseil, lisez-le avant.
  • Le Cycle de la Lune : Je reste dubitatif.
  • Une femme dans la Lune : On dirait le scénario d’un Disney. Peut-être dans vingt ans, quand je serais un vieux nostalgique…
  • L’homme qui vendit la Lune : Oh, ça donne envie !
  • Objectif Lune / On a marché sur la Lune : On ne change pas une équipe qui gagne.
  • Les premiers hommes sur la Lune (Wehrner von Braum – oui, ça commence à en faire beaucoup) : Encore de la hard-SF, malheureusement trop datée pour qu’on puisse passer outre les défauts…
  • Les gouffres de la Lune : Un Arthur C. Clarke, ça ne se refuse jamais, mais celui-ci n’est pas ma priorité.
  • Révolte sur la Lune : J’irais sans doute voir.
  • Les Huit Mondes côté lune : Une intéressante remise en question du concept d’utopie.
  • Anti-Glace : Bon, pour moi, ce texte relève autant de la hard-SF « légère » que du steampunk « de divertissement », mais j’aurais au moins appris que l’auteur est revenu dans cet univers avec des nouvelles !
  • La Trilogie de la Lune : Ça m’a l’air un peu trop rocambolesque, mais j’aime bien Johan Heliot.
  • Luna : Rien à ajouter, ça rejoint tout ce que j’ai pu lire dessus.
  • Pour aller plus loin… : Quelques trouvailles intéressantes.

Décrocher la Lune : l’exploration humaine dans les œuvres de fiction, par Roland Lehouq & J.-Sébastien Lattès

Que de redites avec les articles précédents… Trois intérêts subsistent : une approche plus technique des œuvres déjà abordées, le cinéma davantage évoqué, et une brève esquisse des projets lunaires actuels et à venir.

Scientifictions

Des dossiers sur les rapports entre la science et la fiction, bien évidemment toujours sur le thème de la Lune.

Petit précis d’histoire lunaire, par Roland Lehouq

Un essai bref et synthétique sur les différentes découvertes lunaires. Rapide, simple et précis.

Paroles de Nornes

Un compte-rendu des actualités du monde de la SFFF.

Le Tam-Tam de la brousse SF, par Org et Erwann Perchoc

Des nouvelles sur les prix littéraires et les grosses sorties du moment. Rien à rajouter.

Conclusion

Eh bah ça fait du bien de voir qu’il existe encore une bonne presse, entre les frasques de Paris Match et le feel-goodisme en phase terminale de Phosphore. Tous les textes, à défaut d’être excellents, ne sont jamais mauvais, c’est pourquoi Bifrost est selon moi bel et bien une référence dans son domaine que je ne peux que vous inviter à acheter. Après, je dis ça, c’est pour votre culture…

On promet aussi la Lune chez : Lutin82, Xapur, Le chien critique

5 commentaires sur « Bifrost n°95 : Oui, parce que j’étais trop une feignasse pour lire les 94 précédents »

  1. Alors, quelques remarques :

    – Feyd et moi avons intégré l’équipe à l’automne 2018, pour participer à la rédaction du dossier Peter Watts du numéro 93.

    – Les critiques qu’un blogueur écrit pour Bifrost ne sont exclusives au magazine que pendant une durée déterminée, après quoi elles sont aussi publiées (s’il le juge pertinent) sur son blog, parfois dans une version « longue ».

    – Non, la critique de Gît dans les cendres n’est pas une variante de celle parue sur mon blog, vu que justement, il n’y a pas de critique de ce livre sur le Culte. Tu confonds avec celle du tome 1, Minuit jamais ne vienne. Toutes les critiques présentes dans Bifrost sont des inédits, et sont spécialement rédigées pour le magazine.

    – Oui, Les vaisseaux du temps est excellent.

    – Le texte de Rajaniemi n’est pas du tout représentatif de la qualité de son oeuvre, ni en forme courte (The server and the dragon est une claque prodigieuse), ni dans la longue (Summerland est à la fois plus accessible que le cycle de Jean le flambeur et un excellent roman).

    – Cela fait longtemps que les Razzies ne sont plus décernés.

    – Chevauche-brumes n’est certainement pas le gratin de la DF française, Jaworski et d’autres sont bien meilleurs. Il le sera peut-être un jour, mais certainement pas après un seul roman, lourdement inspiré par Jaworski et présentant d’énormes ressemblances (apparemment involontaires) avec Glen Cook.

    – Concernant la recension de Braises de guerre, elle est, comme tu l’as toi-même constaté, en décalage total avec ce que tu peux trouver ailleurs (Feyd, blog-o-livre, Babelio, etc). Je ne dis pas que Gromovar a tort (sauf sur la soi-disant non-filiation avec Banks, où il est clairement dans l’erreur -l’idéologie n’est pas le seul critère à prendre en compte-), chacun son prisme de lecture, mais je ne dis certainement pas qu’il a raison. Ce n’est certes pas un chef-d’oeuvre, mais ce n’est clairement pas la purge décrite.

    Aimé par 1 personne

  2. Ah,mais OK,en fait le grand classique du nanopunk, c’est « L’âge de diamant », pas de cristal. Je me disais aussi que ça faisait pas trop victorien. Pas ma faute si tous vos bouquins s’appellent pareil ;p

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