Je suis un lâche qui fuit devant ses devoirs, son nouveau scénario à retravailler, ses révisions pour le bac, je l’avoue. Je suis une feignasse de première dès lors que je peux rester passer mes journées dans ma chambre et je serais parti me remuer un peu en forêt si je n’avais pas une tumeur au gros orteil (le pire, c’est que c’est vrai). Mais je suis aussi un blogueur qui s’est créé des tas de catégories sur son site dont certaines vides depuis bien trop longtemps, aussi ai-je décidé de régler son cas à celle sur la deep house.

La deep house, rappelons-le, est un mouton noir de la musique électronique. Commerciale, souvent bâclée et presque pas électronique, il n’en existe pour ce que j’en sais pas de réelle définition, ce qui nous donne un panel très large de musiques allant de la progressive house (autre sous-genre boudé des vrais) à la guitare acoustique sur fond de « POUM TSI POUM TSI POUM TSI ». Essayons de vous en dresser un portrait grosso merdo : on voit dans tous les cas un usage récurrent des cymbales, du saxophone et d’un accompagnement électro plutôt minimal pour créer des ambiances « chaudes », qui rappellent l’été, l’amour et les activités phallacieuses à l’intérieur des hamacs.

Et c’est en grande partie de là que vient et son acceptation du grand public, et sa détestation de celui qui dit s’y connaître : allez faire un tour sur Youtube, regardez les mixes, et je vous parie que vous n’en trouverez pas un qui ne soit pas accompagné de photos de jeunes filles déshinibées d’un bon goût allant de « Oh là là les gros nénés » à « Oohhhhouuiiiieeuuuuaaaaarrrhhhh pourvu que ma mère entre pas dans ma chambre » sur l’échelle de Pervers Pépère. De là, les idées reçues fusent : musique arriviste, sans fond, faite pour adolescentes en chaleur et tout juste bonne à mettre dans les DJ sets de Manu Six-Neuf… La réalité est évidemment bien plus complexe.

En témoigne Colourful You de Miguel Migs, sorti en début de siècle en y alliant le downtempo et sans renier quelques touches disco, lounge, R’n’B et jazz-funk, d’autres genres où l’auteur a sévi si j’en crois mes quelques sources. Et une forte influence latino ma foi très appréciable, pour un album tout en sensualité et très éloigné des canons actuels. Disons-le, je n’ai pas accroché à tout : si la première piste est délicieusement envoûtante, les suivantes, plus classiques et aux paroles répétitives et tournant autour de l’amour, de l’amour et de l’amour, s’écoutent sans déplaisir mais ne parviennent pas à recréer la magie féline de la toute première. Malgré tout, on se laisse volontiers happer par cette atmosphère rêveuse et alliant avec justesse électronique et instruments plus traditionnels dans une ambiance mi-dansante mi-reposante qui expérimentera toutes ses facettes au fil des pistes. Messages avec sa flûte et son rythme plus emballé vient apporter un peu de diversité à l’ensemble tandis que d’autres plus calmes sont à écouter tranquillement dans son sofa. Au final, difficile de ne pas apprécier cet album et les paysages apaisants qu’il développe.

Je clos cette brève chronique avec une petite parenthèse sur le deuil que nous avons envers Notre-Dame. Oui, c’est bête de voir partir un tel patrimoine en fumée juste parce que Roger a oublié d’éteindre sa clope, et c’est beau de voir les français enfin d’accord sur quelque chose. Mais restons clairvoyants : cet incendie éclipse d’autres évènements tels que les actualités écolos dont il serait bon de débattre ou les milliers de morts de chaque guerre qui se déroule pendant que nous nous lamentons sur une simple toiture. Sans oublier que cette affaire entraînera sans doute sur Twitter son lot de théories du complot, ceux qui y verront un signe d’Allah contre les chrétiens, ceux qui y riposteront à grands coups de slogans nationalistes… Bref, on a perdu un pan de notre passé et c’est triste ; mais n’en oublions pas pour autant de prendre soin de notre avenir, et de celui de tous. Car hélas, il existe parfois des choses plus importantes que notre cultu…

— Sylvain ! Sylvain ! Ils vont refaire Dark Crystal en tout numérique !

— QUOI ?!!! OÙ QU’Y SONT TOUS, QUE J’LES BUTE !!!

Un commentaire sur « « Colourful You » : Aaaah, la chicha sous les tropiques… »

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