Livre lu pour le challenge de Ma Lecturothèque (9/48)

Le XXIIIe siècle. Des quatre coins de la Terre, des gigantesques vaisseaux partent à la conquête de nouveaux mondes. À bord de ces engins, des hommes, avides de rêves, d’aventures et d’espace, à la recherche de fortune. Qui n’a jamais rêvé de ces mondes extraterrestres, de ces nébuleuses lointaines, peuplées de légendes, ou d’une richesse soudaine qui se conquerrait au détour de l’hyperespace ? Qui n’a jamais rêvé de voir les étoiles souveraines guider ses pas, au cœur de la galaxie, vers la richesse et l’histoire des mystérieuses routes marchandes ?

Impression globale*

*Les cités d’or remix psytrance, Arnaud Gonnachon (2017)

C’est donc une première idée géniale de la part de Poul Anderson d’imaginer que les relations commerciales inter-espèces de l’Univers, après la découverte de celles-ci, seraient semblables à celles de la Renaissance : on installe des comptoirs sur diverses planètes afin d’établir des relations privilégiées, la mode vestimentaire est au XVIIIe siècle, et tout est question de séduire l’indigène à force soieries et pierres précieuses histoire de s’en mettre derrière plein les poches.

C’est ce qu’a bien compris Nicholas Van Rijn. À cadre original, personnage original : ce marchand et aventurier, le plus riche ayant jamais existé est un antihéros de première, fort en gueule, fourbe et grossier ; l’orbite d’une planète se modifie rien que lorsqu’il se pose dessus, avec son poids énorme et celui de son ego. Cette créature détestable n’en est pas moins diaboliquement rusée dès lors qu’il s’agit de tirer la couverture vers lui. Nous suivons donc sur ces 300 pages un personnage aussi coloré et grandiloquent que Kruppe et plus rusé qu’un Hober Mallow, amateur de bonne chère (et de même avec l’autre orthographe), de musique classique et de jurons pétaradants : bref, pas le temps de s’ennuyer.

C’est donc deux aventures de cette figure de proue truculente que Le Bélial (et, dans l’édition que j’ai, après lui, Pocket) édite le tome 1 de l’intégrale des nouvelles, novelettes, novellas et romans constituant le cycle La Hanse Galactique. Et autant vous dire que si ça c’est pas un bon début de saga, c’est que j’en ai jamais vu.

Les histoires

Marge bénéficiaire

Une novelette mettant en scène Van Rijn chargé de démêler un imbroglio autour d’un système solaire belliqueux. Si l’histoire en elle-même ne brille pas pour sa capacité à produire de gros twists, le Prince-Marchand nous éblouit de sa personnalité grandiloquente. Quelques rebondissements, des dialogues intelligents mais pas en trop grosse quantité pour pas nous assommer, et nous voilà dans l’espace, à côtoyer l’exotisme, l’aventure et les superbes créatures (quoiqu’assez pénibles par moments)…

Un homme qui compte

Van Rijn, un jeune assistant et une princesse en exil se crashent sur la planète Diomède dont ils tentent de s’échapper. Ils se retrouvent pris dans une guerre entre deux peuples qu’ils vont devoir démêler…

Un roman où l’on rit quasiment à chaque chapitre malgré l’ambiance sombre et violente. Certes, les personnages sont pour la plupart transparents, mais ils n’en restent pas moins juste travaillés comme il faut pour être crédibles et surtout éclipsés par Van Rijn. Le récit peine aussi à décoller étant donné le tempo plutôt lent dont il est victime malgré sa courteur, mais à côté de ça se dévoile à nous un monde riche et extrêmement cohérent ! Nicholas n’en finit pas de nous épater entre deux empiffrages de sandwiches, au point que nous avons affaire, fin douce-amère ou non, à un feel-good bouquin qui n’en perd pas moins son intelligence, voire même l’aiguise ; bref, ce que je recherche le plus en ce moment dans la SFFF.

Conclusion*

*The Tide, Singularity (The Fat Rat remix) (2013)

Si Poul Anderson parvient à créer un autre héros comme celui-ci et continuer à nous étonner de la sorte avec son worldbuilding, La Hanse Galactique s’annonce un cycle passionnant ! Qu’importe si ça a été écrit il y a un demi-siècle, le style n’a pas pris une ride à l’instar des plus grands écrits d’Asimov. Tout est tellement pétillant et pétulant qu’on en oublie aisément les longueurs, toujours pimentées par une foule de détails humoristiques. Bref, si vous voulez un space op avec tout c’qui faut là où y faut, vous savez où chercher ! Enfin bon, c’est pour votre culture…

On ripaille aussi chez : ApophisLutinLorhkanSamuel, Nebal, la Yozone, AnguaCélindanaéChien critique, le Chroniqueur, Yossarian

6 commentaires sur « « Le Prince-Marchand » : Amour, gloire et sandwich »

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