Livre lu pour le challenge de Ma Lecturothèque (8/48)

Erikson est de retour dans le game, six mois après la sortie du premier tome pour-de-bon-cette-fois de sa grosse saga DF Le livre des martyrs. La blogosphère s’emballe pour un nouveau tour de manège, arguant que c’est encore meilleur que le tome 1. Ce qui est plutôt encourageant quand on savait la bonne facture du premier. Et le résultat ? Disons que c’est pas toujours une série dans laquelle je prends mon pied, mais force m’est de moi aussi constater sa grande qualité.

Du voyage, des personnages et des combats écrits avec les tripes*

*Kazabubu, Infected Muschrooms (2015) (ça, c’est du bon son !)

Un an après le tome 1, donc. Rien ne va plus dans l’empire Malazéen, entre la rébellion que ceux qui ont lu savent et que les autres ne se verront pas spoiler. Une autre menace à Sept-Cités. Pile au moment où Violain, Kalam, Crokus et Apsalar débarquent afin que la jeune fille puisse emprunter le chemin qui la ramènera chez elle (et accessoirement trouver deux-trois moyens de buter l’Impératrice). Ils découvrent un continent désertique en pleine déliquescence, quasi-abandonné par les grands politiques, ravagés par des légions fanatiques prêchant l’Apocalypse. Bref, la Syrie, quoi.

Et n’oublions pas qu’à côté de ça, Félisine, la sœur de Paran dont on nous a rebattu les oreilles une bonne partie du tome 1, est à délivrer, humiliée par son autre sœur Tavore et esclave dans les mines d’Otataral. La demoiselle ne survit plus que pour se venger, mais comprend assez vite les intérêts du beau sexe sur les hommes de peu d’intelligence (pssst ! Ça veut dire qu’elle va les niq… aïe !). Elle et deux compagnons d’infortune, Héboric et Baudin, vont donc devoir se tirer de là et survivre alors que la guerre et la sorcellerie déferlent de tous les coins à l’horizon. Y’a plus d’saison.

À partir de là, la déesse Dryjhna et sa prophétesse Sha’ik foutent le dawa dans l’empire malazéen : toutes les villes se font massacrer sans pitié, bonheur à qui s’alliera à eux, malheur au reste de l’Univers, si tu veux devenir dieu, tu dois buter du Mezla. Tout est en train de s’effondrer, et pourtant un ancien ennemi de l’Empire, désormais un allié dévoué pour des raisons obscures, semble bien déterminé à mettre une raclée aux barbares Tithansis, Semks, D’ivers et autres Solipris (sachant que les deux derniers que je vous ai cités peuvent se transformer en monstres, en ours ou en plusieurs animaux féroces) : Coltaine, chef du clan du Chien Sot, et des autres clans Wickiens. Mais y arrivera-t-il ? Le suspense est à son comble.

Disons-le, le livre est farci de qualités narratives : les batailles épiques sont plus longues et tout aussi bien écrites, la situation géopolitique reste réaliste malgré les sortilèges qui fusent dans tous les sens, et si le démarrage est un peu plus abrupt, nous avons nettement moins de mal cette fois à suivre les différentes trames, du fait qu’il s’en rajoute beaucoup moins et qu’on passe moins vite d’un PdV à un autre. Ce qui peut de temps en temps s’avérer frustrant, quand on suit un personnage depuis 50 pages sans savoir comment se dépêtrent les autres.

Mais les personnages, parlons-en, justement : on est loin des gothiques tourmentés par la souffrance des sentiments dont semblent raffoler certains amateurs de dark fantasy plutôt axée Young Adult, ni des brutes sans âme et inhumaines. Tous ceux que nous suivons ont plus ou moins conscience des exactions qui sont en train de se dérouler sous leurs yeux et se révoltent contre elles quand ils le peuvent… sans pour autant déclencher la rébellion magique de gentils qui va tout sauver. Ils sont tous sombres, mais loin de vouloir s’en contenter, cherchant à influer à leur manière pour empêcher la situation d’empirer. Baudin est une brute qui n’hésite pas à tuer de manière sale, mais il tente pourtant d’aider d’autres à survivre et a conscience de son manque de délicatesse qu’il comble maladroitement. Coltaine est un héros défiant l’impossible, mais sans pitié avec ses hommes. Kalam accepte de contribuer à l’Apocalypse, mais c’est pour renverser l’Impératrice qui est responsable d’autant de carnages que Sha’ik…

On a souvent dit de la saga qu’il n’y avait pas de méchants ni de gentils ; disons plutôt qu’on en retourne au roman noir avec les salauds et les héros. Nethpara, par exemple, un vrai enschtroumpfé de sa schtroumpf (tu ne mettras point de grossièreté abusive dans ton contenu, premier commandement) pourrait être considéré comme un antagoniste en raison de son rôle extrêmement nocif (je l’ai d’ailleurs trouvé un peu caricatural par moments, mais enfin j’ai vu tellement pire…) ; certains comme Duiker (par les fesses de Cthullu, 900 pages à voir ce nom, chaque fois je pensais à Michel Drucker !) en revanche parviennent à de véritables faits d’héroïsme alors qu’ils étaient au fin fond de la dépression et que personne ne reparlera plus jamais d’eux. On essaye de mettre un peu de bonté, un peu de justice, et des fois on se plante profondément. Généralement quand on essaye de tirer la couverture de son côté. Mais les vrais connards, ceux qui tuent et violent pour le plaisir derrière un peu de religion, au final, où ils sont ? Toujours dans la figuration ou le hors champ ; Erikson ne leur trouve pas de réel intérêt. Et comme ça fait trop de subtilité pour un blog qui on va pas se mentir l’est pas du tout, voilà le sous-entendu : est-ce que c’est pas la preuve que les auteurs de fantasy peuvent s’intéresser profondément à la psychologie sans tomber dans la facilité ?

Tout est décrit avec une grande justesse sans jamais tomber dans le pathos, que ce soit le désespoir, la rage, la peur, la résignation, en-dehors de quelques mots savants que j’attribuerais plus au traducteur. Et malgré tout… Eh ben l’auteur parvient à faire planer une certaine poésie.

Parce que mine de rien, la plume va s’affinant jusqu’à donner dans le très fin : il y a un twist à la fin d’une partie, la première fois, j’ai pas compris, la deuxième, j’en suis resté sur le Q. Sacrée Félisine !

À côté de ça, l’humour vient contrebalancer le côté extrêmement glauque de certains passages : Héboric, amputé de ses deux mains, se fait appeler… Héboric aux doigts légers, le comique de situation surgit quand on s’y attend le moins, des personnages truculents et au langage exagérément châtié font leur apparition à l’image de Kruppe dans Les jardins de la Lune : Iskaral Pust, le marchand Nawhal et ses fameux serviteurs…

Et puis il y a l’empathie, mise à un niveau uplifting, comme on on dit chez nous les sales tranceux bouffeurs de pissenlits. Le réalisme à côté de ça garde une dimension extraordinaire avec un prosaïsme malaisant mais finalement qui nous fait réfléchir sur notre libre-arbitre de façon à ce que cela n’arrive pas dans notre monde à nous, et même ce qui reste prévisible peut s’avérer passionnant. Je sais pas ce que vous pensez de Sialk Elan, mais perso… JE SUIS FAN !!!

Côté worldbuilding, on a toujours de sacrés bollocks, comme le montrent les nombreux noms de tribus, mais aussi tout le bestiaire invoqué par l’auteur. Entre les échelles de temps démesurées, les races anciennes qui resurgissent, on a pas le temps de s’ennuyer. Les descriptions sont parfois un peu plus longues, mais très évocatrices. Je savais Erikson anthropologue mais je ne le voyais pas souvent mettre ses connaissances à l’œuvre ; par contre, quand Icarium évoque enfin les civilisations les plus anciennes, je peux vous dire que ça détonne en seulement deux pages ! Le seul regret qu’on pourrait avoir, c’est que s’il n’y a pas de déballage d’infos gratuit, on aimerait bien, justement, de temps en temps en savoir plus tellement c’est complexe et immense.

Et côté épique… Alors là c’est des bollocks avec un grand B. Chaque bataille parvient à se différencier fortement de la précédente, et quand on voit dans quel état est Coltaine alors que ça a à peine commencé, on se dit : Bon sang, il va encore lui rester tout ça ?!

Paran, your sister is a bitch*

*MC ADE, How Much Can You Take (1989) (OK, j’ai pris le premier truc de Miami bass que j’ai trouvé, alors pour les plus féministes d’entre vous, je suppose qu’il vaudra mieux que vous écoutiez ça :P)

Oui, mais… Eh ben, ça va sans doute vous paraître subjectif, mais le livre est dark à l’extrême, ultra-noir et pessimiste sur 900 pages et ne lésinant pas sur les détails. Vous m’imaginez donc lire ça, avec mon petit moral, des chapitres énormes écrits en tout petit… Autant j’ai rien contre quand ça sert le récit, autant d’autres fois, quand vous vous retrouvez face au 200e éventrement / viol / crucifixion d’enfants, entre deux engueulades gratuites de Félisine et de Baudin et des pluies de trucs horrifiques (qui cela dit ne manquent pas de sense of doom), eh bah heureusement que l’auteur met des réflexions intelligentes derrière, parce que des fois il en fait limite trop.

Côté Félisine, j’ai eu peur qu’on se mette à baiser dans ce tome 2 comme dans un épisode du Professeur Feuillage, mais Erikson a su garder ses distances, sans descriptions gratuites et voyeuses, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un caractère de chienne devenant vite insupportable. Notez aussi qu’à la fin du bouquin, comme l’auteur sent qu’il doit un peu de dépêcher de conclure, pas mal de batailles ajoutées sur les cartes sont passées sous le silence le plus total. Plus grave, étant donné qu’on ne nous explique rien de superflu au récit, l’univers se montre parfois vague, ce qui nous fait nous poser de grosses questions sur la cohérence du worldbuilding (attention ça va spoiler) :

  • Nous découvrons qu’Ombretrône était en fait l’ancien empereur qui n’est pas mort mais a pu accéder à l’état de dieu de la Garenne de l’Ombre et cherche désormais à se venger de Laseen. Or seulement dix ans pour qu’un monastère de l’Ombre de développe et se meure dans un lieu reculé de tout, ça fait un peu court.
  • Dans les ruines d’une civilisation de 9 000 ans, nous découvrons les traces de la magie d’avant qu’elle vienne dans les Garennes, celle des Antres ; or les Wickiens déclarent qu’elle se trouvait alors en chacun de nous, et si l’on se fie à la naissance des Tistes Andii, les premières Garennes remontent à au moins 100 000 ans !
  • Violain et Apsalar cherchent à regagner Unta par une maison azathe, alors qu’ils ne sont pas sûrs de son existence, ni qu’elle pourrait les accepter…
  • Le parcours de Félisine est en permanence semé d’embûches magiques toujours incroyables avec des tas de machins extraordinaires dont on devine qu’ils serviront que huit tomes plus tard. Autant j’avais dit « OK, encore, ça va » pour La roue du temps parce que les éléments s’imbriquaient bien, que le foreshading était moins long et que le voyage continuait bon gré mal gré, autant là il leur arrive des rebondissements inutiles en permanence, au point qu’on se demande s’il va leur arriver un truc normal, du genre juste une situation politique précaire ou une seconde de répit ;
  • Et puis on a pas mal de couacs dans l’exposition ; on pense que les Wickiens ont la peau bronzée, mais elle est bleue comme celle des napiens ; puis au détour d’un paragraphe, on apprend que l’Itko Kan se trouve dans une région tropicale, et donc qu’Apsalar est… noire depuis le début. Tant qu’à faire signalons qu’en Sept-Cités, vous pouvez trouver des marchands PNJ en plein désert ou au milieu d’un labyrinthe maléfique.

Quitte à chicaner, Emmanuel Chastellière s’est visiblement fait enlever par des extraterrestres qui lui ont effacé le mot « oui » de la mémoire. On se retrouve avec du « Yep » à chaque page, même dans les dialogues soutenus. Ah oui, pour ceux qui à tout hasard ne sauraient pas ce qu’est une hippogyne (sérieux Manu, c’est même pas sur le Wiktionnaire !), je sais toujours pas si c’est une jument, une femme-centaure ou une chamane. Et tout ça reste sans compter que les éditions Léha ont toujours un sens de la relecture aussi… exotique :

  • pp 53, 61, 113, 137, 147, 164, 203, 206, 283, 379, 491, 602, 650, 732, 771, 795, 828 : manque un point
  • p 68 : admis Duiker => admit
  • pp 123, 148, 353, 414, 489, 535 : tâche [de peinture] => tache
  • p 127 (2x) : double double tiret
  • p 183 : point à la place de virgule
  • p 193 : extrait de traité d’histoire mis en page comme un poème
  • p 195 : c’est moi qui ait eu tort => ai
  • p 212 : manque un point d’interrogation
  • p 249 : sa hasarda => se
  • p 270 : on est mort => on est morts
  • p 286 : pris corps => prit, laisser aller => laisser-aller
  • p 287 : une centaine de pulsation => pulsations
  • p 289 : l’heure de Portes => l’heure des Portes
  • p 293 : l’apocalypse => l’Apocalypse
  • p 308 : Vient te salir les mains => Viens
  • pp 309, 704 : deux espaces au lieu d’un (2x)
  • p 314 : point d’exclamation en italique
  • p 317 : atterit => atterrit
  • p 319 : su => sut
  • p 323 : pris forme => prit
  • p 340 : au moment-même => au moment même
  • p 349 : oubli d’italique
  • p 350 : pris => prit
  • p 355 : oubli de deux-points
  • p 362 : vous être accoutré (non, n’insistez pas, je ne ferais pas de blagues là-dessus)
  • p 372, 385 : il faudra qu’on tire au clair cette histoire d’astérisque…
  • p 428 : sus-jacentes => sous-jacentes
  • p 480 : nous vallons => nous valons
  • p 483 : peu importait les guerres => peu importaient
  • p 484 : entrée en plein milieu de la phrase
  • p 493 : petit déjeuner => petit-déjeuner
  • p 496 : distinga => distingua
  • p 512 : n’avait pas le droit révéler ses failles => de révéler ses failles
  • p 547 : raffales => rafales
  • p 591 : tâchés => tachés
  • p 653 : oubli d’espace
  • p 656 : un alinéa plus long que les autres
  • p 661 : tout s’employant => tout en s’employant + on est tout seuls => tous seuls
  • p 684 : béqueter => becqueter
  • p 693 : virgule à la place de point
  • p 753 : Grand Corbeaux => Grands Corbeaux
  • p 732 : blanc bec => blanc-bec
  • p 755 : faux semblants => faux-semblants
  • p 789 : l’un-l’autre => l’un l’autre
  • p 817 : w à la place d’un deux-points
  • p 831 : hural => hurla (merci les gars, un nouveau mot pour ma langue)
  • p 844 : quelques fautes pardonnables : Hé bien, normalement orthographié Eh bien,  sac de munition prend un s car il y en a plusieurs
  • p 846 : la rend bien plus dangereuses => plus dangereuse
  • p 852 : Comme le dis => Comme le dit
  • p 853 : qu’il aurais => qu’il aurait
  • p 854 : contre nature => contre-nature
  • p 856 : si vous voulez bien rappelez => rappeler
  • p 860 : majuscule à la place de minuscule
  • p 861 : fondit sur lui lui (ça va me gonfler gonfler)
  • p 865 : point d’interrogation au lieu d’exclamation
  • p 887 : Tithans => Tithansis
  • p 888 : page non numérotée…

Je sais que je vais me faire passer pour un grammar nazi, mais faire autant de fautes à la centaine de pages quand un jeune de 17 ans comme moi peut mieux faire, c’est clairement abuser. Et tant qu’on y parle, ces jeunes, ils passent leur bac de français et de litté, et pour connaître l’orthographe correctement, y’a qu’une façon : lire des livres en permanence. Or si les livres ne sont plus fiables, comment elle peut faire, la nouvelle génération-qui-va-sauver-notre-avenir ?

Enfin bon, à côté de ça, on a quand même un final extraordinaire. Les cent dernières pages sont époustouflantes, et j’ai hâte de savoir comment se terminera cette rébellion. Et de savoir ce que va faire Kalam à présent qu’il a la carte Famille nombreuses…

Conclusion*

*Right Here, Right Now, Fatboy Slim (1999)

Enfin bon, je pense que vous comprenez vite : du moment que vous faites pas de micro-dépressions, Les Portes de la Maison des Morts reste passionnant et franchit avec bollocks le cap de toutes les audaces. (Est-ce que cette phrase est mal foutue ? Oui, cette phrase est vraiment mal foutue !) Au-delà des batailles sanglantes, des génocides se perpétuant, se trouvent des hommes las de combattre, et telle une fleur se dressant encore sur un tas de boue et de sang, l’espoir d’un altruisme dans les petits gestes qu’on parvient à faire pour nos compagnons d’infortune. Allez-y, franchement, malgré ses quelques scories, ce cycle mérite de faire un impact dans le paysage français histoire qu’on arrête de publier toujours les mêmes niaiseries. Est-ce que je lirais le tome 3 ? Très probablement, car après tout, c’est pour votre culture…

D’autres critiques chez…

*barman-Inthepanda en train de récurer un verre*

Attends, ça va être encore le truc chiant où on est obligés de mettre dix mille critiques et de les éplucher histoire de voir si les liens sont bons et qu’elles disent pas n’importe quoi ?

Oui… Mais ça rapporte des vues !

Ah, ouais !

D’autres critiques du coup chez Apophis (version 1.0 partie 1 ; partie 2 ; version 2.0)Symphonie, Xapurles PipelettesLutinLes chroniques du chroniqueurJust a wordDe livres en livres (Lianne)

Et pour connaître le reste du cycle : tome 1

7 commentaires sur « « Les Portes de la Maison des Morts » : Idéal à lire avant de s’endormir »

  1. UNe critique qui lui rend justice.
    Et bravo pour ce travail de récap des fautes et coquilles.
    A effacer ensuite :
    (si je puis me permettre, je te suggère de remplace « malgré qu’il reste toujours des scories » (grammaticalement faux), par « malgré la présence des scories ».

    Aimé par 1 personne

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