S’il y a bien un mec qui est en permanence sur une autre planète, c’est Stephen Baxter. Toujours à imaginer à quoi pourrait ressembler la vie sur des cailloux arides ou des endroits complètement inhabitables. Il a créé le Cycle des Xeelee, une saga hard-SF complètement dingue qui s’étend sur plusieurs milliards d’années, et dont la nouvelle qui est le sujet de cet article fait partie (même si elle est indépendante du reste, étant donné que les Xeelee n’y sont pas). C’est l’occasion pour moi de vous parler de ma fascination pour le genre : contrairement à ce que certains pourraient penser de moi, ce n’est pas parce que j’aime des mondes les plus éloignés de la réalité possible que je n’aime pas pour autant qu’ils soient réalistes. Au contraire : plus un monde est crédible, complet et cohérent, et plus je l’apprécie, pour la bonne raison que ça m’a l’air d’être vrai, parce que j’ai davantage l’impression d’être dedans.

Alors imaginer la vie sur Pluton, ça me bottait pas mal. Dans ce texte, deux scientifiques  se retrouvent justement coincées sur cette planète et se rendent qu’elle en possède. Malheureusement, l’idée s’est avérée être légèrement décevante. La vie sur Pluton est décrite, mais je m’attendais à quelque chose de bien plus approfondi sur les réactions chimiques, l’écosystème ; m’enfin bon, de quoi je me plains, ça s’trouve j’y aurais rien compris.

Et puis du reste, quelle nouvelle ! Pluton est immense est magnifique, avec en plus une explication de la métrique d’Alcubierre en toute simplicité, et un rythme certes qui n’épargne pas quelques descriptions – essentielles – mais ne va jamais s’enliser comme j’avais pu le subir dans des Jules Verne par exemple.

C’est d’ailleurs une bonne occasion de tordre le coup aux idées reçues qu’on peut avoir sur Baxter. On dit qu’il n’a aucun style, qu’il ne fait que des personnages en carton-pâte pour ne s’intéresser qu’aux phénomènes scientifiques. Dans ce texte, j’ai trouvé qu’il y en avait un, de style, poétique et immersif, certes pas autant que par exemple dans 2001 ou Rendez-vous avec Rama, mais bien présent (surtout à la fin). Quant aux personnages, très franchement, ils sont bien campés, c’est l’essentiel ; à quoi ça sert de savoir tout leur passé et toutes leurs caractéristiques alors qu’on est dans un texte court et que ça ne sert à rien au récit ?

Bref Gossamer, c’est une nouvelle hard-SF en anglais plutôt facile d’accès, avec un dépaysement garanti, qui certes aurait pu s’attarder sans doute un peu plus sur la vie plutonienne, mais à part ça n’a rien à se reprocher. À noter tout de même que je n’ai pas compris le calembour qui donne le nom à la nouvelle, et apparemment aucun logiciel de traduction non plus. Un été d’oie ? Je suis une catastrophe en LV1.

Gossamer, c’est avant tout un beau voyage, pas traduit en français, mais qui mérite d’être lu si jamais vous avez apprécié le reste du cycle ou si vous voulez vous y initier. C’est simple et terriblement beau, et malheureusement comme cette nouvelle n’est jamais parue que dans des magazines, elle n’a pas de couverture que je pourrais mettre en bandeau de cet article. Non mais et puis quoi encore ? C’est pourquoi j’ai décidé de lui en fignoler une. Excusez s’il y a quelques erreurs scientifiques, je suis un gros branlo de L fumeur de joints, et de toute façon, le tout c’est que ce soit joli :

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TADAAA !

Que vous aimiez la physique ou la biologie, ou que vous ayez tout simplement envie de voyager, je ne peux donc que vous conseiller de jeter un œil dessus. Et puis bon, c’est pour votre culture…

Le vaisseau s’est crashé ici, mais Orion s’est déjà rendu sur le lieu de l’impact…

3 commentaires sur « « Gossamer » : les Xeelee en vacances »

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