Voyons… Qu’est-ce qu’on a pas encore dit sur la novelette de Mary Robinette Kowal ? Bah je crois qu’on peut tout résumer en une phrase, comme l’a fait Apophis : touchant.

Voilà. Fin de la critique. Passez une bonne journée. Et sinon, comment elle va, votre arthrite ?

Bon, que je vous fasse au moins l’intrigue, rapidement : on est dans une uchronie où la conquête spatiale dans les années 50-60 a été bien meilleure que la notre (rappelez-moi, c’est la combienième fois que les américains procrastinent de retourner sur la lune ? « Oh, tout le monde sait qu’ils y ont jamais marché, en fait c’était des reptiliens ! »), seul truc ballot : entretemps un astéroïde s’est écrasé sur Terre et les humains ont dû migrer sur Mars avec leur technologie atompunk (le terme qu’on utilise pour parler du rétrofuturisme inspiré de cette période-là). Plutôt swag, me diriez-vous ? Sauf que évidemment, en quelques décennies, c’est un peu dur de faire une terraformation convenable ; et les scientifiques trouvent le moyen de voyager jusqu’à une exoplanète habitable…

On choisit donc pour cette mission la première femme à avoir colonisé Mars, Elby. Seul problème, elle est vieille et doit s’occuper de son mari qui est mourant. Mais c’est sa dernière occasion de pouvoir retourner dans l’espace…

Déjà, franchement, bravo. Prendre une petite vieille comme héroïne de SF, c’est pas tout les jours qu’on voit ça. Et mettre un malade en phase terminale au centre de l’histoire, ça aussi ça change des à-peine-pubères en survêt’ qui tabassent des monstres bioniques sans se faire une éraflure.

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J’dis ça, j’dis rien. Vraiment rien. ABSOLUMENT RIEN !

Ensuite, l’histoire est intime, posée : ça plaira pas à tout le monde, mais qu’est-ce que c’est bien fait ! Le style est simple, fluide, et terriblement immersif dans la tête de Elma. En gros bourrin évidemment, j’ai pas saisi toute la tension de certains passages parce que c’était en anglais, mais j’en ai lu suffisamment pour vous dire que c’est bien rendu. On regrette juste une ou deux interjections en trop étant donné que c’est à la première personne, et encore ! Et encore… Quand je vois mon premier roman qui attend toujours au fond de mon disque dur, je me dis : Est-ce que j’en fais pas un peu des caisses, à côté ?

Non, finalement, le seul souci que me pose vraiment ce texte est qu’une bonne partie du worldbuilding (autrement dit les côtés uchronique et atompunk) ne servent à rien au déroulement de l’histoire. L’idée de lancer la conquête spatiale avec des cartes à poinçonner est tout juste évoquée, et je serais bien curieux de savoir comment les savants parviennent à créer des ponts vers la 4e dimension avec des ordinateurs plus archaïques qu’un Windows 95. Mais Robinette est revenue dans cet univers avec deux préquelles pour explorer un peu toute cette technologie. Alors au final, ça ne compte pas tant que ça, sauf si on ne lit vraiment que ce texte-ci.

Bref, c’est un excellent texte, sortant des sentiers battus même s’il se créée ainsi un capital au final par certains côtés vraiment sous-exploité, que je ne peux que vous conseiller de lire. C’est beau, triste et bien raconté, une lecture parfaite pour un soir de week-end. Et si vous avez la chance, contrairement à moi, de bien maîtriser l’anglais, jetez vous sur The Calculating Stars, la meilleure histoire que l’auteure ait écrite dans cet univers selon mes camarades de la blogosphère. Parce qu’il est temps que le grand public connaisse un peu mieux l’atom/punchcard punk. C’est vrai, quoi ! C’est pour leur culture !

C’est par là que ça se passe, et magne-toi car Apophis, FeydRautha et Lutin82 ont déjà décollé !

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